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CHAPITRE III

L'équipement du blanc au Congo.

II est très difficile de déterminer d'une façon complète Téquipement que doivent emporter d'Europe les blancs qui vont au Congo ; il varie selon la nature des fonctions que Ion aura à remplir, selon que Ton sera en station dans le Bas ou dans le Haut, ou encore que Ton sera désigné pour une expédition. Nous avons pris à ce sujet lavis de plusieurs personnes à qui de longs séjours au Congo ont donné l'expérience de la chose, et il nous a été ainsi permis de constituer une nomenclature qui sera un guide précieux pour le parlant.

Costume. — Un costume officiel (tenue de TÉtat indépendant).

8 à 6 pantalons en toile blanche à Boma et dans le Bas.

6 à 4 id. dans le Haut.

4 à 2 id. en expédition.

8 à 6 pantalons en toile bleue ou grise en expédition.

6 à 4 id. dans le Haut.

i id. à Boma ou dans le Bas.

b à 4 vestons en toile blanche à Boma et dans le Bas.

4 à 2 id. dans le Haut.

2 id. en expédition.

1 à S vestons en toile bleue ou grise dans le Bas.

5 à 4 id. dans le Haut. 5 à 6 id. en expédition.

Prendre la moitié de ces derniers vêtements en très forte qualité.

Acheter un insigne de grade mobile qui peut être placé à volonté sur Tun ou l'autre veston.

Emporter tous les vêtements d'Europe, qui trouvent toujours leur emploi; y comprendre un manteau. Le manteau de troupe de

la cavalerie a beaucoup de qualités : il peut servir en même temps de couverture de lit.

Un paletot de voyage pour se couvrir lors d'un changement brusque de température.

Un imperméable dans le genre de celui des cochers tombant jusquà hauteur du genou et muni d'un capuchon; c'est le seul bon.

Une trousse contenant les objets nécessaires pour les réparations.

Coiffure. — Un casque. Le modèle de rinfanterie de marine française, sans écusson ni gourmette métallique, est excellent. Les employés de TÉlat y appliquent la plaque de TËtat indépendant. Le modèle de la troupe, quoique plus grossier, vaut mieux que celui d officier : il se lave mieux et s'use beaucoup moins vite.

Un chapeau de feutre. Recommandé le sombrero espagnol, brun ou gris, très épais et à très grands bords; on peut Tacheter en passant aux lies Canaries.

La casquette officielle, modèle casquette russe, avec les insignes du grade.

Une casquette en toile blanche, pour mettre le soir.

Un béret de voyage en flanelle, pour mettre de préférence sur les bateaux.

Chaussure. — Des bottines de marche, à semelle débordante. Inutile de prendre des semelles doubles. Les voyageurs condamnent en général les bottines à crochets, qui accrochent les herbes, et celles à lacet, trop longues à mettre. Us recommandent les bottines se fermant sur le côté, à 3 boucles. En prendre : 4 paires si Ion va en expédition, 3 paires pour le Haut, 1 ou 2 paires pour le Bas.

Ne pas s*embarrasser de bottes, qui ne servent à rien.

Paires de bottines en toile à voile montante : en expédition, 1 paire; dans le Haut, 2; dans le Bas, 3.

Une paire de pantoufles en cuir.

Paires de bottines en toile à voile basses : en expédition, i paire; dans le Haut, 2 à 3 paires ; dans le Bas, 3 à 4 paires. Ces bottines sont très recommandées; on peut même s en servir pour les marches, en ayant soin de les retirer pour le passage dans l'eau.

Une paire de jambières en cuir souple, à boucles ou à boutons de bois; prendre quelques boucles de réserve.

Prendre avec soi ses chaussures d'Europe, qui servent toujours.

Gants. — Prendre quelques paires de vieux gants en peau : on les met pour traverser les forêts, pour marcher dans les ronces ; on coupe les doigts pour préserver les blessures des mains; on s'en sert pour nettoyer les armes, etc.

Pour le Bas, il faut quelques paires de gants blancs.

Linge. — 24 paires de chaussettes, de deux épaisseurs : fines pour les stations, grosses en marche. En marche, on peut au besoin s*en passer. Pour faire de longues marches, on se préserve les pieds des blessures ou du gonflement en cassant un œuf dans chaque bottine, avant le départ.

là chemises. Dans le Bas, des chemises blanches, en coton. Pour la route et les voyages, prendre des chemises de demi-flanelle, rayées ou de couleur. Une excellente chemise, très propre et inusable, est celle en thibéline : elle n'existe pas, toute faite, dans le commerce.

là essuie-mains.

6 camisoles, de même étoflb qu'en Europe, mais plus légères. Si l'on est habitué à la flanelle, il faut continuer à la porter en Afrique.

3 caleçons de toile ou de flanellette, se fermant au bas.

12 mouchoirs de poche.

Literies. — Deux couvertures; l'État les fournit aux voyageurs qui montent.

Le plaid n'est qu'une question de luxe, pour servir de courtepointe.

Une enveloppe pour oreiller : on la remplit de choses diverses, feuilles de bananier, herbes, etc.. La laine échaufie trop la tête.

Deux ou trois laies d oreiller en toile blanche.

Une ou deux paires de draps de lit.

Une couverture imperméable Wyland ; elle n'est pas indispensable pour ceux qui ne vont pas en expédition.

Une moustiquaire de campagne pour les voyageurs.

Trois ou quatre malles Ribeauville. Une malle à cadenas à secret. Dans le Bas, les malles ordinaires sont bonnes ; on se munit d'une malle Ribeauville pour les voyages éventuels.

Toilette. — Une malle-bain est indispensable.

Un bassin en fer élamé. Inutile de s*en munir pour le Bas ou pour les stations, où TÉtat les fournit.

Une trousse de toilette. Un petit miroir. Les voyageurs doivent se munir de : i kilogr. de savon de Marseille ; 1 kilogr. de savon de toilette; 3 brosses à dents (très nécessaires); l/S litre d'eau de Cologne (utile pour les maux de tète).

Un filtre de poche (très nécessaire).

Pharmacie. — Quoique toutes les stations soient pourvues de médicaments en abondance, il est prudent de se composer une petite pharmacie comprenant : de Tantipyrine (en doses d'un gramme) et de la quinine, pour les fièvres; de Fipécacuanha, comme émélique violent; du laudanum, calmant très efficace; de l'iodoforme, pour les plaies; de Tacide phénique, pour laver les blessures; de la pommade à l'oxyde de zinc, pour les blessures, furoncles, etc. ; des pilules d'arséniate de soude, pour prendre au bout d'un an ou deux, lorsqu'on se sent plus ou moins anémié.

Si l'on veut faire face à toutes les éventualités, on complétera sa petite pharmacie de la fagon suivante : du tanin (doses d'un gramme) pour Thématurie; du calomel, purgatif efficace à employer dans les cas de fièvre bématurique ; du bicarbonate de soude pour les digestions difficiles ; des poudres de bismuth pour les diarrhées; de l'ammoniaque pour les piqûres d'insectes; du perchlorure de fer pour les hémorragies intenses; de la teinture d'iode pour les entorses; de l'acide citrique pour se faire des boissons rafraîchissantes. Pour les pansements, on prendra de l'ouate phéniquée hydrophile (absorbant l'eau) et quelques bandages au sublimé. Se munir en outre d'une boite.de farine de moutarde, d'un petit thermomètre, d'une seringue en verre et d'épingles de diverses grandeurs.

Boissons et vivres. — Des liqueurs fines ; de Tabsinthe Pernod ou du basselt, pour couper Feau. Se faire envoyer du bordeaux, et, si possible, du Champagne.

Emporter quelques bottes de vivres fins, tels que pâtés de foie gras, de volaille, etc. Beaucoup de thé et de café, les boissons par excellence. Il est indispensable de prendre des condiments, pour relever la saveur des aliments : curry, oignons séchés, pickles. Ne pas oublier du sucre. Tout ceci au cas où l'on va en expédition.

ARMES ET MUNITIONS. — L'État foumit un bon revolver. Si Ion n*apas l'intention de chasser, que Ion achète néanmoins un bon fusil de chasse, car le goût de la chasse vient vite, et alors Ton se procure à n'importe quel prix un fusil, fût-il mauvais.

Le fusil le plus recommandable est le 12, à canon choc.

On se fera une provision de munitions composée de la fagon suivante :

400 cartouches, dont SOO toutes faites, et 200 tubes avec le matériel nécessaire pour les confectionner; 4 kilogr. de poudre : la poudre belge mélangée à de la poudre de chasse anglaise est préférable à toute autre.

Voici la distribution qu'il faudra faire de la poudre et du petit plomb :

Plomb de 8 : 1/2 kil. de plomb et 40 cartouches faites, pour petits oiseaux.

Id. 6 : 1/4 id. 20 id. pigeons et animaux de

cette grandeur.

Id. 3:1 id. 80 id. pélicans, id.

Id. 00:1/4 id. 20 id. aigles, vautours, id*

Id.28baiIt««:l/2 id. 40 id. antilopes, id.

Total : 2 1/2 kil. de plomb et 200 cartouches faites.

Se munir en outre d'un demi-kilog. de balles pour le gros gibier tel que : buffles, hippopotames, éléphants, etc.

Charges. — L'État alloue 42 porteurs par officier, et en général 40 porteurs par voyageur. Les charges sont de 65 livres anglaises, environ S9 1/â kilog. Il est donc facile de calculer le poids de l'équipement à emporter, de fagon à ne pas dépasser le poids du transport auquel on a droit.

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