Boutroux, De l'org. de Venseign. philos., pp. 434 et
4. A. BiNET. Une enquête sur l'évolution de l'enseignement de la philosophie., dans « L'année psychologique », XlVc année, p. 207. Paris, 1908. '
Il lui restait sa philosophie morale.
Celle-ci était représentée par Jules Simon (^), à l'époque où Taine s'insurgea au nom de la science contre la philosophie universitaire. Elle fut presque épargnée.
La morale, telle que la concevait Jules Simon, ne se conclut ni d'une synthèse métaphysique du monde, ni du spectacle de la nature, ni de l'histoire, ni même de la science de l'homme ; elle est purement et simplement l'art d'interroger la conscience morale et d'expliquer clairement les réponses de l'oracle. « Il est inutile de raisonner au delà. Avec ce maître on ne discute point. Nous portons en nous l'idée de la justice et la notion du devoir. Il faut renoncer à trouver la formule du devoir ailleurs que dans la raison elle-même. Il faut obéir au devoir, parce qu'il est le devoir » (^).
Avec cela, Jules Simon soutient qiie le premier caractère de la loi morale, c'est son universalité. « Elle ne serait pas obligatoire si elle n'était pas universelle. Dès que vous faites acception des temps, des lieux, des personnes, la conscience proteste, la loi est violée (^).»
E. Wiart fit remarquer que la conception de Jules Simon rend impossible une vraie « science » morale : Si les vérités morales sont des idées a priori, données par l'intuition immédiate de la conscience, toute démonstration rigoureuse et tout ordre scientifique deviennent impossibles. En fait, dans ce système, on érige en vérités naturelles et indiscutables, les principes de notre morale
1. Jules Simon, Le Devoir, 1854. — La religion naturelle, 1856. La liberté, 1859.