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est une énorme plaine basse largement ouverte aux effluves océaniques. L'Insulinde est plongée dans les flots d'une mer chaude. Le bassin congolien au contraire est une grande plaine continentale déjà élevée — 300 à 500 mètres
— totalement fermée du côté de l'est à l'influence de l'Océan des Indes par le haut socle tabulaire des grands lacs et dégagée en grande partie à l'occident de l'action atlantique par la disposition en barrières des alignements montueux de l'ouest.
Par sa situation au milieu d'un continent très massif et élevé, par l'étendue considérable de domaines très ramassés
— 2,350,000 kilomètres carrés, I/13 de l'Afrique, 80 fois la Belgique — le bassin congolien constitue un milieu équatorial original, différent de celui de l'Insulinde ou de l'Amazonie.
IL Le Sol. — Le relief.— Toute l'Afrique équatoriale de l'Océan Indien à l'Océan Atlantique, présente bien le type du relief tabulaire africain : à l'est, haut plateau évidé; à l'ouest, vaste plaine concave située à une altitude de 300 à 500 mètres et s'élevant graduellement dans toutes les directions. Ce vaste bassin intérieur, drainé par un des plus riches réseaux hydrographiques du monde, ne présente qu'une ouverture vers la mer, un goulot que se sont creusé et au travers
lequel se ruent les eaux de toutes les rivières rassemblées en le formidable collecteur central qu'est le fleuve Congo. Dans la zone côtière, ce courant s'assagit et se déverse à l'Océan en un imposant estuaire bordé au nord et au sud par une petite plaine maritime.
Ainsi nous voyons bien la disposition du bassin du Congo et du plateau oriental de l'Afrique allemande, séparés l'un de l'autre par une zone très tourmentée, marquée de crevasses et d'enfoncements du sol suivant l'alignement des grands lacs Tanganika, Kivou, Albert, Albert-Edouard.
Remontant le Congo et ses affluents, nous parcourons une série de terrasses étagées, séparées les unes des autres par des pentes plus raides ou des rebords abrupts, sur lesquels les eaux se précipitent en rapides ou sautent en chutes.
Point de grandes et longues chaînes de montagnes. Les Plateaux montagneux de l'ouest et les Mitoumba, à l'est et au sud-est sont de puissantes surélévations parcourues par des chaînons plus ou moins courts, de direction souvent parallèles. Ces deux régimes montagneux aident à reconnaître trois parties principales dans le bassin congolien :
i° La région atlantique, peu large (maximum 300 kilomètres), plaine côtière sur laquelle s'évase le lit du fleuve engorgé à la traversée du haut relief occidental ;
2° La région du milieu, en amont du confluent Congo-Kasaï, encadrée par les plateaux montagneux de l'ouest, le plateau de Lounda, les Mitoumba, la ceinture des grands lacs et son double ourlet montagneux, enfin les hauteurs tabulaires du nord qui s'abaissent en un seuil de moins de 500 mètres d'altitude et mettent en communication aisée les bassins du Tchad et du Congo. Cette région du milieu est elle-même répartie en deux principales terrasses dont le rebord de séparation est franchi en rapides et en chutes par le Congo et tous ses affluents. Ce rebord s'étend du Kwango, au sud-ouest, à POuellé, au nord-est, sur la zone parcourue par les sinuo-
sites de la courbe de niveau de 500 mètres. Ces zones de rapides délimitent nettement les cours supérieurs des rivières congoliennes de leurs cours moyen ou inférieur. De ces deux
La disposition du relief congolien
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terrasses centrales, l'une est la grande plaine plate ou très peu ondulée, occupée jadis par un grand épanchement lacustre et caractérisé aujourd'hui par le plus grand développement fluvial. Quant à la plus élevée des deux terrasses, elle est affectée d'un relief plus accusé et plus varié, c'est V arrière
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plateau congolien coupé transversalement par les coulières agitées des innombrables attluents du Congo;
3° La haute région du Katanga et du Tanganika, dominant de 500 à 750 mètres l'arrière plateau congolien. Elle-
Fig. 15. — Le pays des volcans au nord du lac Kivou. — Huit principaux cônes volcaniques dont six dépassent 3,500 m. (maximum : Karisimbi 4,500 m.) Ce groupe est en activité. En mai 1904, éruption observée du Kirounga Tchaniragongo (3.400 m.) qui, sur cette photographie, émet encore d'abondantes vapeurs.
(Photographie communiquée par le Ministère des Colonies.)
même est un vaste plateau montueux d'altitude moyenne supérieure à 1,500 mètres, balafré de fractures, sillonné de vallées et de graben (1) et se dissociant en un grand nombre de terrasses étagées: du Nzilo, du Moéro, du Bangwélo, du Tanganika, du Kivou. Cette dernière est la plus élevée du bassin entier; elle est limitée au nord par le puissant massif
(1) Fossé allongé provoqué par un affaissement entre deux fractures parallèles.
volcanique des Virounga qui barre et domine le fossé des grands lacs (i).
Un second groupe volcanique, d'altitude encore supérieure à celle du premier, le Rouvenzori, émerge du fond du graben au nord du lac Albert-Edouard. Plusieurs de ses sommets dépassent 5,000 mètres.
La structure et la nature du sol. — La nature du
sol du pays congolien correspond bien à son aspect orographique. Il semble que la grande dépression centrale entourée d'un cadre montagneux et tabulaire existait déjà à l'époque très ancienne dite ère primaire et que peu à peu, pendant toute la durée des temps géologiques, se sont successivement déposés dans cette plaine concave des grès et des schistes rouges, puis des grès blancs friables. Toutes ces couches ont disparu sous un manteau de terres meubles, provenant de l'altération chimique et de la désagrégation mécanique des roches. Tantôt, ces débris sont restés en place, tantôt, ils ont été remaniés par les eaux et déposés ailleurs sous forme d'alluvions.
Ces formations détritiques sont très importantes au Congo, particulièrement sur les plateaux et les plaines. La nature du sous-sol influe sur leur composition : tantôt elles sont argileuses comme dans certaines parties du Katanga à sous-sol schisteux. Tantôt elles sont sableuses comme dans la grande région du milieu dont le sous-sol est de grès blanc friable. Quant aux alluvions, elles sont aussi argileuses ou sablonneuses, suivant qu'elles se sont déposées dans les eaux calmes ou agitées.
La terre congolienne se présente souvent sous une couleur brun-rougeâtre qui frappe tous les voyageurs. Cette couleur provient de l'oxydation énergique des matières ferrugineuses
(1) Voir plus loin sous la rubrique « Les rivières » des photographies se rapportant aussi au relief.
du sol sous l'influence des copieuses pluies congoliennes chargées de divers principes chimiques. Ces matières sont transformées en limonite qui colore les terres en jaune, roux ou rouge-brique suivant la proportion. Les dépôts détritiques