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ressemblent, concourent à revêtir l'ancien défrichement d'une verdure curieuse et charmante. La base, le support, le sol d'oii s'élance toute celte vie, ce fouillis de tiges, de ramures, de fleurs, cette barrière infranchissable de végétation splendide est peut-être quelque vieille souche, morte depuis longtemps, cariée, pourrie, noire de moisissure, dévorée par les champignons, que commence à couvrir une couche d'humus et où chaque éraillure, chaque fissure, chaque trou est le repaired'insectes divers, depuis le termite au corps délicat jusqu'à l'ignoble mille-pattes ou à quelque coléoptère monstrueux.
» Plus loin, changement de spectacle. Des arbres gigantesques, des colosses sans nombre, se culbutant jusqu'à la lèvre même de la berge, en forçant quelques-uns à pousser presque horizontalement sur la rivière» quelquefois jusqu'à 15 ou 16 mètres. Sous leur ombre, une centaine de pirogues s'abriteraient du soleil brûlant. Leur bois est jaune, dur comme du fer; à en couper un, on userait un assortiment de nos meilleures haches d'Amérique. Ils portent des fruits d'un brun rougeâtre qui, à la maturité, prennent l'aspect de superbes prunes; d'autres semblent des dattes mûres, mais aucun n'est comestible. Â ces arbres, qui s'étendent au loin sur les eaux, les guêpes noires suspendent leurs nids. Extérieurement, on croirait voir des poches de papier grisâtre, ornées de plis, de bouffants, de découpures, et très joliment arrangées les unes au-dessus des autres, comme ces écrans qu'on place pendant l'été devant les grilles des cheminées anglaises.
» Évitez religieusement ces arbres : ce n'est pas à proximité d'un grand nid de guêpes qu'il serait loisible d'investiguer les paysages. Regardez ces colonnades de marbre, ces milliers de guirlandes, de festons, de cordelettes, d'anses, réunis en groupes, resserrés en échevaux épais, parfois laissant apparaître l'écorce blanchâtre des arbres, et toujours s'en t remêlant, s'entrecroisant dans un désordre qu'on ne saurait dire étudié. Voyez ces masses de verdure dans les profondeurs ténébreuses où filtre, de loin en loin, un pâle rayon de soleil irisant les feuilles mouillées, et les lueurs mobiles et fugitives qui poudroient, parmi les ramures, et là-bas, sous la voûte, la sombreur éternelle que relèvent le gris des troncs, les tiges argentées des lianes ou le filigrane brun-pâle des sarments de vignes sauvages. En voulant embrasser l'ensemble, l'œil est forcé de s'arrêter sur les baies cramoisies du phrynium, les taches rouges que font les capsules de l'amome, les teintes jaunes et brunes que prennent déjà certaines feuilles ; un large champignon étalant sa blanche ombrelle au milieu d'un élégant bouquet de fougères finement découpées, ou des agarics semblables à des flocons de neige solide attachés comme des bernaches à une souche sillonnée par les siècles ; les vert gais des orchidées, les vert grisâtres des grandes feuilles retombantes de l'oreille d'éléphant, les
franges de mousse pendant des branches, les blessures des arbres versant des gouttes de gomme autour desquelles se pressent les fourmis, et les immenses traînées de ces calamus dont on ne voit jamais le bout; les lianes qui se tordent et s*enroulent, les convoivulus, glissant leurs spires dans le dédale des sombres galeries, et eu ressortant triomphants, plus loin et plus haut, pour prendre appui sur une branche, l'entourer ici de ses anneaux, là se balancer en guirlandes, puis s*élancer sur une autre et continuer à perte de vue » [\\
Cette végétation forestière se rencontre le long du Kassaî et de ses affluents; toute la région comprise entre le Sankuru et la rive gauche du Congo et qui forme une sorte de demi-cercle semble être couverte d'une immense forêt qui se prolongerait au nord dans le bassin de l'Itimbiri et de la Mongalla et à l'est le long de l'Âruwimi jusqu'aux sources de cette rivière. Dans le Bas-Congo, on ne voit plus aujourd'hui que des bandes boisées, restes de la forêt qui, de temps immémorial, devait recouvrir toute la côte de l'Atlantique; la richesse forestière, qui dépend uniquement du degri d'humidité du sol, se manifeste surtout vers le centre du bassin. La forêt comprend la plupart des genres et espèces d'arbres énumérés plus loin. •
Dans les autres régions, c'est en général une herbe abondante qui donne au sol un aspect riant; les vallées des rivières sont couvertes d'arbustes, les plaines étendent au loin leur rideau de verdure herbeuse, parmi laquelle, à certaines places, le baobab élève sa taille gigantesque et d'où, à une multitude d'endroits, s'échappent des bouquets de palmiers qui dressent gracieusement leurs branches semblables aux pattes velues d'une énorme araignée. Sur les côtes élevées et sur les croupes du Bas-Congo, les hautes herbes envahissent le sol : elles atteignent parfois plusieurs mètres de hauteur; ce sont en général d'énormes graminées, dont une espèce, aux gaines très tranchantes, appelées capim de faca par les Portugais, est très désagréable au voyageur qui doit se frayer un chemin dans ces savanes. L'espèce dominante est l'herbe de Guinée (panicum maximum).
(1) H. Staulbt : Dans les ténèbres de TAfrique. Tome II, p. 75.
Plantes qui fournissent les huiles et les graisses. — Le palmier {elœis guineenm) se rencontre partout et existe en quantités consi* dérabtes. Cet arbre se prête à un grand dévdoppement et, dans l'avenir, nul doute que les plaines du Bas-Congo ne soient couvertes de plantations de palmiers, qui seront une source d'inépuisables richesses. Lçs fruits du palmier sopt des drupes suspendues en grappes énormes qu'on appelle régimes, contenant une amande très oléagineuse, dont on extrait une huile jaune, odorante, et solide sous notre climat. Le palmier peut fournir plus de mille fruits chaque année. Les indigènes en font une grande consommation dans le Haut-Congo ; ils en extraient l'huile et ils s'en servent, dans l'alimentation, en guise de beurre de cuisine.
Au point de vue du commerce, l'huile de palme a une très grande importance : elle entre pour une part prépondérante dans la fabrication du savon, des essences de parfumerie et de l'huile d'éclairage ; sous ce dernier rapport surtout elle a un avantage énorme sur les produits similaires : c'est qu'elle brûle sans dégager de fumée et que l'odeur n'en est pas désagréable.
Les noirs obtiennent, de la sève de l'elœis, une boisson fermentée appelée malafu (1).
Le 4)"^ Cornet signale la présence à Batinbengue, sur un espace d'une vingtaine d'hectares, d'un palmier nain, sans tige, à feuilles pennées et coriaces, dont l'espèce, croit-il, n'a pas encore été décrite. Ce sera sans doute le ealamus secundiflorus . ou peut-être une cycadée .
La région d'habitat de Telœis guineensis semble limitée au nord par le 5"''' parallèle nord et au sud par le lO""* parallèle sud.
Les autres espèces de palmiers fournissent surtout des fibres textiles.
L'arachide (avachis hypogœa) est une plante dont la semence fournil une huile saponifiable et d'éclairage très employée. On en fait trois récoltes par an; les indigènes jettent au hasard, dans les jardins qui entourent leurs cases, la semence qui se reproduit à merveille, sans exiger le moindre soin. L'amande de l'arachide a un go&t agréable, ressemblant fort à celui du fruit de l'amandier; les iadi-
(l) Voir le présent livre, Titre III, Chapitre IV : Alimentatioii et boisaons.
gènes les maDgent après les avoir bouillies ou | cendre.
On trouve partout les diverses espèces de sésame (sesamum indicum et tesamum orientale}; leur semence fournit une huile comestible, dont on fait un savon qui possède de sérieuses qualités. Les Arabes fabriquent, avec le fruit du sim-sim [nom qu'ils donnent au sésame), des tourteaux qui sont un précieux élément d'alimenta-
ÏAmLLE DE OOUFKCBfl DK fBUlTg DE PALIOEII.
tion pour les troupeaux et même pour les hommes. Les indigènes se serrent de l'huile de sésame pour les onctions corporelles.
Le cocotier {cocos nudfera) est un des arbres les plus précieux à cause de la diversité des partis que l'on peut tirer de son fruit : on en extrait une huile excellente ; le beurre de coco a des qualités au point de vue de l'alimentation.
Le mpeta, arbre de haute futaie, très commun sur la c6te occidentale du Tanganyka, produit des fruits dont ou retire une buile parfumée.
Les arbres des espèces suivantes : pentadesma butyraeea, basm Parkii^ combretum butyraceum^ qui atteignent la hauteur de quinze mètres, produisent des graines contenant une graisse semblable au beurre comme apparence et comme goût, mais qui durcit rapidement.
Les végétaux des espèces suivantes, que ion rencontre à chaque pas dans tout le bassin, produisent encore des graines oléagineuses, dont certaines servent à la fabrication d*huile d'éclairage et de savon, d'autres à Talimentation, et dont quelques-unes possèdent des propriétés médicinales : le ximenia gabonensis^ le ximenia (Bgyptiaca et la pentaclethra macrophylla, donnent une huile abondante.
Le strychnos edulis, appelé par les indigènes matuga, a des fruits qui rappellent le goût de ceux du manguier ; il existe dans le bassin divers genres de strychnos, que les indigènes appellent mtogone, mlobe, etc. ; le strychnos spinosa a des fruits semblables à de grosses baies, très nourrissants; le brassica juncea, sorte de chou, sert aussi d'aliment; le carapa touloucouna donne une huile d'éclairage dont on fabrique aussi du savon ; son écorce est fébrifuge ; le curcas purgans et la croton spinosa donnent une huile acre, employée en médecine comme purgatif violent; les cucurbitacées des genres cueumiropsis Mannii^ cucumis spinosa^ cucumis citruUus (communément appelée pastèque), le telfairea pedata, le hopea spinosa, produisent des fruits alimentaires; le ricinus communis fournit l'huile employée en médecine sous le nom d'huile de ricin et sert aux indigènes pour les onctions corporelles.
L'oba (irvingia gabonensisj, sert à la nourriture de diverses tribus, et les matières grasses que l'on obtient par l'écrasement des graines fournissent un excellent savon.
Plantes qui fournissent des biatières tinctoriales. — La couleur indigo est fournie par des plantes, très nombreuses dans la brousse, de l'espèce indigo fera anil; la couleur est très belle et fort prisée des teinturiers; l'espèce ^fm^tom se trouve également au Congo.
La couleur rouge est fournie par le pterocai^pus angolensis (santal d'Afrique), arbuste abois très solide et qui possède, en outre, des propriétés astringentes ; las indigènes emploient la poudre de
cet arbre comme matière colorante sous le nom de lacula ; l'espèce santalinoïdes leur sert en médecine ; le baphia niiiia (le camwood des Anglais), arbuste d'un mètre 50 de ha^iteur, dont les indigènes exti*aient une magnifique poudre rouge qui est devenue un important article de commerce anglais ; cet arbuste est très abondant dans toute l'Afrique centrale; les gens du pays en prennent l'écorce, la font bouillir et la pulvérisent avec soin ; ils ont alors une poudre fine d'un cramoisi splendide, qu'ils mettent en grosses boules et qui porte le nom de mkola (1); le baphia laurifolia^ appelé mpano par les indigènes, dont le suc est très astringent; le pierocarpus spinosa et le parinarium spinosa, qui produisent une poudre éclatante très recherchée; le chikizi (nom indigène) dont on extrait une huile rouge; le pterolobium santaloïdes; Torseille (roceUa tincioria), sorte de lichen dont on développe la matière colorante en la faisant putréfier avec de l'eau et de la chaux vive ; une sorte diusnée^ lichen qui a principalement son habitat dans le Manyema.
La couleur jaune est produite par le bixa orellana, connu sous le nom de rocou : on l'obtient en faisant fermenter la pulpe gluante qui entoure les graines de cet arbrisseau; on emploie ce liquide pour la coloration des soies. La graine du bixa est stomachique et sa racine est digestive.
Le jaune éclatant est fourni par Técorce du bixa orellana ; par le bois du cudraniaj du cochlospermum et du inelaleuca; les feuilles de cette dernière plante procurent aussi une huile verte, d'une odeur agréable et qui possède de puissantes propriétés excitantes ; par la racine du curcuma (spécialement du curcuma longa)^ qui fournit aussi de la résine aromatique; enfin par les fleurs de la lypetna crocea.
Le noir et le brun sont fournis par les plantes et arbres des espèces suivantes : acacia nilotica, ac. adansonii.ac.horrida, cœsalpinia spinosa, af%elia spinosa et par le rhi%ophora inangle, appelé communément palétuvier.
Toutes les essences que nous venons de citer se rencontrent en abondance dans les forêts du Haut-Congo et au bord des fleuves et des rivières.
(l) LiTiHasTONB : Dernier joumoL
YâGÉTAux QUI FOURNISSENT DES FIBRES TEXTILES. — Lcs cspèces Suivantes, qui existent dans toutes les régions du Congo, fournissent des fibres qui peuvent être employées dans l'industrie : le macrochloa tetiacissima, pour la confection de nattes et de papier ; ïadansonia digitata (baobab), le plus grand des arbres connus, dont Técorce fibreuse sert à la fabrication du papier ; le banibusa vtdgaris (bambou) surtout dans le Katanga, qui sert à une foule d'usages ; les divers musa (bananier) avec les fibres duquel on fait des cordes; le cannabis saliva (chanvre sauvage), très utile dans l'industrie des cordages, de même que la racine du bœhmeina nivœa ; Yagave sisalana et Yaloe dichotoma, dont on fait de la filasse très tenace; Vananas sylvestris (arbre à ananas), dont les tiges et les feuilles fournissent des fibres textiles de très grande finesse ; Yasclepias gigarUea et Vas. syriaca (mzuQ des indigènes), dont la racine a, en outre, des propriétés toniques et stimulantes; le calotropis gigantea (autre asclépiadée), dont les racines ont des qualités médicinales et le duvet s'unit à la soie et au coton ; le mbuzu (nom indigène), dont les noirs fabriquent des étofies végétales; le sansetiera angolensis et le s. guineensis^ à fibres très utiles; le bombax peniandrum^ qui fournit également une gomme utilisée contre les maladies intestinales; le pterocarpus erinaceus (gilla sonde des indigènes), appelé communément bois de rose, dont le suc peut être employé pour le tannage; Yhyphœne benguellencis, employé surtout dans la confection des chapeaux ; diverses sortes de stda {s. arborea et s. reflexa) (ïabutilon, Malvacées qui servent aussi d'ornement, de vigna, d^hibiscus et de ficus ; les corchorus divers {c. texiUis^ c. olitorius et c. officinarum), à écorce mucilagineuse, dont les fibres fournissent une toile magnifique ; plusieurs espèces de palmiers à fibres précieuses : elœis guineensis; calamus rotang, très flexible, répandu à profusion dans le Katanga ; chamcnops excelsa; hyphome; metroxylon; borassus flabeUifoi*mis aux fruits nutritifs; des papyrus de plusieurs espèces, dont on fait du papier; le cocos nucifera (cocotier), qui fournit des fibres pour la fabrication de cordages.
De multiples espèces de cotonniers {gossypium) se rencontrent sur tous les points du Congo : le gossypium bombax (cotonnier géant) est répandu dans les forêts ; le g. anomalum croit de préfé-
rence dans le Kassaî, le g. barbadense se \o\i d^ns la \Mée de rÂruwimi ; le Tanganyka esl riiabilal du g. herbaceum (le plus ordinaire) et du g. arboreum.
Le chêne liège n*existe pas, mais une variété de cette précieuse essence, Yherminiera elaphroxylon se rencontre à profusion dans les forêts; les indigènes en ont compris toute l'utililé et se servent des tiges pour la navigation et pour la pêche.
Épicbs et dknr£es coloniales. — Le café {c4)ffea arabica et coffea liberica) se rencontre dans toutes les forêts du Haut-Congo, à i*état sauvage ; la culture le transforme en un arbuste régulier qui rend excessivement bien au bout de quatre ans, surtout à lombre, entre 400 et 900 degrés d'altitude et lorsqu'on le soustrait aux coups de vent. Le café ainsi obtenu est excellent et les grains sont très gros.
Le cacaoyer {theobroma cacao) a été introduit dans la plupart des stations; il produit au bout de quatre années. Tous les essais ont fort bien réussi, surtout à Léopoldville.
Le cocotier {cocos nucifera) croît partout, sans exiger le moindre soin; son fruit procure du lait, du sucre, de la crème et du vin.
Le muscadier (myristica tenuifolia) croit surtout à Nyangué et aux environs de cette localité; il pourra être importé partout; ses graines ne sont pas très-aromatiques, mais produisent néanmoins un condiment de valeur; cet arbre, de 10 mètres de haut environ, est presque continuellement en fleurs et en fruits. D'autres espèces de muscadier se rencontrent : le myr. monodora, appelé aussi muscadier de Calabar, à l'altitude de 800 mètres, et le mi/r. sebifera, qui est très commun dans le Manyema et le Marungu.
Le giroflier {caryophyllus aiwnaticus) a été signalé ; mais il ne semble pas abonder.
Les poivres divers sont fournis par des plantes qui se rencontrent partout : le gingembre {amomum zingibei*) croit à Tétat sauvage; le piment {capsicum baccata), d'une âcreté moyenne; la maniguettede Guinée (amomum granum-paradisï), très aromatique ; le mangalu (amomum citraium).
La canne à sucre {saccliarum officinarum), dont les tiges atteignent parfois quatre et cinq mètres de hauteur, nécessite un
sol humide; elle produit ua sucre délicieux. Les indigènes en mâchent les feuilles comme friandise et en extraient une sorte de bière assez agréable.
L arbre à kola esl; un des plus répandus au Congo ; il se rencoiitre partout; il y en a de diverses espèces : le ^teradia oeuminata et le cola Ballajf. Les fruits de ces arbres sont des noix de la grosseur des fruits du noyer; ils contiennent de la caféine, à dose plus considérable que le café lui-même, et de la théobromine.
Le copal se rencontre à Tétat fossile. On en découvre des écbantittons dans les anfractuosités des rochers qui bordent le Coogo. On trouve partout le guibourtia copaifera, et le irachylobium h&rnemaniafmm, qui fournit en abondance une gomme résineuse solide, d*un blanc jaunâtre, qui s*écouIe du tronc de l'arbre par les incisions qu'on y fait. Cette gomme, à la sortie du tronc, se forme en boules qui, à un moment donné, tombent dans le sol et y gisent, devenant plus rouges et plus résistantes en vieillissant. Ce sont ces boules de copal fossile que Ton trouve dans le sol. Le copal fossile est celui qui a le plus de valeur.
Plantes médicinales. — On ne connaît pas encore bien les propriétés médicinales des végétaux qui croissent au Congo ; mais il est hors de doute que la connaissance plus approfondie de la flore congolaise apportera des ressources d*un prix inestimable aux sciences médicale et pharmaceutique.
Le baobab {andansania diffiiata), qui appartient à la famille des Malvacées, mérite une mention spéciale, non seulement parce qu'il est le roi des végétaux, mais encore à cause de la multiplicité des usages que Ton peut faire de ses diverses parties. On le rencontre sur tous les points du Congo, élevant sa taille, monstrueuse non par la hauteur, car il s'élève peu et son sommet se partage en grosses et longues branches qui pendent vers le sol, mais par l'épaisseur de son tronc, qui atteint parfois une circonférence de trente mètres ; la longévité de cet arbre, attribuée à la rapidité avec laquelle il croit les premières années et qui se ralentit progressivement, est inimaginable, puisque Livingstone accorde à certains baobabs, qu'il a vus, plus de 1,500 ans d'existence. Le baobab
croit généraJeaieat daas ud ter rato sabloniteux et hamide et se pUtt dans les plaines; ses racines prennent des proportions énormes et s'éteodeat horizontalement, presque k fleur de terre; elles sont très sensibles et la moindre blessure peut entrdner la carie ou la mort de l'arbre. L'écorce du baobab, séchée et pilée, constitue un afitidysentérique paissant; ses feuilles, desséchées et réduites en poudre, sont mélaagéespar les indigènes à leurs alimeats ; bouillies.
LE BAOBAB DO OAMF DI ZUIBI.
elles sont un remède très-efficace contre la nèvre ; les noirs s'en serrent aussi, en guise de Tarinc de lin, comme cataplasme. La grosse capsule qui constitue son fruit a beaucoup d'usages : les graines qu'elle contient sont entourées d'ane pulpe blanche, qui est un remède antifébrile; l'enveloppe du fruit sert de vase, de goucde, de bouteille. L'écorce contient des Bbres textiles de première qualité, que les indigènes emploient pour ta confection de nattes, de pagnes, etc. Pour saponifier l'huile, ils brûlent l'envek^pe du fruit et extraient le sodium qoe contiennent tes cendres,
qu'ils mélangent ensuite à Thuile de l*elœîs daûs une solution bouillante.
La fève de Galabar {physostigma venenomm)^ appelée casca par les indigènes, est employée par eux pour les épreuves judiciaires : le principe actif s'emploie avec succès contre Thyperesthésie de la moelle épinière. Certaines tribus extraient le poison d'une GcBsalpiniée très commune de l'espèce erythrophlœum guineense.
Un excellent purgatif, le curcas purgans , pousse à l'état sauvage dans les forêts ; le licinus, si précieux en pharmacie, est l'un des produits les plus communs du bassin du Congo : les indigènes l'emploient pour l'éclairage et pour les onctions du corps.
Le fruit du tamarin (tamanndus indica) est un excellent purgatif. Le suc appelé en médecine soccotrin et dans l'art vétérinaire aloès caballin provient d'une espèce d'aloès qui se rencontre au Congo : Yaloe soccotorina.
Les feuilles du melianthus major sont antiseptiques. Les graines du corchorus olitonus sont purgatives. L'écorce du carapa touloucouna est fébrifuge. Le muscadier produit une huile qui entre dans la composition de médications excitantes; on s'en sert pour frotter les membres paralysés.
Vadenia venenata, qui est vénéneuse, est employée dans le Haut- Congo pour la fabrication de vésicatoires énergiques.
Le cubèbe {piper Clusii) est très abondant et a une grande importance en médecine. Il en est de même du piment de lespèce xylopia œthiopica.
Les agaves diverses ont des fleurs d'un blanc jaunâtre ; la sève fermentée, dans laquelle on écrase les feuilles, donne une liqueur enivrante et excitante.
Le fruit du mucuna pruriens est entouré d'un duvet possédant des propriétés vermifuges; l'écorce du morinda citrifolia est fébrifuge.
Divers arbres fournissent des gommes précieuses, entre autres ceux du genre acacia, qu'on voit partout en grande quantité.
Certaines tribus emploient pour les jugements le suc laiteux extrait par l'incision de la tige de Yeuphorbia candelabrum;
d'autres peuplades se servent de ce liquide pour empoisonner leurs flèches et les pointes acérées qu ils plantent dans le lit des rivières. Souvent les rivières sont empoisonnées, pour tuer et pêcher le poisson, au moyen du tephrosia Vogelii.
L*écorce du papayer {carica papaya) laisse écouler par l'incision un suc dont les propriétés égalent celles de la pepsine.
Les racines d'un autre arbre fruitier, le grenadier {punica granatum), constituent un remède efficace contre le ver solitaire.
L'écorce du manguier {mangifera indica) produit un suc employé contre la diarrhée chronique.
Graines alimentaires; fëgules. — Le manioc {manihot utilissima) est la base de l'alimentation du nègre : il se trouve partout; autour de tous les villages, de toutes les stations, il existe d'immenses champs de manioc. Cette Euphorbiacée produit une fécule que les indigènes mangent en bouillie ou dont ils font un pain quils appellent chicuangue. A l'état ordinaire, la plante de manioc contient un suc laiteux extrêmement vénéneux, dans lequel on découvre des traces d'acide hydrocyanique; on extrait ce suc par la torréfaction, par l'infusion dans l'eau ou même par une simple exposition à l'air pendant vingt-quatre heures. Les noirs obtiennent du manioc fermenté une boisson agréable.
Le manioc demande un sol sablonneux et n'exige pas une trop grande humidité.
C'est avec le manioc que l'on fabrique le tapioca : on imbibe la fécule d'eau et on la fait sécher sur des plaques métalliques chauffées à 100^; on délaye les grumeaux ainsi obtenus dans l'eau bouillante, et ils forment le tapioca.
On calcule le rendement du manioc à raison de 350 kilogrammes de fécule pour 1,000 kilogrammes de racines.
« Le manioc, a dit M. Dupont dans une conférence, par ses qualités nutritives, est l'aliment préféré des noirs. Us défrichent le sol et y établissent de petits tertres de terre, à peu près de mètre en mètre, ce qui fait dix mille de ces tertres à l'hectare. Dans chacun d'eux, ils plantent en bouture trois morceaux de tiges de manioc, qui produisent, au bout de dix-huit mois, cinq ou
six grosses racines. Cinq raoines pèsent deux kilogrammes, après dessiccation. Ces cinq racines sont le produit de Mn des dix mille tertres, ce qui fait 20,000 kilogrammes de fécule à Tbectare. Ce chiffre est un minimum. Si on laisse croître la racine, non pas dix-huit mois, mais deux ans, elle triple de volume et prend la grosseur du haut du bras. Il en est qui pèsent jusquà 8 kilogrammes pièce.
». Comparée «cette production de fécule à celle de nos terres, qui atteignent difficilement 1,500 kilogrammes à Tannée, soit en 18 mois environ â.SOO kilogrammes, et vous pourrez sans peine apprécier le rendement des deux terres par Técart entre 20, 000 kilogramn»es et 2,200 kilogrammes. Il en serait de même pour une foule de produits, tels que le maïs, le haricot, les plantes oléagineuses comme le sésame, Tarachide et autres. »
Le mais (%ea maïs) vient en abondance; cest un des prodails les plus cultivés; les champs de mais sont généralement situés dans des parties de forêt défriehées. Les noirs mangent les épis de mais grillés ou bouillis. On obtient facilement deux récoltes par an. Les stations du Haut apportent tous leurs soins à la culture de ce précieux aliment.
Le riz {ot^yza sativa) vient très bien; les plus belles plantations sont celles des Stanley-Falls et du Tanganyka. La culture en nécessite un sol humide. Le riz entre pour une large part dans Talinientalion des noirs et même des blancs, surtout en expédition; il y en a de plusieurs variétés, plus substantielles les unes que les autres.
Le millet {panicum miiiaeeum) est une céréale importée, qui crott assez volontiers au Tanganyka.
Le froment {triticum salivum) n'a encore pu être obtenu au Congo, mais comme il a été cultivé avec succès dans rUnyanyembe, il est à présumer que son importation nest qu'une questicMEi de temps et de soins.
Les fécules du maranta arundinacM (appelée communément arrow foat), de Yarum esculentum, de la col^coêia antiquoi'um et de Veleusine coraeana, sont très abondantes et fournissent un prédaix aliment.
' :0n trouve partout des fèves de toute espèce; une espèce de
haricots et de pois iadigènes appelés konde m baazi ont de grandes quaKtés nutritives.
Des sortes de petits pois sont fournies par les plantes appelées pepe d'Angola par les Portugais [eajanut indicut) et par le voandsou (voandzeia subterranea).
Le sorgho (hoictu sorghum), appelé mutama par les indigènes, sorte de millet très nourrissant, se récolte partout. Le reademenl en est oonsidérable. Les indigènes en font souvent deux récoltes par an. Ils en obtiennent, par la compilation et la bouillie, une
lA rABBIQDB D HUILK ht PALU DX SIOU.
sorte de pain noir assez lourd, et par la fermentation (la levure est fournie par les graines de Velettsine eoraeana) la bière appelée pombe.
La patate douce {convolmittu batatm) a une racine dont la fécule ressemble à celle de nos pommes de terre ; lorsqu'on la cuit, la racine devîeat très farineuse et prend un goût sucré. Pour la semer, il suffit de planter ea terre un morceau de la tige de la plante; la patate peut se réodter plusieurs fais par an, et il en est qui atteignent un poids énorme. On peut manger 1» feuilles de oette plante qoi ont le goftt d'épinards.
L'igname {dioscorea hataias ou d. sativi^ produit un rhizome très riche en fécule, sain et nourrissant ; elle atteint parfois un très grand poids; on en a trouvé de 25 kilogrammes; M. Dhanis prétend que l'igname de Yambuya vaut les meilleures pommes de terre. L'igname et la patate douce sont, avec le manioc, les produits les plus cultivés du Congo. On peut rattacher à l'igname le tubercule d'une liane appelée matugu : ce fruit a le même goût que la pomme de terre et les missionnaires du Tanganyka croient pouvoir l'identifier à Yhelmia nyitti du Haut-Nil.
Le champignon (agaricus) est très commun dans les forêts, mais on n'a pas encore distingué les espèces comestibles.
Bois divers. — On n'est pas encore parvenu à fixer d'une fagon certaine les difiërentes espèces dont se composent les forêts, mais on a découvert jusqu'à présent des bois précieux, qui pourront devenir, dans la suite, une source de richesse inestimable pour l'exportation.
Les espèces utiles reconnues jusqu'à présent sont : le teck, ou tek (oldfieldia africana)^ arbre très grand, à bois plus dur que celui du chêne et employé pour la construction des navires; il se rencontre à profusion dans le Mayombe; les acacias divers, énumérés précédemment, au bois très dur; diverses espèces de santal, employées dans l'ébénisterie ; un arbre à bois rouge, le parinarium^ de toute beauté; des arbres à acajou {anacardium occidentale); le cocotier qui fournit du bois de construction; le muscadier dont le bois, très léger et très blanc, sert à faire des meubles de luxe; le lacoula et le miombo (noms indigènes), le cèdre africain, une sorte de hêtre et le figuier, qui servent à la construction de pirogues.
On signale dans les bois et forêts de la rive occidentale du Tanganyka, des arbres à bois précieux, que les indigènes appellent : mzovu, arbres de 50 à 60 mètres de haut, dans le tronc desquels les noirs creusent des barques; mbuga, mvule ou mukama; mzima (genre de buis); mpingu (ressemblant à l'ébénier). Les explorateurs du Katanga ont rencontré aussi comme végétaux dominants, l'euphorbe c^ndéhhve {euphorbia candelabrum), qui se rencontre dans les savanes; le muavi dont l'écorce fournit un toxique violent très
fréquemment employé pour Tordalie ; le pandanus et le faux pandanWj qui poussent au bord des rivières, et le dattier sauvage (pAû^nîâ;), à tige ténue et à feuilles tombantes.
Dans le Mayombe, à proximité donc de la côte, M. Fuchs signale labondance extraordinaire des bois de construction, de luxe et de teinture ; il y a découvert de Tébène, à bois très dur et très pesant (probablement du genre diospyros).
Un arbre remarquable et le cMorophora excdsa, plante phanérogame géante qui atteint une hauteur de plus de cent mètres et dont le bois très dur s'emploie dans la construction des maisons.
L*une des plantes les plus curieuses du Congo est un arbre à gros fruits, qui semble appartenir aux Gucurbitacées du genre lagenaria vulgaris ; ce fruit, dont l'enveloppe est très dure, sert à une foule d*usages : les noirs en extraient le cœur sans entamer récorce et s'en servent comme gourde ; ils en font aussi des instruments de musique, des vessies natatoires, etc. Une autre cucurbitacée, du genre luffa^ le /. cylindiica^ leur fournit des éponges, par la putréfaction de son fruit dans Feau.
Produits divers. — Le caoutchouc est déjà, à l'heure actuelle, un des articles d'exportation les plus recherchés du Congo : c'est le produit que l'on obtient en faisant des entailles dans le tronc de certains arbres et de lianes des espèces ci-après : landolphia florida (première qualité) et /. owaiiensis.pœdeiHa owariensis et divers ficus. Les arbres et lianes à caoutchouc poussent en quantités innombrables sur tous les points, du Congo : beaucoup de villages s'adonnent à sa récolte, qui se fait de la façon la plus simple du monde. Dans le Bas-Congo, les indigènes ont détruit les lianes à caoutchouc au lieu de les entailler.
L'espèce d'euphorbe appelée euphorbia diversus, produit une sorte de gutta-percha.
Le tabac (de deux espèces : nicotiana tabacum ou n. rustica) croît partout; les espèces sont très bonnes quoique un peu amères. Â certains endroits, le tabac, bien cultivé, a des qualités supérieures à celui de la Havane : c'est l'avis d'un grand nombre de voyageurs. On le cultive de préférence sur de petits champs situés dans des
terres basses ; les feoilles sont très laides et très longues, à côtes nombreuses. La culture se fait pendant la saison sècbe. Les indigènes vendent ce produit sur tous leurs marchés; ils en mâchent aussi les feuilles.
Les indigènes fument beaucoup le chanvre (eannabig sativa)^ dont les fibres sont d'une si grande utilité dans l'industrie.
Arbres fruitiers, lëgomes. — Un arbre que Ton devrait plutôt assimiler aux productions nutritives du Congo est le bananier (musa paradisiaca)^ que l'on rencontre partout et que les chefs de station ont soin de cultiver en abondance, car il fournit une nourriture saine, fraîche et consistante. Ce qu'on appelle régime de bananes, c*est-à-dire la branche de fruits, atteint parfois le poids de SO kilogrammes. « Les espèces les plus communes sont le fnuia paradisiaca^ dit vulgairement figuier d'Adam, et le musa sapientium^ dont le fruit est plus sucré et plus petit. On trouve aussi le musa (^(s^în^aàspa thés rouges et plusieurs au très espèces, parmi lesquelles la lukata qui, plus grande que le musa paradisiaca^ se mange ordinairement cuite, le mkono ya tembo (trompe d'éléphant), ainsi appelé i cause de sa longueur, le vione de grandeur moyenne, qui se mange mûr, et le mzovu, petite espèce peu agréable au goût mais cependant très estimée parce qu'elle sert à fabriquer le mxoga^ liqueur très alcoolique, douce ou sèche selon le d^ré de fermentation (1). »
Les arbres fruitiers de grande production, natifs ou importés, sont les suivants : l'oranger {dtrus auranlium)^ le citronnier {eUrus medica), l'ananas [brsmelia ananas ou ananas sativa), le papayer (carica papaya), qui produit un fruit jaune, sucré, semblable comme goût à notre melon; on peut aussi préparer le fruit au vinaigre, lorsqu'il est encore vert ; le manguier {anacardium mangiferum)^ dont le fruit, semblable à notre poire, est délicieux malgré sa saveur aigre-douce, mais qui, mangé à l'excès, produit des éruptions de boutons; le corossol (onoim), l'avocatier [laurus persea), dont le fruit ressemble aussi à notre poire, est d'un goût agréable et possède des propriétés antidysentériques ; le grenadier {punioa gra-
(l) MiBSKnRCAZREB OU OABDiHAL IiAViaERiB : iVèf Ai Tangrnmfhok,
naium), le goyavier {pndium pamiferum), qui fournit un fruit odorant, délicieux, de la grosseur d*nne poire; le maracouja {jambasa mlgarts)y au fruit parfumé; le figuier sauvage (ficus religiosa), originaire de l'Inde, à fruits assez savoureux; le cœur de bœuf (anona murieata), au fruit semblable à une grosse orange verte, dont rintérieur fournit une crème exquise; le gombo (hibiêcus esculenius), fruit très délicat que l'on trouve dans les bois du Bas- Congo ainsi que le djadabi [sarcocephalw eseulentus) et le gangi {ximenia amerieana), dont les fruits sont assez semblables à des prunes.
L'aubergine {solanum melongela) et la tomate (solanum lyeopersicum), qui sont plutôt des légumes fins, viennent à profusion dans tous les terrains.
D'autres fruits, d'une saveur moindre, sont la pomme d'acajou [anaeardium occidentale), la pomme cannelle {passifhra quadranguloris), la groseille du Gap {physalis Peruviana).
Presque tous les légumes européens viennent à loisir dans les potagers des stations; on y récolte aujourd'hui : le pourpier, les choux, les épinards, les haricots, les radis, les courges, diverses espèces de fèves, les carottes, les navets, les concombres, les endives, les chicorées, les salades, les betteraves, les pois, les oignons, la ciboule, etc..
Fleurs. — Il est impossible de citer les innombrables espèces de fleurs qui se rencontrent à chaque pas sur le soi congolais; la flore tropicale s'y est répandue à foison, sous ses plus belles formes et avec ses plus délicieux parfums. La plupart des plantes exclusivement à fleurs serviront un jour comme objet d'exportation soit pour 1 ornementation, soit pour la parfumerie.
La famille des Orchidées a au Congo ses plus grands et ses plus délicats représentants; ce merveilleux ornement de nos serres riches se rencontre à profusion dans ses diverses espèces. La plus remarquable est le lissochilus giganteus, dont les fleurs joignent à une coloration admirable un parfum exquis. Les prairies du Kalanga présentent toute une florule d'orchidées, qui s'y mêlent à une multitude de petites fleurs bleues {commeUnœ)^ rouge vif {emiliœ) et
mauves {cleomœ). Les orchidées se plaisent surtout dans les parties humides des forêts, et vivent souvent en épiphytes sur les troncs des arbres.
Les Liliacées sont représentées par des dracœna de toute beauté et diverses sortes (faloes^ aux multiples fleurs éclatantes.
Henonculacées : la renoncule aquatique, la grenouillette {ranunculus acris), croissant dans les prés, des clématites {elematis drrhosa) aux aigrettes blanches parfumées.
Nous nous bornerons à citer les genres principaux rencontrés partout : reseda adorata à Tétat sauvage ; gloxinia divers, à grandes fleurs blanches (Gesnéracées); hibiscus à fleurs semblables aux roses, diversement colorées (Malvacées); héliotrope, surtout de l'espèce indica (Borraginées) ; convolvulus ou liseron des champs à fleurs blanches ou bleu d'azur (Convolvulacées); Solanées de diverses sortes : solanum strychnos, s. melongela, s. lycopersicum ; jatropha à fleurs d un superbe jaune d or (Euphorbiacées) ; mussœnda à fleurs blanches énormes et gardénia à structure délicate (Rubiacées); camoensia maxima, dont la fleur, d'un parfum délicieux, atteint jusqu'à 15 centimètres de longueur (Papilionacéesj ; diverses Labiées : coleus, leuconotis, plecthrantus ; oxalis sensitiua (Oxalidées), dont les feuilles possèdent la propriété de se fermer comme celles de la sensitive ; plusieurs genres de glaïeuls {gladiolus) et d'autres plantes de la famille des Iridées; de nombreuses Amaryllidées, enfin des Fougères splendides, parmi lesquelles il convient de citer la curieuse espèce dénommée chevelure de Vénus {adiantum capiUus Veneris.