Formulée par J.-J. Rousseau dans Emile, livre IV
4. Discours prononcé à la Chambre des Pairs (séance du 21 avril 1844) et publié dans V. CousiN, Défeyise de l'Université et de la philosophie, Paris, 1845, pp. 61 et suiv.
de la raison humaine ; sans lesquelles il ne peut y avoir de véritable morale ni publique ni privée; sans lesquelles l'homme n'est pas un homme et la société n'est qu'un chaos : la spiritualité de l'âme, la liberté de l'homme, la loi du devoir, la distinction de la vertu et du vice, du mérite et du démérite, la divine providence, et ses promesses immortelles inscrites dans nos besoins les plus intimes, dans sa justice et dans sa bonté. Voilà l'enseignement philosophique de l'Université. »
Bref l'Etat, s 'investissant de la direction suprême de l'éducation publique, doit avoir une doctrine, car il est intéressé à former des esprits solides et des âmes pénétrées de maximes vertueuses. Mais l'Etat étant «laïque», la philosophie, enseignée en son nom par l'Université, doit l'être aussi; l'enseignement ne peut donc reposer sur les dogmes particuliers d'aucune religion; les professeurs « le renfermeromt dans le domaine des grandes vérités naturelles communes à tous les cultes » {^).
PhiloGophie d'Etat de par sa fonction sociale, qu'était l'éclectisme en lui-même?
Avant tout, une psychologie. La psychologie, soutiennent ses fondateurs, est la condition et comme le vestibule de la philosophie (^); elle n'est assurément pas toute la philosophie, mais elle en est le fondement (^). L'objet de la psychologie, c'est le Moi; elle est la science du seul «principe intelligent»; le corps ou 1' «animal» est
1. V. Cousin, Défetise de VUniversité, pp. 68, 71, 93, 140, 148, 151.
2. V. Cousin, Fragments philosophiques. Préface de la V^ édit., 1826.