L'ÉTAT INDÉPENDANT DU CONGO
Le travail d'exploration se continue sans relâche.
L'année i885 est marquée par les explorations de l'Anglais Greniell dans Vlkelemba, la Mongala, le RiM, le Lomami et le bas Ubangi. Ce missionnaire remonte ensuite, en compagnie du lieutenant allemand von François, la Tshuapa et la Lulonga, pendant que Kund et Tappenbeck partent de
Léopoldville, traversent la région située entre le Kwango et le Kasai, franchissent celui-ci et pénètrent jusqu'à la Lukenie.
Vers la même époque, Capello et Ivens parcouraient le Katanga et poussaient jusqu'à Bunkeia.
Pendant Tannée 1886, la commission de délimitation des frontières franco-congolaises opère dans le Haut-Congo; le docteur Wolf explore le Sankuru et le Lubefu; le lieutenant Gleerup remonte le Lualaba et traverse le Manyema; le capitaine Van Gèle remonte une partie de VUbangi; le lieutenant Baert explore la Mongala; Hakansson et le professeur von Schwerin reconnaissent une partie de VInkisi; von Wissmann et Paul Le Marinel partent de Luluabourg pour Nyangwe ; enfin Grenfell et Mense remontent le bas Kwango et cherchent à relier leur itinéraire à ceux de Wolf et de von Mechow.
Au point de vue politique et économique, signalons la translation de la capitale de Vivi à Borna, un premier contact sanglant avec les Arabes (Stanley-Falls) et la fondation, en Belgique, d'une première société commerciale au Congo, d'un syndicat pour la construction du chemin de fer des cataractes et d'une ligne belge de navigation entre Anvers et le Congo.
En 1887, nous voyons Van Gèle explorer le Lopori et le Rubi, von Schwerin longer la côte de l'État et l'expédition Stanley au secours d'Emin Pacha remonter le Congo et VAruwimi, inconnu encore en amont de Yambuya.
C'est cette même année que Dupont, directeur du Musée royal d'histoire naturelle de Bruxelles, accomplit une mission scientifique jusque Kwamouth, que le commandant Jungers lève la carte du bas Congo et que Van Gèle, après avoir franchi la passe de Zongo, est arrêté dans son exploration de rUbangi par un accident de steamer.
L'année 1887 voit encore s'accomplir les reconnaissances du capitaine Cambier, qui étudie la région des Cataractes où se construira plus tard le chemin de fer et du capitaine Thys qui pousse jusqu'à Bangala sur le fleuve et à Luebo sur la Lulua après s'être livré à une étude sérieuse du Bas-Congo.
A cette époque, dix ans se sont écoulés depuis le moment où Stanley descendait pour la première fois le grand fleuve, et ces dix années ont sufii pour explorer sommairement le réseau navigable de l'immense Congo central et pour créer un État colonial plein d'avenir.
Mais on ne s'arrête pas là : chaque année marque un nouveau progrès et la croisade antiesclavagiste du cardinal Lavigerie vient encore donner un nouvel essor aux expéditions africaines.
En 1888 Van Gèle, accompagné des lieutenants Georges Le Marinel et Hanolet, franchit à nouveau les rapides de Zongo et résoud définitivement la question de la connexion de VUbangi et de VUele, vérifiant ainsi l'hypothèse de M. Wauters; A. Delcommune commence son exploration du fleuve.
Pendant les années 1889 et 1890 Stanley rejoint Emin-Pacha sur le lac Albert; le levé du chemin de fer des Cataractes est mené à bonne fin; Vahdevelde explore le sud du Stanley-Pool ; Delcommune remonte les principaux affluents de gauche du Congo : le Lomamx jusqu'à Bena Kamba, VAruwinti^ la Lulonga, le Ruki, le lac Tumba, le Kwango et la Djuma. Bodson navigue sur la Tshopo; le capitaine Roget explore le bassin de VU aie; aux confins de rÉtat, Stanley, prenant le chemin du retour, découvre la chaîne du Ruenzori et le lac Albert- Edouard; Dhanis explore le Kwango et la Wamba ; Hodister remonte la Mongala et ses affluents, et Sharpe et Thomson explorent les environs des lacs Bangwelo et Moero.
C'est vers cette époque également que le savant M. Dupont fait paraître ses remarquables « Lettres sur le Congo » et que la mission scientifique du capitaine Delporte jette les premières bases de la carte définitive de l'État.
Chargé par le gouvernement belge de procéder en Afrique à des observations astronomiques et magnétiques, cet officier s'embarque à Anvers le 3 juillet 1890, accompagné du capitaine Gillis, qui devait plus tard faire paraître le compte rendu des travaux de la mission.
Malheureusement la maladie ne tarde pas à terrasser le chef de cette dernière, et le 26 mai 1891 le capitaine Delporte expire à la Pozo, près de Matadi.
Détermination du méridien d'Ango-Ango et du
parallèle de Noki ; fixation définitive de la latitude et de la longitude de 35 points entre Banana et les Stanley-Falls, tels sont les résultats des travaux remarquables de cette mission.
De 1889 à 1891 Junker publie la relation de ses voyages dans la région de VUele.
A partir de 189 1 les explorateurs tendent à sortir de la région centrale qui avait absorbé jusqu'alors la majeure partie de leurs efforts pour se diriger vers la périphérie des territoires congolais.
Cette tâche est menée à bien presque exclusivement par des Belges.
Dans le courant de cette année, rexpédition Van Kerckhoven, une des plus mémorables qu'ait vues l'État depuis sa fondation, opérait sur VU de et, au milieu des plus grandes difficultés, arrivait à occuper les riches territoires azande et atteignait le Nil où des postes étaient fondés.
Nilis et de la KethuUe, partant de Rafai sur le Bomu, pénétraient dans le Dar-Banda, le Dar- Fertit et arrivaient, en 1893, à Katuaka, sur VAda, affluent du Bahr-el-Arab,
Enfin une deuxième expédition, celle conduite par Hanolet, se dirigeait vers le nord-ouest par la vallée du Bali et du haut Koto, pénétrait dans le bassin du Shari et fondait un camp à Belle (1894).
En trois ans les régions situées au nord de la boucle du Congo sont reconnues et occupées bien au delà des frontières actuelles.
Ces expéditions eurent pour résultat l'exploration d'une région peu connue dont Schweinfurth
et Junker n'avaient décrit que les aspects généraux.
Dès 1890 l'exploration méthodique du Katanga et de VU ma était organisée de façon à obtenir des résultats scientifiques importants.
Paul Le Marinel, parti de Lusambo le 23 décembre 1890, parvenait à Bunkeia, résidence de Msiri, le grand chef du Katanga, le 16 avril 1891, et fondait le mois suivant un poste à Lofoi, à proximité de celle-ci. Dès le mois d'août il était rentré à Lusambo.
A ce moment deux expéditions quittaient l'une le Lomami, l'autre la Belgique, et deux mois plus tard la troisième partait de Zanzibar. Ces trois expéditions convergentes avaient pour objectif Bunkeia.
La première, conduite par Delcommune, partait de Gandu (mai 1891), passait près du lac Kisale, atteignait Bunkeia (octobre 1891), pénétrait dans l'extrême sud, puis, descendant le Lualaba jusqu'aux chutes de Zilo, se rendait de là au Tanganika et rentrait à Lusambo (janvier 1893) après avoir suivi la Lukuga et découvert le confluent du Luapula-Lualaba.
La seconde, sous les ordres de Bia et de Francqui, auxquels était adjoint le savant géologue Cornet, quittait Lusambo le 11 novembre 1891 et arrivait à Bunkeia (janvier 1892), d'où elle rayonnait pendant de longs mois dans tout le pays, poussait jusqu'au Bangwelo et au Moero, franchissait les gorges de Zilo qui avaient arrêté
Delcommune, remontait une partie du Lubudi et rejoignait enfin Lusambo trois jours après l'arrivée dans ce poste de l'expédition Delcommune. Elle rapportait en Europe d'importantes observations qui la classent parmi les premières au point de vue des résultats scientifiques.
Quant à Stairs, qui conduisait la troisième expé* dition venue de Zanzibar, il partait de Pala (lac Tanganika) en octobre 1891 et arrivait deux mois après à Bunkeia où il renversait Msiri et ramenait ses hommes par le Moero, le Tanganika, le Nyasa et la vallée du Zambèze. Il mourait à la côte en juin 1892.
Reconnaissance du fleuve supérieur, de la région des lagunes et des lacs, du Lofoi, de la Lufira, du Lualaba, du Lubudi, solution du problème de la Lukuga, études géologiques de Cornet, tel est le bilan scientifique de ces quatre expéditions.
Pendant cette même période (1891-1894) d'autres explorateurs précisèrent en différentes régions de l'État nos connaissances géographiques : dans la région des lacs Emin et Stuhlmann (1891), puis Lugard (1892), arrivés de la côte orientale, traversaient le pays environnant le lac Albert-Edouard, dont ils achevaient de fixer les contours; de 1891 à 1893 Baumann se rendait dans la région des sources du Nil; un peu plus tard (1893-1894) le lieutenant Von Gotzen explorait le lac Kivu et les monts Virunga; dans le sud-ouest de l'État, Lehrmann (1892) et la commission de délimitation de la frontière Congo portugaise, Grenfell et
Gorin (1893) rapportaient des itinéraires nouveaux.
La campagne conduite victorieusement par Dhanis contre les Arabes pendant les années 1893 et 1894 et les explorations de Jacques, Descamps et Long dans les environs du lac Tanganika avaient comme résultat la reconnaissance de toute la région située entre celui-ci et le coude du Sankuru.
Après cette même campagne, Lothaire explorait la région située au sud de TAruwimi et atteignait le premier la Semliki par l'ouest.
En 1895 le lieutenant Lange reconnaît la Ruzizi et Weatherley étudie les lacs Moero et Bangwelo.
En 1896 le lieutenant Brasseur continue l'exploration de YUrua, achève l'étude de la région des lagunes et remonte la vallée du Luapula jusqu'au lac Moero.
En 1897 Versepuy, dans sa traversée de l'Afrique de l'est à l'ouest, descend l'Aruwimi.
Cette même année est marquée par la révolte de l'avant-garde de Dhanis, qui marche sur le Nil; malgré les difficultés sans nombre que cet événement allait susciter pendant plusieurs années à l'État, l'œuvre d'exploration ne fut jamais complètement arrêtée, et nous voyons des officiers dirigeant des expéditions militaires trouver le moyen de lever des itinéraires à travers des régions inconnues : c'est ainsi notamment que le lieutenant Glorie reconnaît le cours moyen de VElila et le cours supérieur de VUlindi (1899).
Tous ces longs et rudes travaux avaient amené
roccupation effective de l'État du Congo : il restait à compléter l'œuvre par une étude plus détaillée
i de son territoire. C'est à cette tâche que s'em-
ployèrent les officiers et agents de l'État pendant
^ les années suivantes : indépendamment des itiné-
raires qui se multiplient à l'infini autour des postes
r de l'État, itinéraires trop nombreux pour pouvoir
être cités, des explorations remarquables viennent encore augmenter le nombre des points levés
• d'une façon rigoureuse et permettre l'établisse- . ment de cartes plus complètes et plus exactes.
L'année 1899 est signalée surtout par le départ
de la mission scientifique du Katanga conduite par
le commandant Lemaire et dont les résultats sont
réunis en seize mémoires qu'accompagne une carte
j en deux feuilles à l'échelle du millionième de
l'itinéraire parcouru du 24 mars au 3 juillet igoo.
^ Partant de Stanle3rville , cet itinéraire suit le
^ fleuve jusqu'à Kasongo, puis se dirige vers le lac
Tanganika qu'il touche à Toa, longe le lac jusqu'à
Pala pour rejoindre le lac Moero qu'il quitte dans
r la direction de l'ouest pour recouper la Lufira, le
^ Lualaba, le Lubudi et atteindre le Kasai; il rejoint
* ensuite le lac Dilolo et longe, en la recoupant un grand nombre de fois, la ligne de faîte Congo-
f Zatnbèze.
\ Au cours de ce voyage, d'intéressants problèmes
[ furent résolus, notamment la question des sources du Congo, et le commandant Lemaire détermina
I la latitude et la longitude de 299 points et l'alti-
[ tude de 181 points.
C'est en 1899 également que l'ingénieur Adam fait la reconnaissance de la vallée de TArawimi et lève une partie du tracé d'un chemin de fer de 1,120 kilomètres entre Stanleyville et le lac Albert. Une sérieuse contribution à la science géographique fut apportée par le commandant Cabra pendant son séjour au Mayumbe et lors de la délimitation des frontières séparant le territoire de l'État de l'enclave de Cabinda : 3i points furent déterminés astronomiquement au cours de cette dernière opération, dont 6 en dehors des frontières et 25 sur la frontière même. La position de ces derniers est marquée par des bornes ou piliers géodésiques ou des pyramides en pierre.
Parmi les explorations intéressantes de l'année 1900 citons celle de Moore au Tanganika : elle avait pour but l'étude biologique de ce lac, la reconnaissance de ses environs au point de vue géologique et l'exploration des régions situées au nord du lac : Ruzizi, Virunga, Kivu, Albert-Édcmard et Albert. Moore, on le sait, repousse avec Cornet la théorie du Relikten See pour le Tanganika ; son cartographe, Malcoln Fergusson, eut l'occasion de rectifier la frontière de ce lac en reportant sa partie septentrionale plus à l'ouest qu'elle n'était généralement indiquée sur la carte.
Dans le courant de la même année, le capitaine Hermann, membre de l'expédition Congo-allemande chargée de délimiter de concert avec le commandant Bastien les frontières entre l'État indépendant et la sphère d'influence allemande, lève la
carte de la région du Kivu; Poulett Weatherley explore les lacs Bangwelo et Moero; MM. Chesnaye, Lyons et Kennely poussent des reconnaissances dans la partie la plus méridionale du territoire de rÉtat; Grogan rentré à Londres donne lecture d'une note relative au voyage qu'il a exécuté en 1899 dans la région du Kivu, de V Albert-Edouard, de V Albert, des Virunga et du Ruenzori.
En 1901 la société « Tanganika concessions limited » envoie au Katanga différentes expéditions dirigées entre autres par Grey et HoUand, qui viennent encore augmenter les connaissances de géographie physique que Ton possédait déjà sur cette région, notamment par les savants travaux de M. Cornet, professeur à l'École des mines de Mons et à l'Université de Gand; ce dernier continue à centraliser tous les documents qui se publient à ce sujet et il ne se passe guère d'année sans (^u'il £aisse paraître de nouvelles et intéressantes brochures qui forment dans leur ensemble une base sans laquelle aucune étude géographique sérieuse ne peut être entreprise.
Les commandants Sillye et Siffer, partis de Kabambare sur Baraka, puis le long des lacs Tanganika et Kivu, étudient la partie septentrionale de la chaîne occidentale du Graben. C'est dans le courant de la même année que M. Droogmans, secrétaire général du Département des finances, fait paraître les quinze premières feuilles de la carte de l'État du Congo au ioo,ooo«, avec le volume de notices sur le Bas-Congo.
En igoi et 1902 le commandant Cabra s'oœupe de la détermination du parallèle de Noki qui forme frontière entre l'Angola et l'État indépendant : 42 points sont relevés lors de ce travail.
L'année 1902 est également marquée par l'envoi en Afrique de la mission Jacques à la recherche du tracé le plus avantageux pour la construction d'un chemin de fer reliant un point du Congo accessible à la navigation à la vapeur, à la région minière du Katanga; cette mission reconnaît la Lufira, exécute une série de levés reliant Kambove à Kalengwe, Tenke et Guba, puis explore les branches supérieures de la Dikuluwe et descend la vallée de la Kaluila.
En octobre 1902 le commandant Lemaire quitte Yambuya à la tête d'une mission scientifique vers les confins des bassins du Congo et du Nil. Il longe VUele et la Dungu, puis, partant de Faradje, il rayonne vers le nord en recoupant à quinze reprises la ligne de faîte Congo-Nil. Il détermine astronomiquement 144 points et 122 altitudes.
L'année suivante M. Droogmans fait paraître la carte du Katanga qui constitue le document scientifique le plus complet sur ces territoires ; le commandant Cabra fixe la frontière de l'État entre Kaonga et la crête de partage des eaux du Congo et de Niadi-Kwilu, et détermine la position exacte de cette ligne de faîte.
Deux missions étrangères, l'une de Frobenius, consacrée à l'étude ethnographique de la région du Kasai, l'autre de Cunnington envoyée aux lacs
Tanganika et Nyasa à l'effet de compléter les travaux scientifiques de Moore, opèrent en 1904.
La même année et Tannée suivante le commandant Jacques reconnaît entre Kasembe et Kamba, sur le Sankuru, un tracé de voie ferrée reliant la région minière du Katanga au bassin du Kasai.
En juillet igoS une mission s'embarque pour le Congo à l'effet de continuer cette étude entre Kamba et le Stanley-Pool en longeant la ligne de faîte KasairLukenie. Le travail exécuté à cette époque entre Bandundu sur le Kwango et Kamba •est continué par une nouvelle mission.
M. Ckiandi étudie en ce moment le tracé d'un chemin de fer devant desservir la région minière et unir cette dernière, d'une part, au chemin de fer du Bas-Congo au Katanga et, d'autre part, au réseau de la Rhodésie.
En 1906 le duc des Abruzzes réunit des données précises sur le Ruenzori.
L'année suivante (1907) une commission anglobelge lève le tracé d'un chemin de fer reliant le NU aux environs de Lado, à la frontière du Congo.
Une commission de délimitation des frontières nord et ouest des territoires gérés par le Comité spécial du Katanga, qui avait commencé ses travaux dans le courant de l'année 1906, a opéré la détermination astronomique du 5® parallèle sud et du méridien 23^ 64" de longitude est et fixé ces limites sur le terrain par des bornes.
Les gouvernements congolais et anglais se
sont mis d'accord pour faire opérer, dans TAfrique équatoriale, la mesure d'un arc du 3o« méridien : le premier a désigné pour collaborer à cette mesure M. Dehalu, de l'Observatoire de Cointe, répétiteur à l'Institut astronomique de l'Université de Liège, qui s'est embarqué récemment pour le Congo.
Trente ans à peine se sont écoulés depuis le jour où, quittant les Arabes dévastateurs et s'engageant sur le haut Congo pour atteindre, à la suite de combats incessants, la rive occidentale d'Afrique, Stanley décrivait sur la carte encore vierge le tracé du grand fleuve. Trente ans, mais trente ans d'un travail écrasant, d'un labeur acharné de tous les instants, où chaque année fut marquée par des découvertes, chaque jour par un progrès; trente ans qui ont sufii pour reconnaître entièrement le vaste réseau hydrographique, pour substituer presque partout la science à l'inconnu, la civilisation à la barbarie, pour créer un vaste empire colonial doté d'un outillage remarquable, pour produire, en résumé, selon le mot d'un publiciste français (i), « une œuvre à laquelle il ne manque plus que le recul de quelques siècles pour être appréciée à sa juste valeur ».
(i) Hbnri DsHiRAiN, Revui des Diux^Mondis,
-îi