‹ Le Congo;Chapitre 120 sur 126 · PEUPLES MÉTIS · texte numérisé non relu

PEUPLES MÉTIS

L'étude des peuples métis n*a pas été exempte de difficultés. A première vue nous avions cru pouvoir rattacher chacun d'eux à la race avec laquelle il avait le plus d'affinités. Si la chose était relativement aisée pour certains d'entre eux, tels que les Makrakra, qui sont indubitablement une avant-garde azande en pays nilotique, pour la plupart des autres les renseignements sont insuffisants.

De plus, le métissage a été tellement accentué pour un grand nombre qu'on n'est plus en droit de les rattacher à leur race d'origine. Tel est le cas des Lendu qui seraient venus des pays situés à l'ouest du Nil blanc, chassés par les tribus du nord; ils seraient venus s'établir sur le plateau à l'ouest du lac Albert, puis, chassés par les Aluri et les Banyofù, ils seraient entrés dans la grande forêt qu'ils habitent encore aujourd'hui. Bien qu'ayant la figiu^e presque hamitique, ils présentent, au dire de Stuhlmann et surtout du docteur Shrubsall, qui se base sur de sérieuses mesures anthropométriques, de grandes affinités avec les pygmées.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons renoncé à les classer parmi les nilotiques.

Dans ces conditions nous avons préféré réunir tous les peuples métis de cette région pour en faire une étude à part, en nous servant des données fournies principalement par Stulhmann, de Martonne, Shrubsall et Johnston.

On remarquera que nous plaçons les Mangbeiu dans la classe des Bantu-Nuba, Cette opinion, déjà développée dans la Belgique coloniale (n° 5, 1897) par l'auteur de la première édition, s'était encore affermie depuis, par de nouveaux détails ignorés alors et qu'il tenait de M. Adam.

Cet officier, ayant séjourné pendant plusieurs années au milieu de ces peuplades, a pu les étudier complètement, écouter leurs légendes et retenir leurs traditions, alors que Junker s'était borné à les traverser et que Stulhmann n'avait fait que les approcher.

« Le Nepoko, disent les Momtm, est au Tik-tik (nains), le Kibali (haut Uele) est à nous, à nous seuls. Les Mangbetu nous ont pris nos territoires, ce sont des étrangers ici. » Et lorsqu'on leur demande d'où sont venus ces étrangers, ils montrent le sud-ouest.

Cette souvenance de l'arrivée des Mangbetu est trop nette pour ne pas être relativement récente. Le temps ne peut

donc en avoir encore altéré suffisamment le souvenir pour que les indigènes indiquent le sud-ouest alors que leurs envahisseurs seraient venus du nord. C'est cette certitude qu'ont les Momvu du pays d*origine des Mangbetu, jointe aux remarques que nous avons déjà faites, qui nous a décidés à classer ces derniers de la façon figurée sur la carte. Nous avons encore consulté, pour l'étude de cette peuplade : Alban Lemaire, Belgique coloniale; docteur Védy, BtâUtin de la Sociêié royale belge de géographie^ et lieutenant Cloesen.

Les Abaratnbo sont étudiés surtout d'après le livre du lieutenant Femand Nys, Chez les Abarambo, et les Mabodo, d'après les renseignements du lieutenant Adam.

Quant au chapitre sur l'avenir des populations congolaises, il est rédigé surtout d'après le remarquable livre de Dupont : Lettres sur le Congo, Paris 1889.

Nous n'avons cité dans l'appendice que les principaux auteurs consultés ; indépendamment de ceux-ci nous avons puisé une foule de renseignements dans diverses publications parmi lesquelles nous citerons : le Mouvement géographique, la Belgique coloniale, la Belgique maritime et coloniale, le Congo, etc., etc.

Enfin nous avons fait appel aux souvenirs d'un grand nombre de fonctionnaires et d'agents ayant séjourné dans la colonie.

Cartes.

Carte de la densité de la population, — Est faite d'après divers documents et d'après des renseignements puisés au cours de nos études.

La partie occidentale est dressée d'après F. Rouget, Expansion coloniale au Congo français, Paris 1906.

Le Mayumbe, d'après Cyr. Van Overbergh. Les Mayumbe. Bruxelles 1907.

La partie orientale, d'après Stuhlmann, Mit Emin Pacha in' s Herz von Afrika, et sir H.-H. Johnston, Uganda Protectarate, Londres 1907. Le sud-est, d après sir H. H. Johnston, British central Afrika. Londres 1898, et dans le Congo même d'après les rapports du docteur Polidori, attaché au comité spécial du Katanga, qui l'avait chargé de l'étude des effets produits dans cette région par la maladie du sommeil.

Carte ethnographique, — La carte ethnographique ne nécessite plus, après ce qui vient d'être dit, que peu d'explications. Elle n'offre de réellement intéressantes que les régions orien-

taies et septentrionales. Pour ces régions nous nous sommes servis des cartes de Stuhlmann, de de Martonne et de plusieurs documents inédits.

Les lignes d'invasion sont figiu'ées d*après des renseignements recueillis à diverses sources déjà citées.

Quant aux sialions préhistoriques^ elles sont indiquées d'après Dupont, Cornet, Christiaens et la carte de Xavier Stainier annexée à l'ouvrage : L'âge de la pierre au Congo (Annales dm Musée du CongoJ.

Les populations des colonies voisines sont figurées d'après Officiai Report on the administration of Rhodesia, 1902, pour le sud-est; pour Test, IsiKarte von Deutsch Ost-Afrika de Max Moisel.

Cartons.

Ils sont tracés d'après des sources déjà indiquées.

Dans le carton n^ i, la limite de l'habitation rectangulaire a été obtenue par l'étude détaillée des différentes tribus, et la partie nord-ouest de cette limite résulte de nos propres observations. La limite entre les fétichistes et les tribus ayant subi l'influence musulmane est tracée d'après divers renseignements.

Dans le carton n^ 2^ la limite du grain et du manioc est également la résultante de la mise en œuvre de renseignements obtenus au cours de notre étude; la partie nord-est notamment est tracée d'après du Bourg de Bozas (mission du Nil à l'Atlantique), Bulletin de la Société de géographie, 1904.

'Les populations industrielles figurées dans l'Angola sont celles qui s'occupent du travail du fer (J. Monteiro, Angola amd the river Congo).

La limite des populations pastorales est puisée à diverses soiu-ces ; l'atlas (Wirtschafts-Atlas der deutschen Kolonien, Kolonial Wirtschaftlichen Komitee £V. Berlin) a notamment été consulté dans ce but.

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