ETHNOGRAPHIE
Coup d'œil historique,
PÉRIODE PRÉHISTORIQUE. — L'Afrique peut se diviser, au point de vue de l'anthropologie préhistorique, en deux parties que la structure géologique sépare d'ailleurs également l'une de l'autre : c'est, d'une part, au nord, la zone méditerranéenne caractérisée par l'abondance de terrains marins et où l'âge de la pierre est arrivé à une perfection pouvant rivaliser avec ce que l'on connaît de mieux en Europe, et, d'autre part, l'Afrique centrale et australe séparée de la première par une vaste zone désertique et s'en différenciant par un état d'infériorité manifeste et d'autant plus frappant que l'âge de la pierre y a duré peut-être quinze siècles de plus qu'en Europe.
Le territoire du Congo fait partie de la seconde zone, et les nombreux instruments de pierre trouvés dans le haut et le bas fleuve permettent de conclure à l'existence d'wn âge de la pierre^ qui, vraisemblablement, ne fut pas local comme on l'a
prétendu, mais embrassa tout le bassin du Congo.
Quant à la division en âge de la pierre taillée et de la pierre polie, elle ne semble pas pouvoir être établie au Congo, car on trouve côte à côte des objets rentrant dans ces deux catégories et composés de la même matière première.
Les seuls vestiges d'objets polis ont été trouvés jusqu'ici dans le bassin de TUele et près du lac Moero où M. Diderrich signale l'existence de gouttières et de rainures produites dans le grès par le polissage d'instruments en pierre.
On est assez généralement d'accord pour considérer les pièces trouvées au Congo comme appartenant au quaternaire tout à fait supérieur.
Quelles furent les populations primitives qui fabriquaient ces instruments? Il est difficile de se prononcer là-dessus en toute certitude; mais il est probable que dans ces temps reculés le pays était occupé par une race naine : les NégrilleSy dont les descendants se retrouvent encore groupés en petites colonies principalement dans la forêt; certains d'entre eux utilisent même encore de nos jours des objets en pierre, notamment des pointes de flèche en silex.
A une époque indéterminée, une race d'hommes grands, à la peau colorée en noir foncé, les Nigritiens occupant le Soudan, se mêlèrent aux Chamites (Berbères, Fellahs, etc.) à peau rouge (i)
(x) La race Berbère a disparu et Ton n*en trouve plus de vestijm ou de types absolument purs. On en voit encore la trace sur les magnifique» peintures qui ornent les monuments égyptiens (Df Dryepondt).
et produisirent les peuples de type Bantu, qui, vers 6,ooo ans avant Tère chrétienne (i), chassés peut-être par quelque calamité ou par quelque invasion, se dirigèrent vers le sud et envahirent toute l'Afrique équatoriale et australe, de TUele au Cap, de l'océan Indien à l'Atlantique. Après avoir facilement vaincu les aborigènes, cette race grande et forte s'établit en maîtresse dans le pays, où elle apportait sans doute du Soudan l'usage du fer.
D'importantes migrations se produisirent parmi ces peuples, suivant deux grands courants principaux : l'un du nord au sud, l'autre du sud au nord, modifiant encore une fois profondément la constitution des peuplades.
Dans l'État du Congo, ces différents mouvements avaient produit des mélanges variés dont les Bakonjo de la Semliki nous montrent les descendants; peut-être les Balolo sont-ils également d'anciens Bantu.
Période msTORiQUE. — L'absence de tout monument ou de tout document écrit limite forcément la période historique aux migrations dont les peuples ont conservé le souvenir dans leurs traditions. Dans le bassin du Congo, cette période, évidemment fort obscure, semble avoir amené deux migrations principales chez les Bantu. L'une, d'une direction générale sud-ouest, nordest, dont les Baluba, les Wavira et les Walese
(i) Dr Jacques, d'après Franz Mùller.
ont gardé la mémoire, et qui ne doit pas remonter plus loin que le xvi* siècle, car elle semble avoir propagé dans toute la forêt le tabac et le manioc, plantes essentiellement américaines; l'autre, du nord-ouest vers le sud-est, que nous signale le groupe des habitants de la grande bouche du Congo : Bangala, Mobali, se disant tous venus du nord-ouest (en avant de Fans peut-être) et ayant refoulé les Balolo devant eux.
A la frontière orientale de l'État, une race de peuples pasteurs venus du Nord, les Bahima (Galla d'après Maury), envahissait dans l'entretemps rUnyoro et l'Uganda et, s'imposant aux anciens Bantu, formait d'importants royaumes comme ceux du Ruanda et de l'Unyoro, par exemple. Dans ce dernier, des révolutions, afiranchirent, à une époque inconnue, d'abord l'Ankole et tout dernièrement le Toro.
Vers le nord, les Azande abordaient le bassin du Congo et s'établissaient dans l'Uele.
Enfin, dans ces dernières années, l'élément sémitique arabe, venu du Zanguebar, avait prospéré dans la région orientale, amenant dans le vaste État un nouvel et dernier élément ethnique.
Des migrations de moindre importance avaient évidemment lieu sous l'influence de la famine, des inondations, etc. D'intimes mélanges de races se produisirent là où elles se trouvaient en contact, amenant la création de tribus métissées totalement différentes de leurs ancêtres.
L'influence des Européens de la côte occiden-
taie, des chasseurs d'esclaves, de la traite, modifia encore les mœurs des peuplades, surtout vers la côte, amenant finalement l'ethnographie congolaise à l'état complexe où elle se trouve aujourd'hui.
Actuellement, d'ailleurs, les mouvements des peuples ne sont pas encore terminés et dans le sud, par exemple, les Kioko descendent encore lentement, mais de façon continue, les vallées des affluents portugais du Kasai.
Généralités.
Vie sociale. — Quoique ayant formé jadis de grands empires féodaux, les peuples du Congo n'offrent plus que des tribus indépendantes que n'unit aucun lien politique. Placées sous les ordres d'un chef héréditaire et absolu, elles se groupent en un certain nombre de villages d'une population moyenne de 200 à 3oo habitants. Cependant, dans certaines régions, on rencontre des villages dont le nombre d'habitants dépasse de beaucoup cette moyenne.
Avant l'établissement de l'autorité de l'État, le chef avait droit de vie et de mort sur ses sujets, mais son pouvoir était souvent limité par une assemblée des anciens. Les pénalités qu'il prononçait étaient parfois fort graves ; elles comportaient généralement la mort en cas de meurtre, de vol, d'adultère, souvent aussi en cas de lèsemajesté.
L'organisation sociale comprend trois classes :
Les nobles ou riches^ membres de la famille du chef ou personnages influents par leur fortune; les hommes libres qui forment le gros des guerriers ; les esclaves. Pour préciser la situation de ceux-ci, il est nécessaire de diff'érencier nettement la traite de l'esclavage domestique.
La traite des esclaves^ c'est l'envahissement des villages par des bandes armées, l'extermination des habitants qui résistent, l'enlèvement des autres. Ces derniers sont conduits sur les marchés pour y être vendus; c'est la plaie qui, pendant près de trois siècles, souilla l'humanité et dévasta l'Afrique. Universellement réprouvée aujourd'hui, elle a totalement disparu de l'État du Congo avec les Arabes chassés du Manyema,
Dans ^esclavage domestique, qui n'est en définitive qu'un métayage, le noir, au contraire, n'est plus l'esclave au sens que nous donnons à ce mot, mais une sorte de domestique à vie, traité le plus souvent avec certains égards et dont l'existence se confond presque avec celle des classes privilégiées. Travaillant avec son propriétaire, partageant ses repas, prenant part à ses joies et à ses peines, il tâche de se faire aimer de son maître et y réussit souvent. Sa situation est si peu inférieure que, lorsqu'il est intelligent, on le voit s'enrichir et, parfois même, être choisi comme chef par ses concitoyens.
Ces mœurs sont solidement ancrées chez les noirs. Les supprimer du jour au lendemain serait
amener une perturbation qui bouleverserait le pays et occasionnerait les plus graves mécomptes. Seules, une longue occupation supprimant définitivement les guerres et des réformes changeront cet état de choses et amèneront toutes les classes à une égalité absolue.
Lorsqu'une décision importante doit être prise, elle est discutée en commun dans des réunions ou palabres^ où chacun émet son avis, le chef réservant le sien pour la fin.
Vie nutritive. — Dans toute la partie occidentale de rÉtat, la base de la nourriture du nègre est le manioc auquel il joint la banane, l'arachide, la patate douce, etc. A partir du Lomami et plus à l'est, il se nourrit surtout de graminées, trouvant dans le millet, le sorgho et l'éleusine sa principale subsistance. Le nègre rafible de la viande, et c'est dans son goût pour cet aliment qu'il faut chercher la principale cause de l'anthropophagie. Ses boissons favorites sont le vin de palme, le vin de canne, la bière de maïs ou de sorgho. Le tabac est répandu dans tout le bassin. On trouve le chanvre sur le moyen Kasai et plus à l'ouest, mais sa disparition, en raison de la guerre sans merci que lui fait l'État, peut être considérée comme prochaine.
Vie SENsmvE. — Le vêtement du nègre est le pagne variant de grandeur, du grand pagne allant jusqu'à la cheville jusqu'au petit tablier de lo cen-
timètres carrés. Il est fait de cotonnade européenne, d'étoffe indigène, de fibres ou d'écorce battue.
Le signe distinctif des races est le tatouage, formant souvent des cicatrices profondes sur la figure et le corps. A côté de ce tatouage national, s'étendant au groupe de tribus de même origine, chaque homme a le sien propre, complémentaire du premier.
Grand enfant par sa nature même, le noir adore les ornements, qu'il fait varier à l'infini. Ce sont parfois d'énormes colliers de cuivre (pesant jusqu'à 12 kilogr.) qu'il se passe au cou, les brassards et les jambières de fil de laiton, le pelele, disque d'ivoire qu'il loge dans un trou percé dans la lèvre. Sa coiffure est aussi une de ses grandes préoccupations : tantôt il se rase les cheveux partiellement, tantôt il laisse pousser ceux-ci naturellement, mais toujours il en forme soit un chignon, soit un ensemble de nattes ou de houppes ornées de perles, d'épingles d'ivoire, etc. Il aime aussi le fard. Certaines tribus, assez rares cependant, déforment la tête des enfants. Un grand nombre se taillent les dents en pointes ou en créneaux, ou en extraient quelques-unes.
Les instruments de musique sont généralement rudimentaires, à part ceux de certaines régions telles que le Kwango et l'Uele. Chez les Azande, la musique est fort répandue; les troubadours chantent, en s'accompagnant d'une sone de mandoline, les hauts faits de leurs ancêtres. Les noirs
affectionnent surtout les moyens musicaux tapageurs : tambours, tam-tams, gongs, hochets et grelots. Les Mangbetu, les Azande et les Bakuba sont les seules tribus signalées comme possédant un sens relatif de l'harmonie. L'usage de la trompe d'ivoire est très répandu et certains sonneurs, tels que ceux de l'Aruwimi et du Kwango, en jouent en véritables virtuoses. Les grelots sont utilisés surtout comme bracelets ou jambières; on rencontre au Congo de nombreux modèles de hochets, de sonnettes et de castagnettes. Parmi les instruments à percussion, signalons les tam-tams, les tambours, les gongs et les xylophones. Les instruments à lamelles et à cordes sont les plus parfaits : ce sont les marimba, les harpes-guitares, les mandolines, les lyres et les cithares.
La danse est pratiquée partout, généralement accompagnée de multiples contorsions, mais pouvant prendre parfois un caractère des plus gracieux comme la danse des femmes de Banzyville.
Vie affective. — Le fétichisme est si répandu parmi les populations congolaises que ses pratiques se retrouvent même chez les tribus ralliées au Coran par trente ans de domination musulmane. Les noirs croient généralement à une force suprême invisible, créatrice du bien et du mal et se manifestant par les éléments. Mais cette vague idée les préoccupe beaucoup moins que celle des esprits, qu'ils tâchent de se rendre favorables par des offrandes répétées ou par des sacrifices humains .
Leurs fétiches sont des objets de toute espèce : dents ou peaux d'animaux, touffes de poils, plantes, ossements et surtout statuettes en bois grossièrement sculptées la plupart du temps et répandues principalement dans le Bas-Congo, le Kasai et le Katanga. Celles-ci y sont considérées comme des représentants de la divinité; on leur réserve une hutte et elles sont l'objet de la vénération de tous.
Les autres fétiches sont plutôt des talismans, de même que les amulettes dont le goût est aussi fort répandu dans tout le bassin.
Les représentants du culte dans les tribus sont les féticheurs ou sorciers. Disposant d'un pouvoir souvent très grand, sauf dans quelques tribus du nord, ils fabriquent des fétiches qui guérissent les malades, chassent les maléfices et bénissent les guerriers allant en expédition. Ils se transmettent généralement leurs pouvoirs de père en fils.
Très superstitieux, les Congolais voient des présages heureux ou malheureux partout.
Ils croient généralement que la mort survenue ailleurs qu'à la guerre est due à de mauvais esprits; aussi les sorciers payent-ils parfois de leur vie la mort d'un personnage de marque. Quant à l'idée de la métemsycose, elle n'est répandue que chez quelques tribus du nord.
La polygamie est générale. Le mariage n'est que l'achat, par le mari, d'une femme qui travaillera pour lui et lui donnera des enfants. Mais cette épouse occupe une situation plus ou
— go —
moins importante, selon qu'elle est tirée de la classe des femmes libres ou de celle des esclaves. Les décès donnent lieu à des cérémonies toujours curieuses, mais aussi parfois cruelles. Le mort est enterré en grande pompe, avec une partie de ses richesses, au milieu des cris, des pleurs, des danses et des coups de fusil de ses amis. Dans le Haut-Congo la perte d'un chef servait souvent de prétexte autrefois à des sacrifices humains.
Vie individuelle. — L'habitation se résume, pour les peuples primitifs, uniquement à un couvert contre les éléments. Ils n'y voient autre chose qu'un abri indispensable et n'ont jamais songé à lui faire jouer un rôle quelconque autre que celui de protéger ses habitants contre le soleil, la pluie ou la tempête. L'indigène semble n'attacher aucune importance à son logis ; il n'a pour lui de valeur que par le travail qu'il lui a coûté.
La cause de cet état de choses est double : elle réside d'abord dans ce fait que la division infinie du pouvoir amène des guerres continuelles, dont la destruction des villages est le moindre des maux; ensuite, en ce que les tribus riveraines ou de l'intérieur, vivant de pêche ou de produits agricoles, sont souvent forcées d'émigrer pour rechercher de nouvelles pêcheries ou de nouveaux terrains à défricher.
On peut diviser les huttes congolaises en deux types bien différents : la hutte rectangulaire, à pignons et toitures à pans inclinés, et la hutte cir-
culaire, à toit conique ou hémisphérique. La première se rencontre surtout dans la partie occidentale du bassin {voir carte ethnographique, carton n^ î). Elle est peu élevée, le faite du toit est en moyenne à i"^75 du sol, empêchant donc un homme de taille moyenne de se tenir debout dans l'intérieur. Elle n'a comme ouverture qu'une porte basse. La hutte circulaire se compose le plus souvent d'un mur, en paille ou en pisé, sur lequel est placée une toiture conique ou un dôme. Les huttes coniques sont plus primitives que les huttes rectangulaires. Dans certaines régions, comme chez les Azande et dans l'Urua, ce sont parfois de véritables œuvres d'art, parfaitement construites et très solides. Les noirs arabisés bâtissent des maisons en pisé. Le placement des chimbèques groupés en village varie à l'infini ; mais là encore nous voyons le principe de l'adaptation au milieu. Tantôt les populations riveraines du fleuve n'ont qu'une étroite bande de terre entre le cours d'eau et le terrain marécageux de l'intérieur, tantôt l'état de guerre règne en permanence dans la région, tantôt encore la sécurité y est assurée et, selon les casL, on voit les villages allongés en une longue rue, concentrés en un point étroit et fort, ou encore largement éparpillés dans la forêt ou la savane.
Sur le haut fleuve, les villages sont généralement groupés. Les populations de l'intérieur fortifient leurs villages au moyen de fossés et de palissades, aussi bien dans l'Ubangi et la Mongala
que dans l'Urua et le Katanga, où les retranchements sont même remarquables. Les peuples riverains négligent parfois cette précaution et préfèrent, en cas d'attaque, abandonner leurs villages et fuir par le fleuve. D'autres encore construisent des habitations lacustres (Mongala, lac Moria). Enfin, certains noirs de l'intérieur des terres (les Ababua) cherchent un refuge dans les arbres.
Les soins de la culture, réservés presque partout à la femme, atteignent dans certains districts un degré de perfection remarquable. Le sol, d'une fertilité extraordinaire, donne à foison tout ce que l'habitant lui demande. Celui-ci ne possède encore, à part de rares exceptions, que du petit bétail : chèvres, moutons, etc., circonstance défavorable à la grande culture.
A part les Nuba et les Nigritiens du nord, les Balamotvo et les Momvu, les peuples du Congo parlent des idiomes divers, mais où certains préfixes montrent une communauté d'origine, par exemple le ba et le u pour indiquer le pays.
Tout le Bas-Congo parle le fiotCj langue commerciale d'une étude facile. En amont de Léopoldville on parle le Bangala le long du fleuve et de ses affluents, le Sango dans l'Ubangi. Dans les contrées occupées autrefois par les traitants arabes (province orientale), le Swahili ou Kiswahili (dialecte de Zanzibar) est devenu une sorte de langue commerciale qui n'est pas, bien entendu, la langue des natifs.
Les industries indigènes sont de nature fort
différente. En général, les nègres du Congo sont agriculteurs, mais des circonstances locales leur donnant un travail plus lucratif les ont parfois détournés de cette occupation naturelle.
C'est ainsi que certaines tribus sont renommées pour les objets en fer et en cuivre qu'elles forgent avec un goût réel ; d'autres tissent, au moyen d'un métier semblable à celui de nos aïeux, des étoffes résistantes et assez jolies. Leurs paniers et leurs nattes seraient dignes de vanniers européens, et leurs poteries montrent chez eux un certain souci artistique. Les noirs se signalent encore dans la construction de leurs engins de pêche : filets et nasses. Ils font aussi des ponts de lianes remarquables, mais la qualité par laquelle le nègre brille surtout c'est par le don, inné chez lui, d'échanger des produits. Il le fait avec un art auquel n'atteint pas le plus roué des négociants européens. Les peuples commerçants, presque tous riverains du fleuve ou de ses affluents, sont souvent des bateliers de premier ordre. La principale distraction de l'homme est la danse.
La chasse au gros gibier se fait le plus souvent au moyen de pièges. Quant à la pêche, le filet et la nasse, l'empoisonnement des eaux et le barrage des criques sont les principaux moyens usités.
Guerre. — La multitude des peuplades entre lesquelles est divisé le sol devait naturellement amener une foule de conflits. Avant l'arrivée des Européens dans le pays, l'état de guerre était per-
manent dans le bassin du Congo : pas de mois sans qu'une contestation, un méfait quelconque n'amenât une guerre toujours désastreuse entre tribus. Joignons-y les horreurs de la traite dans
la région orientale et nous pourrons nous faire une idée de la malheureuse situation des populations congolaises à cette époque.
L'occupation européenne fait disparaître en grande partie ces regrettables usages, auxquels se substitue rapidement l'arbitrage des employés du gouvernement.
GRANnSS niVISIONS ETHNIQUES
Les populations du Congo peuvent se ramener à quatre races bien distinctes :
/ 10 Bantu de la côte et de A. Les Bantu ) la brousse,
occidentaux. \ 20 Bantu des forêts.
( 30 Bantu des savanes.