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CHAPITRE II Kègles dliygiène générale

Nous avons puisé dans les ouvrages qui ont trait à FÂfrique et recueilli, dans nos nombreuses conversations avec des explorateurs, quelques règles d'hygiène que nous avons classées et qui, pour TEuropéen qui les suivra à la lettre, seront presque un garant de santé et lui permettront de supporter facilement le climat africain et des fatigues considérables.

1** Avoir soin, avant d'arriver au Congo, de se faire couper les cheveux, le plus court possible, sinon complètement; exécuter la même opération tous les quinze jours. Faire, sous ce rapport, abstraction de toute coquetterie.

S"" Réagir fortement contre l'impression d'accablement que ne peuvent manquer de provoquer les premières fortes chaleurs auxquelles on n est pas habitué.

3"" Si Ton est parti d'Europe avec une idée fausse sur l'Afrique et sur l'existence qui vous y attend, et que l'on y ressente de premières désillusions, se raidir contre le découragement.

4^ Se lever de bonne heure : cinq ou six heures conviennent fort bien. Déjeuner immédiatement et le plus substantiellement possible : c'est l'un des plus importants repas de la journée.

5"^ Prendre un petit repos après le déjeuner, et en général, après chaque repas. Rien n'est plus nuisible que de se mettre au travail, soit matériellement, soit intellectuellement, aussitôt après avoir mangé. Après le diner, une sieste d'une heure ne peut être que favorable, à condition de ne pas se coucher et de la commencer immédiatement après le repas.

6^ S'abstenir, pendant le jour, de tout liquide excitant ou eni* vrant, surtout des liqueurs européennes ; boire le moins possible du vin ou de la bière indigènes et du vin de Rordeaux. Le thé et le café sont les boissons rafraîchissantes par excellence. S'il arrive que Ton a bu plus que de raison, éviter avec soin le soleil et sur-

tout la transition brusque du soleil à l'ombre : de cette imprudence résultent le plus souvent des fièvres bilieuses ou rhumatismales. Le soir, Ton peut absorber des spiritueux, mais d*une fagon raisonnable : pris en quantité minime, ils soutiennent l'organisme; pris d*une façon inconsidérée, ils sont mortels. Les malades doivent s'en abstenir complètement.

V Combattre son penchant pour la nourriture animale; habituer peu à peu l'estomac aux privations, ou à la pauvreté en fait de variété d'aliments.

S"" Porter, sur la peau, des gilets de flanelle fine, dont il faut changer très souvent; sur le ventre, une, deux, même trois ceintures de flanelle.

9^ Se protéger, en tous temps, la tête et la nuque contre les rayons du soleil; porter toujours, au soleil, un casque en liège, du modèle de l'infanterie de marine française (voir la nomenclature de Téquipemenl). Une légère casquette à ventilateur lorsqu'il fait un temps brumeux.

iO^ N'employer que des vêlements très amples, si possible de flanelle fine et légère. Se couvrir dès que la température se refroidit.

Il"* Se méflcr de l'eau à boire! Si l'on a un filtre, s'en servir toujours. Sinon, faire bouillir l'eau au préalable.

13'' Combattre la sensualité : celle-ci a été la cause d'un grand nombre d'accidents mortels.

43^ Eviter toute émotion agissant directement sur le cœur : ne jamais se mettre en colère ; combattre l'ennui ; pour ce, le meilleur moyen est le travail. Ne jamais se laisser aller au chagrin, au spleen ou au découragement : c'est un suicide à peu près certain.

14'' Maintenir le corps dans le plus grand état de propreté. Soigner particulièrement les pieds. Prendre tous les jours avant le repas du soir un bain d'eau froide ou d'eau tiède; le bain d'eau froide est le meilleur ; se frictionner vigoureusement après le bain. S'adonner le plus souvent qu'on le pourra, mais avec une extrême prudence, aux exercices de natation.

ib"" Se coucher vers dix heures ; plus tôt si l'on veut, mais jamais plus tard. Se couvrir en observant que les nuits sont généralement plus froides que les journées.

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