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LE RÉGIME DU CONQO

Des observations numériques de niveau faites jusqu'à présent on peut déduire qu'avec tous les fleuves situés de part et d'autre de l'équateur le Congo a deux crues et deux abaissements de niveau. Cependant on ne constate pas dans ce fleuve de crue subite, mais plutôt deux crues partielles, l'une en avril-mai, l'autre en novembredécembre, cette dernière étant la plus importante. Il faut trouver lexplication de ce phénomène dans les faits suivants : les affluents de droite importants prennent leur source au nord de l'équateur : ce sont l'Ubangi et le Sanga qui, sous l'influence des abondantes pluies qui tombent dans les régions qu'ils drainent, se gonflent et, après avoir inondé leurs rives partout où celles-ci sont basses, grossissent le Congo et provoquent une première crue qui atteint son maximum, dans le bas Congo, vers

la mi-décembre. Les affluents de gauche ont leur point d'origine au sud de Téquateur : sous l'énorme quantité d'eau tombée à la saison des pluies, le Luapula s'étend dans les marais de Bemba et de Mofwe; la Lufira déborde dans les plaines du Katanga; le moyen Lualaba emplit ses lagunes et les rivières des terres basses du plateau central

Le régime du fleuve à Lowa.

(Tshuapa et Lukenie) sortent de leur lit. Toutes ces eaux réunies produisent une deuxième crue du Congo, sensible dès le mois de mars, atteignant son maximum vers la mi-mai. Comme les saisons sont inverses pour une même latitude, suivant que l'on se trouve au nord ou au sud de l'équateur, les affluents de droite apportent leur maximum de volume d'eau sensiblement au moment où ceux de gauche ont leur minimum d'apport et inverse-

ment : il en résulte que le débit du Congo est plus ou moins équilibré.

En ce qui concerne les affluents du Congo situés dans le voisinage de l'équateur, ils présentent des variations de débit relativement peu sensibles.

Les crues du fleuve sont très variables avec les années. Par suite de la sécheresse dans un des hémisphères, il arrive que la crue se produise à peine dans les affluents de cette région.

L'écart entre les niveaux extrêmes, dans la section entre Matadi et Boma, est de 3 mètres environ ; il s'élève à 4 mètres entre le Stanley-Pool et les Falls; dans le haut Ubangi il dépasse 5 mètres. Ce n'est pas d'ailleurs avec le débit seul que varie le niveau des eaux : d'autres circonstances interviennent et notamment la nature des rives.

Le débit maximum du fleuve à Boma correspond à la période des pluies : dans l'hémisphère sud il est alors d'environ deux fois son débit minimum.

L'étroit goulet des chutes, en barrant le fleuve, contribue en partie à régulariser son débit.

Le Congo subit peu les oscillations des marées. Celles-ci, incapables de refouler son formidable courant, se bornent, en montant, à glisser sous lui en exhaussant légèrement son niveau (i"^85 à Banana, o'^SS à Ponta da Lenha).

Les eaux du Congo sont chargées de sédiments qui lui donnent une couleur brunâtre. Ces sédiments, arrachés aux rives du haut fleuve, sont

charriés en telle quantité qu'on estime à 35o millions de mètres cubes la quantité de débris que le courant dépose annuellement dans la mer, où il a formé un immense estuaire sous-marin, long de 480 kilomètres et bordé de montagnes atteignant plus de 1.800 mètres au-dessus du fond.

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