‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 143 sur 186 · La morale et la science des mœurs, pp · texte numérisé non relu

La morale et la science des mœurs, pp

2. Determinatio eorum quae sunt justa, oportet quod varietur secundum diversum hominum statum (S. Th., la Ilae^ q. 104, art. 3, ad 1™). — Rectitudo legis dicitur in ordine ad utilitatem communem cui non semper proportionatur una eademque res. Et ideo talis rectitudo mutatur (S. Th., la Ilae, q. 97, art. 1, ad 3^).

3. Voir plus haut, p. 279 et suiv. ce que M. Durkheim entend par la morale.

4- Div. du trav. soc. 2^ éd., p. 217; Cfr. Ibid., l^e éd., pp. 21-22 et Règles de la méth. social., p. 147.

5. Necesse est quod praecepta legis diversificentur secundum diversos modos communitatum ^^S^. Th., la Ilae, q. lOO, art. 2). — Justa per homines posita non sunt eadem ubique. Hujus ratio est quia non est eadem ubique urbanitas sive politia (Ethicorum^ V, 12).

6. A. Comte, Plan des trav. scient, néces. pour réorg. la soc, p. 106. Cfr. Cours de phil- pos-, 47e leçon. — Voir aussi la thèse de M. Durkheim, Quid Secundatus politicae scientiae instituendae contulerit. Bordeaux, 1892.

7. « Le gouvernement le plus conforme à la nature est celui dont la disposition particulière se rapporte mieux à la disposition

La nécessité d'accommoder les lois aux circonstances est une idée maîtresse de la philosophie pratique de saint Thomas. Elle forme, peut-on dire, la deuxième règle de sa méthode.

La première de ces règles se dégage de la solution thomiste du problème des fins (^). Elle se résume en ces termes : MoraUstes et législateurs doivent, au lieu de suivre les suggiestions de leur fantaisie, se guider sur les tendances spontanées de l'être et s'inspirer de la finalité intrinsèque des institutions {^).

La deuxième règle revient à proclamer qu'il faut tenir compte des contingences et plier les préceptes moraux et juridiques à la variété des situations {^).

L'application de ces deux règles fait que la morale et le droit n'ont pas l'aspect régulier d'un édifice syllogistique. On y découvre sans doute des maximes qui possèdent une valeur universelle, parce qu'elles sont rationnellement déduites des premières données communes de la loi naturelle; mais il entre aussi dans leur structure

du peuple pour lequel il est établi... Les lois politiques et civiles doivent être tellement propres au peuple pour lequel elles sont faites, que c'est un grand hasard si celles d'une nation peuvent convenir à une autre. Elles doivent être relatives au climat, au terrain, au genre de vie des peuples; se rapporter aux inclinations des habitants, à leurs richesses, à leurs mœurs, à leurs manières... » (Montesquieu, L'esprit des lois, 1. I, ch. 3).

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