‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 34 sur 186 · lUd · texte numérisé non relu

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comme la partie d'un tout (^). » La méditation lui fera comprendre «combien l'être social est plus riche, plus complexe, et plus durable que l'être individuel », et par là elle lui révélera « les raisons intelligibles de la subordination qui est exigée de lui {^). » Certes « le désintéressement n'a de sens que si le sujet auquel nous nous subordonnons a une valeur plus haute que nous, individus. Mais la société n'est-elle pas, pour les consciences individuelles, un objectif transcendant ? C'est une grande personne morale. C'est elle qui a fait la civilisation ; d'elle nous vient tout ce qui compte à nos yeux. Elle nous dépasse de tous les côtés, puisque de ces richesses intellectuelles et morales dont elle a le dépôt, quelques parcelles seulement parviennent jusqu'à chacun de nous. Plus la civilisation devient complexe, plus l'individu sent la société comme transcendante par rapport à lui. En même temps qu'elle est transcendante par rapport à nous, la société nous est immanente. Elle est nous-même en un sens, puisque l'homme n'est un homme que dans la mesure où il est civilisé. Ce qui fait de nous un être vraiment humain, c'est ce que nous parvenons à nous assimiler de cet ensemble d'idées, de sentiments, de croyances, de préceptes de conduite que l'on appelle la civilisation (^). »

Ce que ces considérations pourraient avoir de valeur persuasive n'est-il pas compromis par la critique, faite par M. Durkheim lui-même, de la morale de la solidarité ? <- Ce n'est pas assez de remarquer que dans la réalité l'homme ne s'appartient pas tout entier pour avoir le droit d'en conclure qu'il ne doit pas s'appartenir tout entier. Sans

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