Voir plus haut, chap. I. ' > - ^. • ^ i
sation. Règles et principes sont géométriquement déduits d'un idéal, déterminé par chacun au gré de ses aspirations, mais posé par tous comme un axiome. La nature Tiumaine restant par définition identique à elle-même, préceptes et lois prétendent à une valeur universelle, dans le temps et dans l'espace...
J.-J. Rousseau s'est servi de cette méthode contre la société de son temps.
Victor Cousin, au contraire, les philosophes bourgeois de la monarchie de juillet et leurs continuateurs l'ont utilisée en faveur de l'ordre et au profit des institutions établies.
Depuis et avant Grotius, d'autres que Rousseau et les éclectiques en ont usé à des fins diverses.
Mais il serait inexact d'affirmer avec M. Lévy-Briihl qu'il n'y eut point, dans le passé, des systèmes de philosophie morale et sociale, autrement compris et différemment construits.
En particulier, — et nous tâcherons de le montrer dans ce chapitre — l'idée qu'au treizième siècle saint Thomas d'Aquin avait de l'éthique et de la politique n'est point celle que dans la suite on s'est faite du droit naturel. No'us ne parlons point, ce disant, des solutions par lui données aux questions; aussi n*allons-nous pas examiner le contenu de sa doctrine. Mais nous essayerons d'exposer la méthode de sa science morale et politique. Ce n'est pas la préoccupation ordinaire des auteurs qui étudient le système thomiste: ils sont habituellement plus curieux de ses théories que de sa méthode. Les règles de celle-ci n'ont d'ailleurs pas été exposées systématiquement par lui-même; force est de les dégager de l'ensemble de son œuvre.