RÈGNE VÉGÉTAL
Nous avons, dans notre aperçu général, considéré le bassin du Congo comme étant compris en majeure partie dans la xone végétale de la Guinée : cette manière de voir n'est pas admise par tous les botanistes. C'est ainsi qu'on trouve
dans la Flora of tropical Afrika, publiée par M. le colonel Prain, directeur des jardins de Kew, la division suivante de la région tropicale d'Afrique :
1° La Guinée supérieure ;
2° La région centrale septentrionale, comprenant une partie de TUbangi et une partie de l'Uele;
3® La région nilienne, s'étendant sur l'enclave de Lado et sur une minime partie de la limite N.-E. de l'Etat;
4° La Guinée inférieure comprenant le Bas-Congo;
5^ La région centrale australe, embrassant la presque totalité du Congo;
6° La région du Mozambique.
Comme le fait remarquer très judicieusement M. E. De Wildeman, cette division est artificielle, et il semble notamment qu'il eût été préférable d'étendre la région de la Guinée inférieure jusqu'à la limite est du bassin du Congo, plutôt que de la restreindre au Bas-Congo.
C'est la raison pour laquelle nous avons conservé la division adoptée dans la première édition de cet ouvrage.
La division de l'Etat du Congo en sept régions botaniques est empruntée à M. De Wildeman (i).
Nous nous sommes également ralliés à sa manière de voir en ce qui concerne les divers aspects sous lesquels apparaît la végétation de l'Afrique tropicale, et en particulier du Congo. Nous y avons ajouté la savane boisée, d'après les données de M. J. Cornet et de von Wissmann. Il ne faut d'ailleurs pas attacher une importance exagérée aux mots savane et brousse : beaucoup d'auteurs emploient indifféremment l'un ou l'autre pour désigner tout ce qui n'est pas forêt.
Il serait à souhaiter qu'on se mît d'accord pour adopter ne varietur une définition précise de ces deux aspects de la végétation.
Pour notre examen de la flore nous avons également consulté l'Etude sur la flore du Congo par Durand et Shinz, la notice botanique de Dupont dans ses Lettres sm* le Congo et les consciencieux travaux de Dewèvre sur les plantes utiles du Congo.
A notre avis, il n'est pas nécessaire d'encombrer ime géo-
(i) E. Db Wildeman, Les plantes tropicales de grandi culture, Bruxelles
graphie d'une foule de noms latins qui ne disent rien à l'esprit et n'ont d'intérêt que pour les spécialistes. Nous nous sommes bornés à citer les grandes divisions botaniques et, dans la foule des végétaux existants, les principaux parmi ceux qui présentent une utilité.
Carte botanique.
La limite de la forêt est indiquée d'après de nombreux croquis et renseignements soit écrits, soit oraux, donnés p<mr h nord : par D^ Brumpt, collaborateur scientifique attaché à la mission du Bourg de Bozas.
Pour Vest : Stuhlmann; Sir H. Johnston, The Uganda PraiecioraU, London 1902; Borms, Belgique coloniale, igo2^ p. 25g.
Pour le sud : Mission Emile Laurent, 190 3- 1904; von Wissmann, Im innern Afrikas, Leipzig 1888; Livingstone, Explorations dans rintérieur de ^ Afrique australe (tradiiit de l'anglais), Paris 1881 ; Dryepondt, directeur de la Compagnie du Kasai, et un grand nombre de renseignements tirés des rapports fournis par des agents de cette compagnie.
Pour Touest (y compris le Congo français) : A. Breschin. La forêt équatoriale au Congo, La Géographie, 1902 ; BoUe, directeur de sociétés au Congo français.