‹ Le Congo;Chapitre 109 sur 126 · DE LA TRANSCRIPTION DES NOMS INDIGÈNES · texte numérisé non relu

DE LA TRANSCRIPTION DES NOMS INDIGÈNES

Nous avons adopté les règles admises par l'Etat indépendant ; celles-ci figurent au Recueil administratif. Elles ont été proposées par M. Droogmans, secrétaire général du département des finances, et adoptées dans les trois départements.

Le son véritable de chaque nom, tel qu'il est prononcé par les indigènes, sera pris comme base de l'orthographe.

Etant donné que la représentation phonétique parfaite de chaque son ne peut être obtenue au moyen de notre alphabet et des signes orthographiques, on s'appliquera à indiquer, le plus exactement possible, la prononciation locale, avec les caractères ci-apr^ :

1° Les voyelles a, e, », o et les consonnes i, d,f,j, *, /, m, ^f ti ^t ^ ^9 * se prononcent comme en français;

a^ Les voyelles a et o auront toujours le son bref, comme dans cas et coke. Exemples : Palabala, Lukolela.

L'allongement d*ime voyelle sera indiqué par un accent circonflexe. Exemples : Kitâmo, MalUa;

3^ C et q disparaîtront, comme faisant double emploi, et seront remplacés par un A;

4° E (sans accent) aura toujours le son de IV fermé en français. On l'emploiera également pour représenter le son ai^ tel qu'il se prononce dans le mot gai. On écrira donc Bakange, Mokoange et non Bakanghé, Mokoangai ;

5^ G aura toujours le son dur, comme dans gare, quelle que soit la voyelle qui suit immédiatement. On écrira Isangila, Giri, Agenge, Kenge, et l'on prononcera comme si l'on écrivait Issanguila, Ghiri, Aguengue, Kenghé;

6° H ne sera employé que dans l'articulation sh;

7° / semi-voyelle sera représenté par un y comme dans yard. Exemples : Yambuya, Yalundi, Yakoya. Les sons ya, ye, etc., ne seront jamais représentés par ja, je, etc. On écrira donc Bayanda, Bayeye, Bapeye, et non Bajanda, Bajeje, Bapeje. On ne terminera jamais un mot par y; la voyelle f sera la seule employée dans ce cas. Exemples : Noki, Dri ;

8° y sera employé uniquement pour représenter le son qu'il a dans le mot jour. Exemples : Bunji;

9° O (avec un accent circonflexe) servira à représenter le son au tel qu'il se prononce dans aube. On écrira : Jôrembe, Bôra, et non Jaurembe, Baura;

lo^ S aura toujours le son sifflant du ç, comme sinistre. On écrira : Isangi, Kasongo, Yakusu, et l'on prononcera comme si Ton écrivait : Issangui, Kassongo, Jakussu ;

11° U représentera toujours le son ou français. Exemples : Rubi, Ubangi, Uele;

12° W demi-voyelle se prononcera comme dans le mot anglais William. On aura soin de ne pas confondre les Wa, we, wi, etc., avec ua, ue, ui. En écrivant wa, we, wi, l'accent tombe entièrement sur les voyelles a, e, i, tandis qu'en écrivant ua, ue, ui on représente deux sons distincts dans chacune de ces diphtongues et d'égale importance au point de vue de l'émission (ua prononcez ou-a, ue prononcez ou-e, ui prononcez ou-i). Exemples : Niangwe, Kwilu, Muala, Duela, Duizi;

i3^ X ne sera jamais employé;

14° L'articulation représentée en français par ch s'écrira sh. Exemples : Shonzo, Tshuapa, prononcez comme si Ton écrivait : Chonzo, Tchuapa ;

i5° Les sons doubles seront figurés par les lettres représen-

tant les sons qui les composent. Exemple : Tshumbiri;

i6° Deux voyelles juxtaposées se prononceront séparément. Ainsi ai se prononcera a-i comme dans le mot maïs ; ao se prononcera a-o comme dans cacao; au se prononcera a-u (u, ayant le son ou) comme dans la première syllabe de caoutchouc; et se prononcera e-i, comme dans les mots déifier, velléité. On écrira donc Rafai et Kasai et non RafaI et Kasaï;

17° Ph ne sera jamais employé;

18° Toutes les lettres se prononceront;

19° Les voyelles ne seront doublées que lorsqu'il y aura deux sons distincts à représenter. Exemples : Zuulu se prononcera Zou-ou-lou ; Oosima se prononcera 0-o-si-ma ;

20^ Les consonnes ne seront jamais doubles. Exemples : Mangbetu, Bangaso, Kasai, Kobo;

21*^ Les lettres M et N que font sonner souvent les indigènes devant des noms commençant par des consonnes seront négligées. On écrira, par conséquent, Zobe au lieu de N*Zobe, Doruma au lieu de N'Doruma, etc.;

22^ L'emploi des accents et du tréma sera absolument banni, sauf en ce qui concerne l'accent circonflexe dans les cas indiqués au 2^ et au 9° ;

23® A titre exceptionnel on conservera l'orthographe de certains noms, lorsqu'elle a été consacrée déjà par un long usage. Tel : Congo ;

24® On n'ajoutera jamais d's au nom de peuplades comme marque de pluriel. On écrira donc : les Mombutu, les Bangala, les Gombe (i).

En ce qui concerne les colonies voisines, nous avons respecté l'orthographe généralement admise dans chacune d'elles.

CARTOGRAPHIE

Le Congo est un pays neuf. Il y a trente-cinq ans sa carte était presque blanche; il y en a trente, c'était une simple courbe de Banana à Nyangv^re ; aujourd'hui c'est un fouillis

(i) Cette règle est logique : la plupart des Doms des tribus ont déjà, en eâet, leur pluriel dans le mot lui-même : le préfixe ba, par exemple, met au pluriel les noms « bantu ». Certains noms de peuplades ont même plusieurs pluriels : Ababua est du nombre; a est le pluriel azande et ba le pluriel bantu.

de rivières et de lacs, de villages et de tribus, découverts avec une rapidité prodigieuse.

Divers géographes ont dressé des cartes du Congo relativement complètes et exactes; celles de M. Wauters et de M. Dufief sont à citer.

Mais construites sur quelques rares positions seulement, auxquelles il a fallu ramener tous les itinéraires, souvent sommairement établis, des explorateurs, elles présentent de notables erreurs.

Le service géographique du gouvernement s'occupe activement d'établir une carte définitive.

Les travaux du regretté commandant Delporte ont posé les premiers jalons de cette œuvre considérable. Elle a été reprise par les commandants Lemaire, Cabra et Bastien, qui ont multiplié les observations astronomiques, particulièrement dans les régions frontières. Ces travaux se poursuivent.

Dès maintenant le service de la carte publie des cartes provisoires d'une remarquable exactitude.

Nous nous sommes servis pour nos cartes hors texte de la dernière édition parue (1907).

Les cartes hors texte ont été gravées par la maison Ehrard, de Paris.

Les cartes dans le texte sont exécutées par la maison J. Malvaux. Les dessins préliminaires sont dus à l'obligeante collaboration de M. l'ingénieur F. Friedrichs.

Page 1