LE SYSTÈME MONTAGNEUX MÉRIDIONAL
La ligne de faîte Congo-Zambèze, qui forme la frontière sud du Congo sur plus de 8"* de longitude, présente généralement l'aspect d'une plaine sablonneuse d'une élévation moyenne de 1.400 a i.Soo mètres descendant vers les deux bassins en
larges glacis coupés de nombreux ruisseaux. On n'y remarque que quelques sommets comme le pic Musofi (1640) près des sources du Lualaba et le pic Ditemba (i635) à l'ouest du premier.
La partie orientale de la ligne de faîte présente des reliefs plus accusés : les monts Itaba, Irumu (1700) et Muchinga (i85o) au sud et au sud-est du lac Bangwelo.
Les massifs du Katanga. — Un certain nombre d'affaissements ont modelé la région élevée qu'embrasse le triangle : ligne de partage Congo-Zambèze, monts Mitumba, lac Tanganika. C'est d'abord le Graben du haut Lualaba qui la limite vers le nord-ouest, le Graben du Luapula qui le borne vers l'est et la dépression de la Lufira qui la creuse au centre.
Ces trois dépressions, qui se sont formées suivant des lignes de fracture bien marquées, ont déterminé les massifs que nous allons examiner.
Le système du Graben du haut Lualaba est formé par deux chaînes parallèles : les monts Hakansson (iioo) et les monts Bia (ii3o), chaînes granitiques enserrant à Test et à l'ouest la vallée du Lualaba depuis les chutes de Kalengwe jusqu'au lac Kabamba.
Les monts Hakansson se prolongent le long du Lualaba par des collines peu élevées.
Les monts Bia, collines accidentées qui dans la partie méridionale s'élèvent en pentes rapides vers le plateau de la Manika, sont prolongés vers le
nord par des collines qui s'écartent du Lualaba à hauteur du lac Kabamba et s'infléchissent vers Test pour couper le Luapula à hauteur de Kalombo.
Dans la dépression elle-même on voit pointer un certain nombre de hauteurs de peu d'importance, telles que les petites chaînes de la région des lagunes voisines du lac Kabue, et celles que Ton remarque dans l'entre Lualaba et Luapula.
Les monts Bia, que nous venons de citer, constituent le versant occidental des Mitumba, vaste relief montagneux s'étendant sous divers noms jusqu'aux abords du Tanganika.
On y distingue d'abord le plissement des monts Kijika Luelo formé par une ligne de collines schisteuses, à travers lesquelles se sont épanchées quelques roches éruptives ; il se détache des hauts plateaux du sud du Katanga en présentant des altitudes de i.5oo à 1.600 mètres et coupe le Lualaba, qui s'y creuse une gorge profonde où se rencontrent des chutes dont les plus connues sont celles de Zilo au sud-est de Kazembe et où il tombe de 3oo mètres de hauteur et presque à pic dans la vallée ; plus au nord l'aride plateau de la Manika (1.400 m.) ou deBiano formé de couches de grès rouges et continué vers l'est jusqu'à la Lufira par les monts Muta qui offrent des pics élevés et enfin par les monts Kibara qui s'étendent de la Lufira au Luapula, formant une série de hauts plateaux sauvages et déserts de i.ooo à
Lei masslte du Kmtangm.
i.8oo mètres, séparés par des gorges profondes et sillonnés de nombreux ravins.
Les monts Mitumba, à l'endroit où ils portent le nom de monts Manika, tombent en pentes raides et parfois même en falaises dans la dépression de la Lufira.
Celle-ci est bordée vers le sud par les monts Koni qui dévalent également vers elle en pentes rapides et par les monts Nikale d'où on arrive sans accident marqué aux plateaux de la ligne de faîte.
Vers Test, la dépression de la Lufira est limitée par les terrasses du Kundelungu, formées de couches horizontales de grès rouges séparant le Luapula de la Lufira. Celles-ci commencent à se dessiner nettement à une cinquantaine de kilomètres au sud de Lukafu et se dirigent vers le nord-est en formant un large plateau (i.5oo à 1.700 mètres) qui rejoint les monts Mitumba.
Tandis qu'à l'ouest la chaîne des Kundelungu tombe en falaises creusées d'étroits et profonds canons dans les plaines de la Lufira, vers l'est elle dévale en pentes moins rapides dans le Graben du haut Luapula.
Le plateau de Lunda. — A l'ouest du massif montagneux du Katanga, la ligne de faite Congo- Zambèze descend vers le nord en ondulations insensibles, formant l'immense plateau de Lunda. Cette vaste plaine, aux horizons infinis, fait un contraste frappant avec la région que nous venons
de décrire. Broussailleuse vers l'ouest, parsemée de petits lacs dans sa partie orientale, où elle prend le nom de plateau de Samba, elle s'étend entre le Kuleshi et le Haut-Kasai et donne source à un grand nombre d'affluents du Kuleshi, du Lomami et du Kasai, coulant pour la plupart dans des vallées d'érosion parallèles et orientées sudnord.
Ces vallées, à peine visibles d'abord, se dessinent peu à peu, puis s'accentuent, se creusent de plus en plus en avançant vers le nord pour découper finalement le plateau en un certain nombre de reliefs, souvent tabulaires, d'une altitude d'environ i.ooo mètres. Ce plateau est soutenu vers le Graben du Lualaba par les monts Hakansson déjà cités; il se continue au delà du Kasai en se tourmentant avant de rejoindre les monts de Cristal.
Au nord du système montagneux méridional s'étend, à une altitude de 700 à 800 mètres, une contrée couverte de collines généralement arasées, ou de nombreuses élévations placées côte à côte, entre lesquelles les affluents du Congo coulent encaissés. Quelques petites chaînes de collines granitiques la rident près du Lualaba.
Par suite de l'absence de certaines couches du sous-sol, ce pays coUinaire tombe brusquement dans la région centrale d'une hauteur de 180 à 200 mètres, à hauteur de la rivière Kashimbi (chute Wolff).
Sur le rebord supérieur de la faille se dessinent
les monts Wissmann entre le Lubefu et la Lurimbi (affluent du Lomami).
Plus à Test, le Lualaba traverse une chaîne qui présente aux abords du fleuve deux sommets remarquables : le mont Cleveland (i.ooo m.) et le mont Dhanis (1.070 m.).