I. - LES BANTU
Les peuples de langue bantu occupent presque toute l'Afrique australe et se distinguent nettement des Nigritiens par la nuance de la peau, les traits moins nègres, la forme du crâne, la démarche et surtout par Tidiome, qui seul unit des populations en apparence si diflférentes.
Les Bantu ont été divisés en trois groupes : les Bantu du sud, les Bantu orientaux et les Bantu occidentaux ou du Congo.
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A. - LES BANTU OCCIDENTAUX -• \.
Ceux-ci peuvent se diviser en :
i^ Bantu de la côte et de la brousse modifiés pour la plupart par un long contact avec les Européens ;
2^ Bantu des forêts^ ayant gardé dans la grande forêt équatoriale leurs mœurs et le goût prononcé des tatouages;
3^ Bantu des savanes ou habitants de la savane australe, qui se distinguent à la fois par les grands États qu'ils ont formés, d'où une grande unité de coutumes, et par la rareté des tatouages.
i^ Les Bantu de la côte et de la brousse.
On peut diviser les Bantu de cette catégorie en deux grands groupes ethniques parlant des langues ayant entre elles de grandes affinités.
a. Les Bakongo.
b. Les Bateke.
a. Les Bakongo. — Les peuples du Bas-Congo appartiemient au groupe ethnographique desFtotes ou Ba-Fiot^ qui, par les Cabinda, se rattache aux Bantu Gabonais. Leurs relations avec les Européens, qui datent de quatre siècles, ont altéré profondément leurs mœurs, modifiant certains usages, en supprimant d'autres, mais laissant malheureusement subsister les plus cruels.
l;es*Bakongo comprennent les :
. ': * Muserongo,
Kakongo, Mayumbe, Basundi, Bakongo proprement dits.
Les Muserongo occupent principalement la rive méridionale du bas Congo depuis la mer jusque vers la Roche Fétiche, mais vers la première moitié de ce siècle, un de leurs clans franchit le fleuve et s'établit dans le district actuel de Banana (depuis Banana jusque vers Ponta da Lenha).
D'une absolue indépendance politique, ce peuple forme d'assez nombreux villages qui ne se groupaient autrefois qu'en cas de guerre nationale. Depuis l'établissement de l'autorité de l'État, les querelles de village à village ont disparu chez eux.
Les Muserongo allaient autrefois faire le commerce et acheter des esclaves à San-Salvador.
Ils constituent une race forte, intelligente et, comme on le remarque chez tous les nègres, très superstitieuse.
Le tatouage n'existe pas : les cicatrices que portent beaucoup de ces indigènes proviennent d'incisions pratiquées comme remède par les Ganga-Kisi (sorciers); il y a quelques années le pagne était le seul vêtement des deux sexes. Aujourd'hui les hommes portent la chemisette, le gilet et le pantalon, et les femmes, quand elles
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doivent se présenter, se couvrent des épaules aux pieds. Ces indigènes se liment parfois les deux rangées de dents en pointes triangulaires; ils fabriquent des colliers et des manilles en zinc, cuivre et argent et portent souvent aux oreilles des anneaux en argent.
L'agriculture et la pêche, qui résumaient jadis les principales occupations des tribus Muserongo, ont beaucoup perdu de leur importance ; vers i885 encore, la production d'arachides était très conséquente. Actuellement, les femmes ne cultivent plus qu'un carré d'arachides pour les besoins de la famille ; elles y ajoutent la culture du manioc, base de l'alimentation, puis en petites quantités : le maïs, les patates et les haricots. Les hommes désireux de se procurer des articles européens s'engagent au service de l'État ou des particuliers, ou préparent du bois à brûler pour les vapeurs ou pour les cuisines européennes.
Les Kakongo sont établis sur la rive droite du Congo au nord de Boma; ils forment de populeux villages entourés de belles plantations.
Les Mayumbe occupent la région dont ils portent le nom au nord des Kakûngo dont ils se distinguent avantageusement tant au point de vue physique qu'au point de vue de la densité de la population.
Ils formeraient, d'après Reclus, la transition entre le groupe ethnique Gabonais et celui du Congo.
Entre les Mayumbe et la frontière française on
Ïjes^Bakongo comprennent les :
. ': * Muserongo,
Kakongo, Mayumbe, Basundi, Bakongo proprement dits.
Les Muserongo occupent principalement la rive méridionale du bas Congo depuis la mer jusque vers la Roche Fétiche, mais vers la première moitié de ce siècle, un de leurs clans franchit le fleuve et s'établit dans le district actuel de Banana (depuis Banana jusque vers Ponta da Lenha),
D'une absolue indépendance politique, ce peuple forme d'assez nombreux villages qui ne se groupaient autrefois qu'en cas de guerre nationale. Depuis l'établissement de l'autorité de l'État, les querelles de village à village ont disparu chez eux.
Les Muserongo allaient autrefois faire le commerce et acheter des esclaves à San-Salvador.
Ils constituent une race forte, intelligente et, comme on le remarque chez tous les nègres, très superstitieuse.
Le tatouage n'existe pas : les cicatrices que portent beaucoup de ces indigènes proviennent d'incisions pratiquées comme remède par les Ganga-Kisi (sorciers); il y a quelques années le pagne était le seul vêtement des deux sexes. Aujourd'hui les hommes portent la chemisette, le gilet et le pantalon, et les femmes, quand elles
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doivent se présenter, se couvrent des épaules aux pieds. Ces indigènes se liment parfois les deux rangées de dents en pointes triangulaires; ils fabriquent des colliers et des manilles en zinc, cuivre et argent et portent souvent aux oreilles des anneaux en argent.
L'agriculture et la pêche, qui résumaient jadis les principales occupations des tribus Muserongo, ont beaucoup perdu de leur importance ; vers i885 encore, la production d'arachides était très conséquente. Actuellement, les femmes ne cultivent plus qu'un carré d'arachides pour les besoins de la famille; elles y ajoutent la culture du manioc, base de l'alimentation, puis en petites quantités : le maïs, les patates et les haricots. Les hommes désireux de se procurer des articles européens s'engagent au service de l'État ou des particuliers, ou préparent du bois à brûler pour les vapeurs ou pour les cuisines européennes.
Les Kakongo sont établis sur la rive droite du Congo au nord de Boma; ils forment de populeux villages entourés de belles plantations.
Les Mayumbe occupent la région dont ils portent le nom au nord des Kakûngo dont ils se distinguent avantageusement tant au point de vue physique qu'au point de vue de la densité de la population.
Ils formeraient, d'après Reclus, la transition entre le groupe ethnique Gabonais et celui du Congo.
Entre les Mayumbe et la frontière française on
rencontre les Basundi, race énergique et fière, groupée en nombreux villages et se livrant à la chasse et à la pêche. Les femmes cultivent les champs, font quelques poteries et de très jolies vanneries. Placés en dehors des communications habituelles, les Basundi ne sont pas encore aussi complètement soumis à Tinfluence européenne que leurs voisins.
Les Bakongo occupent la région du sud du fleuve, de Matadi à la limite ouest des Banfumu et des Bayaka, en villages disséminés dans la brousse à Tabri de petits bouquets d'élaïs.
Résistant admirablement à la fatigue, ils fournirent presque tous les porteurs de la région des Cataractes avant la construction du chemin de fer du Bas-Congo ; plus tard ils rendirent des services très appréciés à cette entreprise soit comme terrassiers, soit dans les stations; par contre, ils ont toujours été de médiocres bateliers. L'achèvement du chemin de fer les a rendus à l'agriculture.
L'occupation européenne a mis fin chez eux à toutes les guerres : l'arbitrage du blanc termine maintenant toutes les contestations.
Il faut sans doute rattacher aux peuples Bakongo les Dika-Dika et les Ltda-Lula qui séjournent dans les environs de Lula Lumene et dont l'idiome se rapproche de celui du Bas-Congo.
b. Les Bateke. — Les Bateke comprennent les :
Batehe proprement dits, Bambumu,
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Babutna, Baiende, Babali, Battfumu.
Les Bateke habitent en majeure partie le territoire français depuis les sources de TOgoué au nord jusqu'au Congo entre TAlima et le Stanley- Pool, au sud et à Test. Quelques-unes de leurs tribus vivent à Test du Pool jusqu'au bas Kasai et derrière Bolobo ; on rencontre même des Bateke au sud d'Eyolo. Quelques cicatrices peu profondes allant du menton aux tempes et semblables à celles que pourrait faire un peigne et les cheveux en chignon : tels sont les signes caractéristiques de leur race.
Peuple aristocratique, très coquet, le Bateke aime les étoflfes européennes, portant même avec une belle prestance dans les cérémonies des pagnes de soie et de velours drapés en péplum. Ces indigènes semblent être venus du nord et leur teint très foncé pourrait faire voir en eux des Nigritiens plus ou moins abâtardis.
Ce sont avant tout d'habiles intermédiaires commerciaux, négligeant toute culture. Leurs pirogues sont assez petites, mais ils les conduisent avec une habileté et une rapidité extraordinaires.
Leurs armes sont le fusil à pierre et la lance.
Les Bambumu, anciens habitants des rives, ont été rejetés vers l'intérieur par les Bateke. Ils
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forment les véritables aborigènes de la région située à Test du Stanley-Pool.
Très paisibles, ils vivent généralement en petits groupes abrités dans la savane par quelques bouquets d'élaïs. Sous l'impulsion de l'État, ils sont devenus agriculteurs ; ils ont créé de vastes plantations de manioc qui leur permettent de suffire à la nourriture tant du poste de Léopoldville que des factoreries et des missions du Pool.
Les Babuma qui habitent le bas Kasai, la région au nord de la basse Fini et le Kwango jusqu'au delà de Wamba constituent une tribu très importante. Ils ont, comme toutes celles que nous classons dans la rubrique ^ Bateke ", les os minces, la taille petite et les muscles peu développés, mais leurs formes sont néanmoins si parfaites, leurs femmes si gracieuses qu'ils constituent malgré tout une belle race. Les femmes portent au cou et aux chevilles des colliers de cuivre d'un poids de plusieurs kilogrammes.
Les Babuma sont les plus habiles potiers du Congo. Leurs produits, quoique fabriqués sans tour, présentent des lignes régulières et souvent élégantes. Ils exportent leurs poteries dans tout le haut fleuve, les échangeant contre l'ivoire, le tabac, le poisson séché et les arachides, qu'ils revendent ou consomment ensuite.
Ce peuple emploie, comme les Bateke et les Bayanzi d'ailleurs, le système de numération décimale dans toute sa rigueur.
Les Batende sont les peuples occupant l'in-
teneur du pays entre Bolobo et le lac Léopold IL Ce sont des tribus encore très sauvages et cannibales chaque fois que l'occasion s'en présente. Elles se livrent à l'agriculture, fixant davantage leur attention sur les arachides qu'elles produisent en grandes quantités. Elles s'adonnent aussi à la chasse et employent comme armes le fusil à pierre, la lance et le couteau.
Les Babali, concentrés vers Kwamouth, tendent à disparaître au milieu des indigènes avec lesquels ils sont en contact.
Les Banfumu ou Banfumuka peuplent la contrée située à l'est de Kimpoko s'étendant à l'ouest jusqu'à la rivière Sele, délimitée au sud par le 4<>5o' latitude sud environ jusqu'à la Lufimi, par cette rivière jusque vers 4°3o', par ce parallèle jusqu'au Kwango, et allant au nord jusque près du Kasai.
Ils ont un tatouage analogue à celui des Bateke, mais ils l'emportent sur eux en vigueur, musclés qu'ils sont comme de véritables athlètes. L'angle facial est très ouvert, le nez peu épaté, la barbe abondante et les cheveux sont tressés en chignon au sommet de la tête. Les femmes minces, élancées sont souvent jolies.
Le pagne est porté par les hommes jusqu'à la cheville, et jusqu'au genou par les femmes.
Les huttes sont carrées, formant de grands villages souvent fortifiés. Ceux-ci sont ombragés par de nombreux arbres et entourés d'importantes cultures de maïs, d'arachides, de manioc et de
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millet. Le petit bétail abonde dans les villages.
Ces indigènes sont très farouches et très sauvages. Ils pratiquent Tanthropophagie sur une grande échelle.
Très prévoyants, ils construisent des greniers surélevés pour y remiser leurs provisions de maïs et de millet.
Les Banfumu bornent leurs faits de guerre à tendre des embuscades à leurs voisins pour se procurer des victimes. Leurs armes sont le fusil à pierre, le grand arc et la lance.
2<> Les Bantu des forêts.
Les populations que nous réunirons sous le nom de Bantu des forêts couvrent la majeure partie du territoire de l'État du Congo. Quoique fort différentes en apparence, elles présentent entre elles de grandes similitudes d'aspect, de mœurs et d'usages qui ne permettent actuellement que des subdivisions géographiques ou linguistiques.
Nous les étudierons donc en les groupant d'après les bassins ou les régions naturelles qu'elles occupent, en peuples :
A. De la grande boucle du Congo et du bassin
du Kasai.
B. Du bassin de V Ubangi.
G. Du Lomami à r Albert-Edouard.
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a. — La grande boucle du Congo et le bassin du Kasai.
Les peuples qui occupent la grande boucle du Congo jusqu'au Lomami peuvent se ramener à quatre groupes ethniques :