‹ Le Congo;Chapitre 17 sur 126 · COURS DU CONGO · texte numérisé non relu

COURS DU CONGO

Le Lualaba. — La rivière qui constitue la véritable source du Lualaba est le Kuleshi, qui sort à i.55o mètres d'altitude dune petite prairie éponge située par 11^24' de latitude sud et 24^27' de longitude est.

La rivière ne tarde pas à couler profondément encaissée sur un lit de dalles de grès schisteux

avec galerie et, à une centaine de kilomètres de sa source, elle atteint déjà une largeur de 25 à 3o mètres.

Elle reçoit à droite le Lubudi, sorti, lui aussi, d'une prairie éponge, et coule à partir de lo^ de latitude, parallèlement au Lualaba, dans une région peu accidentée où elle reçoit la Luina et le Luabu à gauche. Elle s'encaisse ensuite assez fort et forme, sur des schistes redressés, une série de chutes et de rapides au milieu d'un pays couvert d'une belle végétation.

Après avoir buté contre les monts Hakansson, elle s'infléchit vers l'est, puis vers le sud, s'élargit fortement en plusieurs bras et crée de nombreuses îles. Elle se resserre bientôt et, après avoir formé quelques nouveaux rapides, elle vient, au milieu d'une plaine alluviale, se grossir du Lualaba qui donne son nom au fleuve jusqu'aux Stanley- Falls, à partir du confluent duquel le Lualaba prend un cours large, rapide et peu profond.

Les monts Hakansson le font s'infléchir vers l'est.

Le fleuve entre alors dans le Graben du haut Lualaba que limitent les monts Hakansson et les monts Bia à l'ouest et à l'est, et forme les chutes de Kalengwe et plus loin, vers g^io' de latitude sud, le rapide de Konde à partir duquel il présente son premier bief navigable. A partir de ce moment le Lualaba serpente dans une plaine large et basse, où ses crues annuelles causent des inondations considérables dues à la nature imperméable du sol.

Dans la région qui s'étend jusqu'au lac Kisale, soit sur 25o kilomètres environ, le chenal principal est bordé tantôt à droite tantôt à gauche de lacs permanents : Upemba et Kabele, d'étendue variable suivant les niveaux du fleuve.

La présence de papyrus et d'autres plantes aquatiques produit, dans la passe du lac Kisale, des sudd ou sedd analogues à ceux du haut Nil.

En aval de ce lac, le Lualaba change d'aspect : sur un trajet de 400 kilomètres il coule entre des rives bien marquées, conservant une largeur moyenne de 5oo mètres, une profondeur suffisante pour la navigation et un courant régulier.

Le premier affluent de droite qui suit le Lualaba, la Lufira, vient se jeter dans le lac Kisale, sur les bords duquel se trouve Kikondia. Le fleuve se gonfle ensuite à gauche du Lovoi. Après avoir longé les nouvelles lagunes de Lusamboi de Nianga, de Zibanza et de Kabamba, il se grossit à Ankoro du Luapula, qui vient doubler son importance et, plus loin, près de Buli, de la Lukuga, émissaire du lac Tanganika.

Au delà de la Lukaga, la vallée se resserre et le fleuve, après avoir formé deux nouvelles expansions, s'engage vers Kongolo dans la gorge rocheuse, large d'une cinquantaine de mètres, des Portes d'enfer. Au delà de cette passe il traverse une région de cinq groupes de rapides infranchissables.

Après avoir reçu la Luama à droite, sa vallée s'élargit à nouveau et le fleuve s'épanche, encom-

bré d'îles, dans un pays de collines où il arrose Kasongo et Nyangwe et forme les chutes de Nyangwe et de Shatnbo.

A Nyangwe, le Lualaba atteint une largeur qui varie de 1.200 mètres aux eaux basses à 3.5oo et 4.5oo mètres aux eaux les plus hautes; il y roule 120.000 pieds cubes d'eau par seconde pour entrer un peu en aval de cette localité dans la grande forêt équatoriale, A partir du Kindu, en aval de Sendwe, le Lualaba redevient calme sur plus de 3oo kilomètres et coule entre des berges bien marquées.

Sa vallée se relève à l'ouest en ondulations assez légères, allant rejoindre un plateau peu élevé, et à l'est en plis beaucoup plus accentués, pour former les premières pentes de la bordière occidentale du Graben. C'est de cette chaîne que descendent les importants affluents que le fleuve reçoit dans cette partie de son cours : l'Elila, l'Ulindi, la Lowa et la Maiko.

Un peu au delà de Ponthierville apparaissent des barrages rocheux, en partie constitués par du grès rouge, et le fleuve les traverse en franchissant les sept dangereuses chutes des Stanley-Falls, en aval desquelles se trouve le poste de Stanleyville, situé à une altitude de 428 mètres. La chute d'eau du Lualaba a donc été de 2o3 mètres depuis Nyangwe et de 1. 122 mètres depuis sa source, soit plus de o"^56 par kilomètre.

Le haut Congo. — Après avoir franchi les

Stanley-Falls, le Lualaba prend le nom de Congo, et à cette nouvelle appellation correspond une nouvelle forme de fleuve, totalement différente de la première : plus de vallée accentuée par des plis de terrain se relevant rapidement, plus de chutes ni de rapides, plus de méandres ni de brusques crochets.

A la direction générale sud-nord, le Congo en a substitué une autre est -nord- ouest, et, après avoir traversé une zone de transition, où il s'élargit entre des rives élevées de 5 à lo mètres, il reçoit la Lindi.

Il s'épanche ensuite en une nappe encombrée dlles et de bancs de sable et coulant, à pleins bords, dans un pays plat couvert d'épaisses forêts.

Le fleuve conserve cette allure pendant toute la traversée de la région centrale, se rétrécissant parfois en érodant son lit, s'élargissant ensuite à nouveau en déposant sur ses bords d'épaisses couches d'argile grise.

Après avoir reçu deux importants affluents, le Lomami au sud, l'Aruwimi (à Bazoko) et un autre de moindre grandeur, le Rubi au nord, il forme trois vastes expansions : la première, qui s'étend entre Dobo et Upoto, est séparée de la seconde, dont Budja marque la limite ouest, par l'étranglement d'Umangi; au sortir du pool de Budja, le Congo, après avoir détaché au sud-ouest l'étroit chenal d'Ukaturaka, reçoit la Mongala à droite, et s'élargit à nouveau pour former la troisième expansion qui se termine vers Nouvelle-Anvers.

Les trois pools dont nous venons de faire mention doivent être considérés, avec les lacs Tumba et Léopold II, comme les derniers vestiges de lancienne mer intérieure.

Le fleuve traverse ensuite la partie la plus déprimée de la r^on I centrale, remarquable ^ carrefour hydrographi- I que, où il reçoit, sur 5 un parcours de moins 1 de 200 kilomètres, la I Lulonga, à partir de * laquelle il prend fran- ' chement la direction N.-S. jusqu'à Coquilhatville, Tlkelemba, la Busira Tshuapa à Test et l'énorme Ubangi à Touest. Dans tout ce trajet il se resserre à certains endroits jusqu'à n'avoir plus que deux kilomètres et demi de largeur, tandis qu'à d'autres il va en s'élargissant jusqu'à quinze kilomètres.

Entre Coquilhatville et Bolobo, le Congo suit une direction générale nord-est - sud-ouest. A Lukolela, il se rétrécit pour reprendre immédiatement au delà une largeur variant de 6 à 10 kilomètres et reçoit au delà de cette localité les importants tributaires du Congo français : la Sanga, la Likuala et l'Alima.

Les rives, d'une uniformité fatigante depuis Stanle)n^ille, s'élèvent lentement après Bolobo et le fleuve, n'ayant plus que i à 4 kilomètres de largeur, commence à creuser son lit dans les premières pentes des monts de Cristal, en reprenant la direction nord-sud.

Il arrose ainsi l'agglomération de Tshumbiri, puis reçoit à gauche le Kasai, se resserre encore (500-700 m.) et coule entre les plateaux souvent à pic de Ganchu et Banfumu, présentant une rive droite fort boisée et une rive gauche formée de savanes entrecoupées de bois.

Le Congo s'épanche ensuite en formant le vaste Stanley-Pool, lac fluvial coupé en deux par l'île sablonneuse de Bamu (longueur 28 kilomètres; plus grande largeur 25 kilomètres), bordé au nord par de grandes falaises de grès blanc et au sud par une plaine sablonneuse se relevant rapidement vers l'intérieur. Le Stanley-Pool a une superficie de i.5oo kilomètres carrés et une altitude de 284 mètres.

Ici se termine la région du Haut-Congo, où le fleuve, navigable sur tout son parcours, n'est descendu que de 144 mètres sur un espace de

Les trois pools dont nous venons de faire mention doivent être considérés, avec les lacs Tumba et Léopold II, comme les derniers vestiges de lancienne mer intérieure.

Le fleuve traverse ensuite la partie la plus déprimée de la r^on I centrale, remarquable t carrefour hydrographii S que, où il reçoit, sur 5 un parcours de moin.^ 1 de 200 kilomètres, la I Lulonga, à partir de * laquelle il prend fran J chement la directioi N.-S. jusqu'à Coquil hatville, Tlkelemba, Busira Tshuapa à Te et rénorme Ubangi Touest. Dans tout trajet il se resserre certains endroits ji qu'à n'avoir plus q deux kilomètres demi de largeur, t dis qu'à d'autres va en s'élargissant jusqu'à quinze kilomèt

•:ale du largeur ; monts îitesque ui con-

criques s limos rives,

orna et

s, Buli-

.]. De la

le fleuve

e jette à

fonde de

:t marin,

lètres de

ix troubles

itrant dans

i.6io kilomètres, soit une pente de moins de o'^og par kilomètre.

Le bas Congo. — Au sortir du Stanley-Pool, le Congo se jette dans une gorge étroite, profonde et sinueuse, où, sur un espace de 35o kilomètres, il forme trente-deux chutes d'une hauteur totale de 220 mètres (pente 0^2 par kilomètre, se décomposant comme suit : du Pool à Manyanga : 88 centimètres par kilomètre; de Manyanga à Isangila : 23 centimètres par kilomètre ; bief navigable d'Isangila à Matadi : 100 centimètres par kilomètre). Il y traverse la crête du plateau des Babuende — plateau de Bangu à la chute de Zinga près de Manyanga, où ses rives tombent à pic de 100 mètres, devient relativement calme dans la partie centrale de la chaîne, reçoit à gauche l'Inkisi et le Kwîlu, et franchit un deuxième massif entre Isangila et Matadi. On a donné à l'ensemble de ces cataractes le nom de chutes Livingstone.

Le fleuve, en plein travail d'érosion, y ronge énergiquement les roches primaires, approfondissant et élargissant son lit, qu'il modifie ainsi graduellement. En certains points cependant les eaux ont atteint la diabase et le fleuve a pris un aspect définitif.

A Matadi, le Congo, large de 800 mètres, redevient navigable, mais conserve un courant rapide et profond.

Les bords élevés s'abaissent peu à peu tout en restant sauvages et arides, puis le fleuve s'élargit,

se parsème d'îles et arrose Borna, capitale du Congo, en aval de laquelle il atteint une largeur de 5 kilomètres, et sort définitivement des monts de Cristal à la roche Fétiche. Le gigantesque fleuve se divise ensuite en deux bras qui contournent Tîle longue et basse de Mateba.

Les rives sont alors constituées par des criques profondes et le Congo s'encombre d'îles limoneuses et basses, couvertes, ainsi que les rives, d'une luxuriante végétation.

Parmi les îles rencontrées entre Boma et Banana citons : Bulabemba, des Princes, Bulicoco (Portugal), Sacran Ambaca (Portugal). De la pointe de Banana à la pointe portugaise, le fleuve atteint une largeur de ii kilomètres; il se jette à la mer en une puissante masse d'eau profonde de no mètres qui, rencontrant un courant marin, dévie vers le nord-ouest; à 20 kilomètres de l'embouchure on rencontre encore les eaux troubles et douces du Congo (les eaux salées rentrant dans l'estuaire sous l'eau douce).

Profil du fleuve Con^o.

Page 1