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LES LACS

Les principaux lacs de l'État du Congo sont le Tanganika, le Bangwelo, le Moero, le Léopold II, V Albert 'Edouard, le Kivu, le Tumba, le Kisale, YUpemba, le Kabele et le Dilolo.

Quelques autres lacs de moindre importance existent aussi; ce sont les lacs Moria, Lubangole et ceux dvL plateau de Samba.

Le lac Tanganika. De tous les lacs du Congo, le plus important de beaucoup, tant par sa superficie (35.I20 kilomètres carrés) que par sa profondeur (65o mètres), est le Tanganika.

Ce lac, formé aux temps géologiques par toutes les eaux des pays environnants venant se jeter dans une des fractures les plus profondes de la grande crevasse, dut avoir alors une altitude supé-

rieure de plus de loo mètres à son niveau actuel (804 mètres).

Sous l'abondance des eaux, le niveau atteignit le seuil le moins élevé des chaînes voisines et commença à s'écouler dans le Lualaba par la gorge de Mitwanzi (Lukuga). C'est ainsi que le lac, séparé d*abord par les monts Virunga du domaine nilotique auquel il eût dû se rattacher, forma un bassin isolé pour se joindre finalement au bassin du Congo.

Le lac Tanganika, dont la longueur est de 640 kilomètres environ, est relativement étroit, puisque 80 kilomètres seulement séparent ses rives dans leur plus grande largeur, 3o dans la partie la plus étroite.

Ses abords, très fertiles, généralement accidentés, surtout sur la côte occidentale qui est plus montagneuse, sont souvent à pic, faisant correspondre leurs saillants et leurs rentrants dans la partie centrale du lac et détachant dans la région septentrionale la presqu'île de Kibanga.

Le Tanganika est d'une importance énorme pour les communications du nord au sud.

Il a comme déversoir intermittent la Lukuga, qui parfois (il y a trente ans encore) s'embarrasse d'un barrage de sable et de débris qui arrête l'écoulement du lac et fait remonter pour quelque temps son niveau.

Le lac Kivu, d'une superficie de 3. 000 kilomètres carrés environ, dort à une altitude de 1.476 mètres dans la cuvette formée par les hauts massifs montagneux environnants.

Sa profondeur est encore inconnue, mais elle doit être considérable. Son centre est occupé par une île allongée.

La Ruzizi, émissaire du lac Kivu, est un affluent de peu d'importance, coupé de nombreuses chutes et ayant la forte pente de 8 mètres par kilomètre.

Le lac Bangwelo (5.ooo kilom. carrés environ) fut formé par les eaux du Luapula qui, arrêtées par des reliefs rocheux situés en aval, s'épanchèrent sur le plateau de Bemba pour former la lagune fluviale de ce nom.

Les eaux de cette lagune, en refluant, rencontrèrent au nord une sorte de cuvette assez profonde et la remplirent, formant ainsi le Bangwelo proprement dit.

Ce lac, encombré d'îles, est généralement peu profond. Son altitude est de i.i3o mètres environ.

La surface inondée par le Bemba est à peu près d'un tiers plus considérable à la saison des pluies qu'à la saison sèche.

Le lac Moero (5.23o kilom. carrés) fut formé d'une façon analogue par le Luapula arrêté par la traversée des monts Mitumba. Il est assez marécageux dans le sud où il forme la lagune de Mofwe ; ses autres rives sont assez élevées, formant même parfois des falaises. La plus grande largeur du lac est de 25 à 3o kilomètres et sa profondeur de 2 à 3 mètres seulement.

On y remarque au sud l'île de Kilwa (Grande- Bretagne).

L'altitude du Moero est de 972°^20.

Ces lacs furent sans doute antérieurement beaucoup plus étendus qu'aujourd'hui, mais l'approfondissement de leur gorge .d'écoulement les vide peu à peu; les détritus végétaux et les dépôts alluviaux les comblent, laissant entrevoir dans un avenir encore éloigné leur disparition complète.

Les lacs Léopold II et Tumba sont les vestiges de l'ancienne mer intérieure du Congo. D'une superficie respective de 2.344 et de i.Soo kilomètres carrés environ, ils s'écoulent dans le Congo, le premier par la Fini, le second par VIrebu, Ce sont des lacs sans grande profondeur, aux rives généralement basses, boisées et marécageuses, coupées en de rares places par quelques promontoires rocheux. Le lac Léopold II possède, dit-on, comme un mouvement de marée peu sensible (i5 à 20 centim.), mais appréciable cependant au cœur de la saison sèche. Il est possible qu'à la saison des pluies il soit en communication avec le lac Tumba.

Le lac Albert -Edouard (4.480 kilom. carrés, altitude 920 m.) occupe la partie de la grande crevasse située immédiatement au nord des monts Virunga. Il reçoit par un court et large émissaire (5oo m.) les eaux du petit lac Ruisamba qui entoure vers le sud-est le pied du Ruenzori.

Ces deux lacs, formés par les nombreux torrents descendus du Ruenzori et des monts du Pororo, ont comme affluents le Mpanga et le Rutshuru. Les rives de l'Albert- Edouard, à pic à l'ouest.

sont formées au nord- ouest et au sud par les plaines de la Rutshuru et de la Semliki, jadis recouvertes entièrement par les eaux du lac.

Le Dilolo est un petit lac entouré de marais du genre de ceux auxquels Livingstone a donné le nom d'épongés.

Aux pluies, le trop-plein de la cuvette du lac s'épanche et les eaux de ce dernier coulent dans la Lutembwe qui, elle-même, est en communication avec le Zambèze.

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