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Cette occupation avait fait naître chez les autorités

1. Voir Document C. 332, M. 169, 1935, VII et S. D. N. Questions politiques, 1935, VII, 15, p. 6.

italiennes la conviction que la région de Oual-Oual relevait de l'autorité de l’Italie et était reconnue par l’Éthiopie et la Grande-Bretagne, puisqu’il était de pratique constante que les tribus relevant de leur influence faisaient usage de puits de Oual-Oual sous le contrôle des autorités italiennes.

13. D’autre part les autorités éthiopiennes avaient la conviction que la région faisait partie de leur territoire national.

19. Dans les rapports des autorités italiennes et éthiopiennes il s’était développé au cours des dernières années des sentiments réciproques de suspicion et d’animosité ; les autorités italiennes avaient acquis la conviction que les Éthiopiens étaient animés à leur égard de sentiments d’hostilité, les autorités éthiopiennes avaient de leur côté la même conviction à l'égard des Italiens.

20. Dans une telle atmosphère de suspicion et de crainte le moindre incident pouvait prêter à malentendu et dégénérer en grave conflit.

21. Le 22 novembre 1934 une troupe éthiopienne fort d'environ 600 hommes réguliers et irréguliers commandés par le Fitaorari Chiffera, Gouverneur de Djidjiga et de l’'Ogaden, par le Fitaorari Alemaychoua et par Omer Samautor, déserteur italien, dont la tête avait été mise à prix pour le meurtre d’un officier italien, est arrivée devant le poste italien de Oual-Oual, en qualité d’escorte de protection d’une Commission anglo-éthiopienne, qui ayant terminé la démarcation de la frontière entre l’Éthiopie et la Somalie britannique et étant chargée d'étudier sur place les pâturages de l’Ogaden, devait se présenter le lendemain à Oual-Oual où se trouvait une garnison italienne forte en ce moment d’environ 160 soldats indigènes (dubats).

22. La troupe éthiopienne, se considérant en territoire national, s’est avancée vers les puits ; une force italienne s’y est opposée, le sous-officier indigène qui la commandait déclarant que le territoire de Oual-Oual était italien. Sous la pression de la troupe éthiopienne, de beaucoup la plus

nombreuse, les dubats ont dû reculer laissant aux Éthiopiens dix à quinze puits.

23. Dans la matinée du lendemain 23 novembre est arrivée sur les lieux la Commission anglo-éthiopienne ayant à sa tête du côté anglais le lientenant-colonel Clifford et du côté éthiopien le Fitaorari Tessama Bante, qui, le même jour ont adressé au commandant des forces italiennes de la région une lettre de protestation contre l’empêchement opposé la veille à l’avance de la troupe éthiopienne ainsi que contre l’enlèvement de vive force avec son arme d’un sous-officier de la Commission.

24. Dans la matinée du lendemain, le Commandant, le capitaine Cimmaruta, s’est rendu auprès des membres de la Commission, il leur à déclaré n’avoir pas qualité pour discuter l’objet principal de leur protestation, question qui ne relève que des autorités politiques, mais il s’est expliqué sur la disparition du sous-officier éthiopien, ancien déserteur italien, qui s'était volontairement constitué prisonnier, il à proposé d’ouvrir à ce sujet une enquête et offert pour éviter des incidents d'établir entre les forces italiennes et éthiopiennes une ligne séparative provisoire. Cette offre qui dans sa forme parut à 14 Commission anglo-éthiopienne sincère et opportune n’a pu être suivie d'effet, le capitaine Cimmaruta à proposé de définir l’emplacement des deux lignes opposées par des marques et signatures sur des troncs d’arbres ; mais cette proposition à été repoussée par la mission éthiopienne ‘qui à craint en acceptant un état de fait provisoire de créer un précédent favorable au point de vue italien. Toutefois, la mission éthiopienne à fini par admettre plus tard l'établissement d’une ligne séparative provisoire marquée par des ramilles ou ronces.

25. En vue de permettre aux Éthiopiens d’avoir accès à d’autres puits que les dix ou quinze en leur possession, les Italiens ont été invités à reculer de quelques mètres, le capitaine Cimmaruta s’y est refusé maïs à offert delaisser aux Éthiopiens prendre sous son contrôle de l’eau derrière

les lignes italiennes, la Commission anglo-éthiopienne à tenu cette offre pour inacceptable.

26. Pendant la conférence du capitaine Cimmaruta avec les Commissaires, deux avions italiens ont survolé à faible altitude le campement anglo-éthiopien où flottait le drapeau britannique à côté du drapeau éthiopien, et il a paru aux Commissaires que la mitrailleuse de l’un d’eux, monté par le commandant Porru-Locci avait été braquée sur eux, Ce qui à été considéré par eux comme une provocation contre laquelle ils se sont empressés de protester avec indignation ; mais dans sa déposition devant la Commission de conciliation et d’arbitrage le commandant Porru- Locci à affirmé sur son honneur d’officier et d’homme que la mitrailleuse de son avion n’était pas braquée sur le campement anglo-éthiopien, seul un appareil photographique était dirigé sur lui ; il à expliqué qu’une méprise était possible par suite de la place occupée par la mitrailleuse transversalement sur la carlingue ce qui fait que, lorsque l’avion s'incline la mitrailleuse paraît braquée sur le sol ; il à ajouté d’ailleurs que son survol n’avait aucun caractère hostile, il exécutait, sur l’ordre de ses supérieurs, une reconnaissance à la recherche du capitaine Cimmaruta.

27. Sous l’empire de la très grande indignation éprouvée par lui à la suite de cet incident, qu’il considéra comme une démonstration provocatrice, le lieutenant-colonel Clifford à décidé de retirer la Mission britannique jusqu’à Ado, à environ 30 kilomètres de Oual-Oual, dans le but d'éviter de compliquer la situation pour les autorités éthiopiennes et de prévenir tout incident international regrettable ; en conséquence, le lendemain 25 novembre, la Mission britannique et la Mission éthiopienne se sont éloignées de Oual-Oual avec leurs escortes respectives de trente et cinquante hommes.

28. Cependant la troupe du Fitaorari Chiferra est restée sur les lieux et ses effectifs, augmentés par de nouveaux renforts, ont fini par atteindre de 1.400 à 1.600 hommes ;

sa présence et l'accroissement de ses effectifs n’ont pas manqué d'augmenter chez les autorités italiennes des inquiétudes dont elles ont cru voir plus tard la confirmation dans des documents trouvés par elles dans le campement éthiopien. Ces autorités estimaient que la qualité que la troupe éthiopienne se donnait d’escorte de la Commission anglo-éthiopienne était désormais manifestement mensongère, et que si elle n’a pas suivi la Commission c'était qu’elle projetait d'attaquer à la première occasion la garnison italienne, pour s'emparer de force des puits de Oual- Oual. Dans son rapport en date du 30 novembre 1934, paragraphe 20, la Commission anglo-éthiopienne a expliqué que l’escorte éthiopienne est restée dans sa position à Oual-Oual pour éviter l’apparence d’une retraite qui pourrait avoir comme conséquence le soulèvement de la population de l’Ogaden, en mettant en sérieux danger la sécurité de la Commission ; il à été ajouté devant la Commission, du côté éthiopien, que se considérant sur leur territoire, les forces qui s’étaient avancées jusqu'aux puits ne pouvaient se retirer sans atteindre au sentiment et au prestige national, il est enfin à noter que interrogé par le capitaine Cimmaruta sur le point de savoir si la troupe restée à Oual-Oual et que la Commission continuait à considérer comme son escorte, faisait réellement partie de l’escorte éthiopienne de la Commission, le lieutenant-colonel Clifford n’a fourni aucune réponse.

29. Durant dix jours, après le départ de la Commission les troupes éthiopiennes et italiennes sont restées sur leur position, les unes en face des autres, à une distance qui par endroits ne dépassait pas deux mètres, les armes chargées à la main se défiant, s’injuriant, se provoquant.

30. Cependant, se conformant aux recommandations de son Gouvernement, le Gouverneur de la Somalie italienne ne cessait de donner au Commandant du secteur Wonder-Oual-Oual des ordres formels écrits de s’abstenir absolument de tout acte hostile tant que les Éthiopiens n'auraient pas employé les armes contre les postes italiens.

Le capitaine Cimmaruta multipliait auprès de la Commission anglo-éthiopienne et des chefs militaires éthiopiens les démarches en vue de prendre les précautions nécessaires pour éviter tout incident. Le 26 novembre 1934, ils’inquiétait des intentions du Fitaorari Chiffera et l’avertissait que suivant sa réponse, il prendrait des décisions en conséquence ; le 4 décembre ayant appris que la nuit précédente ses hommes avaient essayé de forcer la ligne italienne en emportant des ramilles qui la délimitaient, il lui faisait savoir que tout acte de violence de sa part serait réprimé par la force.

31. Sur ces entrefaites, de chaque côté des lignes, arrivalent des renforts et de part et d’autre les hommes s’observaient, leur nervosité augmentait du fait que tous les jours on entendait des coups de fusil soit accidentels soit tirés sur du gibier.

32. Brusquement, le 5 décembre vers 15 h. 30 d’après les uns, vers 17 h. 30 d’après les autres, à la suite d’un coup de fusil dont la provenance est contestée, un combat général s’est engagé. Au bruit de la fusillade, le capitaine Cimmaruta qui se trouvait à Warder à donné immédiatement à deux chars d'assaut et à trois avions l’ordre de partir d’urgence pour Oual-Oual où il s’est rendu luimême en camionnette, il y est arrivé peu avant 18 heures, il y à été précédé de quelques minutes par un char et un avion, l’autre char et les autres avions y sont arrivés peu après lui. Le capitaine Cimmaruta à trouvé ses hommes au nombre en ce moment d'environ 500 dubats n'ayant à leur tête que des sous-officiers indigènes, repliés en décade leur ligne initiale et avec des munitions à peu près épuisées ; il leur à fait distribuer les cartouches trouvées sur les hommes mis hors de combat et à demandé à Warder l'envoi de munitions qui sont arrivées deux heures plus tard. Sur ces entrefaites, la nuit survenant, le combat s’est ralenti et bientôt arrêté. A l’aube du 6 décembre le * combat à repris et bientôt les Éthiopiens, mis en déroute, se sont enfuis dans la direction de Ado laissant sur le ter-

rain et aux alentours 130 morts et un nombre considérable de blessés, chez les dubats italiens les pertes ont été de 30 morts et d’une centaine de blessés.

33. Sur la provenance du premier coup de feu qui à occasionné le combat il ya deux versions diamétralement opposées, d’après l’une il serait parti de la ligne italienne précédé de deux ordres nettement entendus dans les rangs éthiopiens d’abord a terra puis fuoco; d’après l’autre il aurait été tiré par un soldat éthiopien debout dans la direction d’un petit arbre sur lequel se tenait assis en sentinelle un dubat italien, qui blessé légèrement à la joue serait aussi tombé ou se serait laissé tomber à terre ; d’après l’une et l’autre version ce coup de feu aurait été le signal d’une fusillade partie du même côté.

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