Introduction à la sociologie de la famille, p
clamée par notre état social. Il y a là un point de repère objectif » (^j. «Comment choisir entre les tendances diverses qui travaillent une société, décider celles qui sont fondées ou non, sinon en prenant pour point de repère la nature de cette société » {^) ? « Chercher à réaliser une civilisation supérieure à celle que réclame la nature des conditions ambiantes, c'est vouloir déchaîner la maladie dans la société » (^).
Ces passages de Comte et de M. Durkheim, que nous venons de citer, révèlent un souci pratique et renferment en même temps une vue théorique.
Or, la doctrine thomiste des fins de l'action est déjà de nature à calmer le souci. Elle écarte le danger d'une course à la chimère. Elle ne prend pas les règles de l'action dans les suggestions de la fantaisie, mais dans l'observation de la réalité; car, d'une part, elle les découvre, à l'état de maximes universelles, dans la morale spontanée, pratiquée, vécue; d'autre part, elle les explique, et du coup établit leur objectivité, en montrant leurs attaches avec les inclinations de la nature humaine, individuelle et sociale.
A un autre titre, la doctrine thomiste mérite d'attirer et de retenir l'attention des sociologues positivistes. Lorsque ceux-ci prétendent qu'il y a un ordre social nécessaire, des tendances naturelles, des conditions d'existence essentielles, un développement spontané, etc., ils ont, à propos de la société, comme une vue fragmentaire de la théorie thomiste sur la finalité intrinsèque des êtres de la nature (^).