Voir plus loin, pp. 110, 149 et
les deux cas il se place à un point de vue nouveau, autre que celui du sociologue ou du moraliste. Il ne regarde plus du dehors les règles morales; il ne s'enquiert pas davantage de ce qui constitue leur moralité intrinsèque. Mais il s'arrête au sentiment qu'on éprouve devant le devoir: c'est d'après lui un sentiment analogue à celui qu'inspire le sacré (^).
Le critique de la Revue de métaphysique et de morale est impressionné par ce rapprochement du moral et du sacré et il y voit une définition, digne d'attention, du moral. Sait-on cependant bien ce que IVI^. Durkhéim entend par sacré? — « Les choses sacrées, a-t-il dit, ce sont celles dont la société elle-même a élaboré la représentation {^). » En affirmant ainsi leur origine sociale, il ne les distingue pas des autres produits sociaux et il ne caractérise point leur nature propre. — « Ce qui est sacré, a dit encore M. Durkheim, c'est ce qui n'a pas de commune mesure avec ce qui est profane {^). » Nous ne sommes pas, après cela, beaucoup plus avancés, car on omet de nous dire en quoi consiste le profane et nous continuons d'ignorer ce qui constitue 1-essence du sacré. — Malgré les obscurités dont s'enveloppe la pensée de M. Durkheim, l'apparition du sacré, qui ravit la Revue de métaphysique, a effrayé des philosophes moins enclins au mysticisme. « Je voudrais, lui dit Jacob, que la morale se débarrassât de tout élément rehgieux, sacré, ténébreux, nocturne, qu'elle fût entièrement et purement laïque (*).» Et M. Durkheim