GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE
Ainsi que le professe à la Sorbonne M. Marcel Dubois, le distingué professeur de géographie coloniale, il est non seulement inutile, mais même dangereux, de citer dans les richesses d'une colonie tous les produits qui y croissent ou pourraient y croître. En dispersant ainsi l'attention des planteurs, en leur signalant une foule de produits au milieu desquels il leur est parfois difficile de discerner les meilleurs, on s'expose à voir leur choix s'égarer, à les faire courir audevant d'un échec et en fin de compte augmenter le nombre des adversaires des colonies.
Il ne faut signaler, en principe, que les produits qui ont fait ressortir leur valeur et garanti leur rapport, à la suite
d'une exploitation prolongée, ayant fourni d'une façon constante des résultats avantageux. Ce sont les seuls que le colon pourra cultiver avec la quasi-certitude d une réussite. Plus tard, lorsque, établi sur les lieux depuis un certain temps, il aura pu voir le capital qu'il a engagé dans l'affaire et le travail qu'il a fourni produire des résultats rémunérateurs, il lui sera loisible d'étudier si d autres champs sont dignes d'attirer son attention et de solliciter son activité.
Nous n'avons donc pas cité tous les végétaux qui pourraient devenir susceptibles d'exploitation, mais seulement ceux qui, dès maintenant, semblent être d'un rendement favorable. Nous avons cru devoir signaler également ceux qui, comme le café et par suite de circonstances qu'il était impossible de prévoir, n'ont pas répondu aux légitimes espérances qu'on avait fondées sur eux.
Nous avons traité autant que possible ces produits d'après le plan suivant : espèces, culture et aire de dispersion; rapport; avenir. Les cultures et l'aire de dispersion sont seules, il est vrai, du domaine de la géographie pure, mais la géographie coloniale a des exigences spéciales.
Nous avons puisé aux sources les plus autorisées, mais en ne citant que ce qui a trait à la géographie. Les généralités sont extraites de Joseph Chailley et nous, y avons joint quelques idées personnelles. La nature du sol et le climat sont tirés des mêmes auteurs que les chapitres analogues de la géographie physique, mais ils sont rédigés au point de vue spécial qui nous occupe.
Exploitation des produits végétaux et animaux, — Forêts. — Les bois sont examinés d'après la brochure de M. Fichcfet et d'après E. De Wildeman, conservateur au jardin botanique de l'Etat à Bruxelles, Notice sur les plantes utiles ou intéressantes de la flore du Congo, v. I, fasc. II, Bruxelles 1904. Nous avons consulté également Fusch, Le Mayumbe, publication de l'État indépendant du Congo, n° 10, Bruxelles
Gommes végétales. — L'introduction est tirée en partie d'une causerie donnée par le C^ Christiaens au Cercle africain.
Le classement des gommes au point de vue géographique est emprunté au D»" Robert Henriques, Der Kautschuk und seine Quellen, Dresde 1899. Nous avons également consulté à ce sujet Th. Seeligmann et G. Lomy. Torrilbon et H. Falconnet, Le caoutchouc et la gutta^ercha, Paris 1896.
Il est fort difficile, sinon impossible, de donner une
nomenclature exacte des dénominations commerciales des diSérents caoutchoucs ; celles-ci, en effet, sont très variables, et des caoutchoucs provenant des mêmes végétaux ou des mêmes contrées peuvent changer de nom simplement parce que le mode de préparation a varié.
L'étude des espèces de caoutchouc et de leur répartition est faite d'après le Carnet de route d^ Emile Laurent (24 septembre 1903 au 3o janvier 1904). Mission Emile Laurent, par E. De Wildeman, Bruxelles 1907; Les lianes caoutchoutifères de VÉtai indépendant du Congo , par E. De Wildeman et L. Gentil, Bruxelles 1904.
MM. Pavoux et Dewèvre ont également été consultés.
Les prix des différentes espèces de caoutchouc sont tirés de la Revue annuelle par les courtiers Gtisar et Qe pour Tannée 1906. Pour les caoutchoucs d'importance secondaire nous avons utilisé les Tableaux des ventes de Bunge et C»«, à Anvers.
Les quantités de caoutchouc des diverses espèces fournies par district ont été obtenues en totalisant les tableaux des ventes pendant un an. Notre classification des districts s'appuie sur ce travail.
Le tableau comparatif des valeurs du caoutchouc en 1895, 1906 et 1907 est tiré des mêmes documents.
Le chiffre donné pour le nombre de plants que comptaient les champs d'essences au i*^^ janvier 1907 est puisé dans une note de MM. Grisar et C®.
L'indication des grands centres de culture d'essences à caoutchouc est tirée du Rapport des secrétaires généraux au Roi-Souverain, Bruxelles, 22 mai 1907 {Bulletin officiel). Nombre de renseignements de détail insérés dans cet ouvrage sont d'ailleurs puisés dans ce même rapport, mais il eût été trop long de les signaler tous.
Les importations en Belgique du caoutchouc et d'une façon générale de tous les produits pour lesquels nous donnons des chiffres à ce sujet sont tirés du Tableau général du commerce avec les pays étrangers pendant Vannée igob publié par le ministère des finances.
De même le Bulletin officiel de l'État du Congo nous renseigne sur les exportations de la plupart des produits cités. L'importation du caoutchouc sur les principaux marchés du monde est celle donnée dans la revue des courtiers Grisar et C° et la production mondiale nous a été fournie par O. Warburg, Tropenpflànzer ,
Les prix du copal^ en 1906, revue annuelle Grisar.
Les prix de Vivoire sont tirés de la revue annuelle des courtiers H. et G. Willaert pour 1907.
La majeure partie des renseignements sur le cacao sont dus à Tobligeance de M. l'ingénieur D. Diderrich; quelques-uns d'entre eux sont tirés de M. De Wildeman, Les plantes tropicales de grande culture. C'est dans ce même volume que nous puisons les chiffres de la production mondiale.
En ce qui concerne le café, nous avons cru intéressant de rappeler la situation des cultures de cette plante au moment où, comme nous l'avons dit, celles-ci commençaient à prendre de l'importance; cette partie est, en somme, le résiimé du chapitre correspondant de la première édition.
La production mondiale est donnée par M. De Wildeman, Les plantes tropicales de grande culture.
Nombre d'informations sur le tabac sont tirées du Rapport au Roi : Les tabacs au Congo, par MM. V. A. Debuck frères. Nous les avons complétées par celles que nous a fournies M. Kindt, directeur du jardin colonial de Laeken.
Le chapitre de la canne à sucre est inspiré surtout du livre de Léon Colson : Culture et industrie de la canne à sucre aux îles Hawaï et à la Réunion (Paris igo5).
Nous avons tenu à donner pour le rapport l'exemple d'un pays de production moyenne (Réunion) à côté de celui d'un pays de forte production (Hawaï).
Pour l'étude du coton nous avons consulté Lalière : Le Coton (Paris 1906), \e Bulletin officiel (mai 1907) et les renseignements de l'Office colonial (1907).
En ce qui concerne les plantes oléagineuses. Vêlais nous foiUTiit l'occasion de détruire une ancienne légende qui disait : a le palmier vient mourir sur le Bomokandi » .
« On le rencontre, en effet, » lisons-nous dans un article de la Belgique coloniale^ signé par le commandant De Bauw, « sur la rive droite de cette rivière et même à Niangara. Mais, chose curieuse, si du Bomokandi, dans les environs de son confluent avec la rivière Makango, on se dirige vers la forêt Âbabua, on ne rencontre pas de palmiers; de même à Bima, les palmiers sont aussi nombreux qu'à l'Equateur, alors qu'à Libokwa, à quatre heures de marche seulement au sud de cette localité, on n'en trouve plus de trace. »
L'aire de dispersion de Varachide nous est donnée par E. De Wildeman : Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du Congo (vol. I, fasc. III; Bruxelles 1905). Le rendement industriel est puisé à la même source : celui de 28
à 32 p. c. que nous donnons dans le texte est celui des arachides en cosses ; décortiquées, ces dernières donnent de 36 à 46 p. c. ; quant au pourcentage d'huile totale, toujours bien entendu pour l'arachide du Congo, il est évalué à 49 p. c.
Le traitement industriel du manioc est décrit par Colson et Chatel : Culture et industrie du manioc.
Le chapitre du bétail a été rédigé en prenant pour base les publications de M. le vétérinaire Meuleman : L' Elevage des animaux domestiques au Congo {Bulletin de la Société d^ études colo^ niales, Bruxelles iBgS).
Le Bétail au Congo : Bœuf et Zébus (Ibid., 1907).
Les renseignements financiers sur le centre de l'élevage de Mateba sont extraits du Recueil financier (Bruxelles 1907).
Les industries extractives sont étudiées d'après Cornet : Les Gisements métallifères du Katanga {Mémoires de la Société des sciences y lettres et arts du Hainaut, 1894). H. Buttgcnbach, directeur du service des mines au département des finances de l'Etat indépendant du Congo : Les Gisements de cuivre du Katanga {Annales de la Société géologique de Belgique^ t. XXXI; Liège 1903-04). Le Gîte auro-platinifère, de Ruwe {Ibid. igoS). Rapport sur le travail de M. J. Cornet : Les Dislocations du bassin du Congo y tome I^ : Le Graben de TUpemba {Ibid.^ tome XXXII, 1905). L'Avenir industriel de l'Etat indépendant du Congo (Liège 1906). La Cassitérite du Katanga (Annales de la Société géologique de Belgique ^ t. XXXIII, 1906). Stuhlmann : Mit Emin Pacha in* s Herg von Africa. Dupont : Lettres sur le Congo; Ponthier, Van Gelé, etc. Nous avons également consulté, pour les mines de Mindouli et de Boko-Songo, les travaux des ingénieurs français Bel et Lucas.
En ce qui concerne les sources thermales^ l'étude générale en a été faite d'après Cornet : Sur la distribution des sources thermales au Katanga {Annales de la Société géologique de BeU gique, tome XXXIII, Mémoires, 1906); la source de Pakundi est citée d'après Cameron ; la source voisine de Nyangwe est celle qu'a visitée le docteur Hinde.
Dans les statistiques commerciales nous ne tenons compte que du chiffre du commerce spécial, le seul qui doive entrer en ligne de compte dans l'évaluation du chinre d'affaires d'un pays. Les chiffres sont tirés du Bulletin officiel de VEiat indé' pendant du Congo. La note concernant la répartition des firmes établies au Congo est extraite de la brochure de
Ferdinand Goffart : La Mise en valeur du Congo (Bruxelles 1907).
Le commerce d^imporiaiion est rédigé d'après les renseignements statistiques du Bulletin officiel.
Quant aux voies de communications et de pénétration ^ elles sont étudiées d'après divers articles et renseignements épars ; les communications par vapeurs, notamment, sont la coordination des renseignements donnés par M. Renotte, chef de bureau à l'Etat du Congo.
Les renseignements sur les industries nouvelles sont tirés de sources diverses. En ce qui concerne plus spécialement les poteries, nous avons utilisé les Annales du Musée du Congo {Notes analytiques sur les collections ethnographiques du Musée du Congo, Tome II, Les Industries indigènes. Fasc. I, La Céramique (Bruxelles, mai 1907).
Les communications extérieures et intérieures sont le résidtat de la réunion d'une foule de renseignements dont il serait trop long d'énumérer les sources.
Signalons, cependant, que les chiffres relatifs aux frets et aux durées de trajets nous ont été donnés par l'Office colonial.
Le mouvement des ports est fourni dans le Bulletin officiel.
Les parties navigables des affluents du Congo sont données d'après les renseignements puisés dans les rapports des capitaines de steamers et des agents de l'Etat.
Le nombre de steamers qui composent la flottille de l'Etat, des sociétés et des missions, ainsi que la désignation de leurs ports d'attache, nous ont été foiunis par M. Renotte.
Les routes du Katanga ont été étudiées d'après des renseignements puisés dans les dossiers du Comité spécial du Katanga, que M. le secrétaire général Droogmans nous a obligeamment autorisés à consulter; celles de TUele, de la Province orientale, du Lualaba-Kasai et du Kwango ont été obtenues par l'étude de dossiers dont nous devons la communication à l'obligeance de M. le major Lebrun.
La longueur du chemin de fer des Cataractes est celle donnée par M. l'ingénieur Goffin, et les données sur les chemins de fer des grands lacs nous ont été fournies par le commandant Le Marinel.
Cartes.
Du cacao. — Nous nous sommes bornés à donner une carte de l'extension des cultures de cacao dans la partie de l'Etat où celles-ci ont acquis une grande importance, c'està-dire au Ma3rumbe.
Nous devons à l'obligeance de M. l'ingénieur Diderrich, directeur de plantations au Mayumbe, les renseignements que nous y avons indiqués.
Du caoutchouc. — D'après les tableaux des résultats des ventes par inscription du caoutchouc à Anvers (Bunge et C°), complétés par des renseignements divers puisés notamment dans Laurent, De Wildeman, etc.
Voici la base que nous avons adoptée :
Grande production : plus de 600 tonnes. Moyenne production : plus de 90 tonnes. Petite production : moins de 90 tonnes.
Du bétail. — Les postes d'élevage sont indiqués d'après les renseignements fournis par des agents de l'administration centrale.
Le grand mélange des races ne nous a plus permis d'indiquer leur aire de dispersion.
Des mines. — D'après Cornet et Buttgenbach, Rapport des délégués au C. S. du Kaianga, et divers déjà cités.
Pour les colonies limitrophes : à Test, Max Moisel, Karie von Deutsch Ost-Africa (Berlin 1907).
Pour la Rhodésie : L. A. Wallace, Geographical Journal (London 1907) et E. de Renty, La Rhodésie (Paris 1907).
Pour l'Angola : G. Monteiro, Angola and thc river Congo (London 1875).
Les voies de communication intérieures. — D'après divers renseignements pour le Congo même.
Pour les colonies voisines, partie navigable du Coanza : G. Monteiro, Angola and the river Congo (London 1875).
Partie navigable de la Sanga : J. Rouget, Expansion coloniale du Congo français (Paris 1906).
Télégraphe à l'est du Tanganika : Max Moisel, Karte von Deutsch Ost'Africa (Berlin 1907).
Routes Entebbe-Butiaba, etc., OutHne Maps of Uganda. Intelligence division (War Office 1869).
Les moyens de pénétration dans la partie orientale du Congo, d'après des renseignements divers.