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Les Bangala. — Groupe des Bangala

Bayanzi,

Bakutu-Wangata,

Baloi,

Bondjo,

Bangala proprement dits,

BapotO'Bazoko,

Mobali' Maginza,

Budja,

Mondunga ?

Le groupe ethnique des Bangala est certainement un des plus importants de tout le Congo. On peut y comprendre non seulement les Bangala proprement dits, mais les Bayanzi, les Bapoto ou Upoto et les tribus environnantes dont l'aspect, les mœurs et surtout le dialecte ressemblent fort à ceux des Bangala et les peuples de l'intérieur au nord du fleuve, que nous appellerons Mobali.

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Les Bayanzi ou Babangi forment une des plus importantes tribus du haut Congo. Ils s'étendent sur les deux rives du fleuve, du sud de Tlrebu et du bas Ubangi jusqu'au Kasai. Ils seraient descendus du nord il y a un siècle.

Ils ont comme tatouage la feuille de palmier sur la tempe et sur le front la crête de coq bangala {voir page 112), mais atténuée. Grands amateurs d'étoffes européennes, ils portent le long pagne allant jusqu'à la cheville ; les cheveux sont coiffés en tresses; la moustache est rasée, mais la barbe reste entière.

Ce sont des hommes grands, forts et robustes, aux os épais, aux muscles développés, se rapprochant beaucoup du type bangala. Malheureusement leurs mœurs déréglées stérilisent les femmes.

Ils groupent généralement leurs huttes par familles et les entourent de petites plantations et d'une haie vive. Les villages sont parfois très importants, comme, par exemple, les grandes agglomérations de Bolobo et de Tshumbiri.

Les Bayanzi se distinguent par leur activité, leur esprit d'initiative et leur activité commerciale.

Ils ont acquis sur tout le haut fleuve, dont ils sont les commerçants les plus entreprenants, un véritable ascendant.

Ceux de Bolobo et de Tshumbiri se rendent dans le Kasai, la Lukenie et le lac Léopold II pour y faire leurs achats d'ivoire. L'ayant vendu en aval où ils l'ont conduit dans leurs grandes et

belles pirogues, ils viennent, après une absence de six à huit mois, se reposer chez eux.

Leurs cultures consistent surtout en manioc, maïs et haricots. Très turbulents, très belliqueux, ils tentaient encore parfois, il y a quelques années, des razzias chez leurs voisins, se servant pour combattre de fusils à pierre, de lances qu'ils achètent en amont et de leur couteau national.

Les Bakutu habitent le long des cours d'eau et surtout du Congo, au nord du lac Tumba. Ils portent le tatouage en crête de coq des Bangala, mais atténué, et les feuilles de palmier sur les tempes. Ils comprennent parmi eux la tribu bien connue dés Wangata, qui peuple les environs de Coquilhatville.

Les Baloi sont riverains du bas Ubangi et de la Giri; ils n'ont généralement pas de tatouage, mais on en rencontre parfois ayant sur le front cinq petites colonnes de traits horizontaux peu marqués.

D'une taille bien au-dessus de la moyenne, ils sont caractérisés par un front proéminent et une tête forte complètement rasée. Ils s'arrachent les quatre incisives supérieures.

Presque seuls au Congo, ils emploient la cuirasse en peau d'éléphant, d'antilope ou de buffle, et portent le couteau devant la poitrine.

Les Botidjo habitent les rives de l'Ubangi jusque vers Zongo. Leurs villages forment de longues rues continues, perpendiculaires à la rive. Dans l'intérieur ces villages sont fortifiés. Les indigènes.

d'une stature admirable (souvent in^go et les hommes de i"^7o sont au-dessous de la moyenne), sont anthropophages. Ils usent peu de tatouages sur les tempes. Ils portent souvent sur le corps de jolis tatouages en losanges.

Les Bondjo se rasent la tête en y ménageant quelques houppes, s'enlèvent les incisives de dessus et se percent le lobe des oreilles pour y introduire des rondelles de bois.

Les femmes portent au cou d'énormes colliers de cuivre à section en T.

Leurs armes offensives sont grandes et belles.

Ils emploient, comme les Baloi, la cuirasse de peau comme arme défensive; le bouclier, très solide, est une merveille de vannerie.

Ils cultivent la banane, le manioc, la canne à sucre et font beaucoup d'huile et de vin de palme.

Ce sont aussi de très bons forgerons et de solides pagayeurs, ramant debout.

Les Bangala, qui, d'après la tradition, seraient venus du nord-ouest soit en franchissant l'Ubangi et le Congo, soit en descendant le premier et en remontant le second de ces cours d'eau, occupent les rives du Congo dans la partie descendante de la grande boucle, formant un certain nombre de tribus confédérées.

Tous ils portent une sorte d'étrange crête de coq tatouée sur le front, depuis la base du nez jusqu'à la racine des cheveux. Cette crête fait souvent saillie de deux centimètres. Ils ont divers tatouages secondaires sur le corps et se taillent

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devant les oreilles un groupe de cicatrices qui semble être une imitation de feuille de palmier. Ils se taillent aussi les dents et s'épilent ; ils ont le vrai type nègre dont le caractère est encore accentué par l'usage qu'ils ont de se raser la tète en partie ; ils forment de part et d'autre de la tête deux sortes de cornes.

Ce sont des hommes grands, à large carrure, à l'air intelligent et éveillé.

Leurs cases rectangulaires, dont le toit comporte un pignon à angle et se prolonge en véranda vers la rue, sont réunies en villages énormes.

Les Bangala se nourrissent de manioc, de patates et de bananes ; jadis très anthropophages, ils semblent près d'abandonner ces mœurs barbares.

Quoique très susceptibles d'attachement, ils ont sur le mariage les mêmes idées que les Bapoto ; il en est de même des funérailles. Ils sont très impressionnables et passent vite de la gaîté à la tristesse. Leur mémoire merveilleuse, leur adresse étonnante à découvrir les pistes , les grandes facultés de leurs enfants et de leurs jeunes gens pour apprendre les divers métiers sont leurs traits principaux.

Les Bangala forgent le fer d'après la méthode généralement répandue au Congo. La pêche se fait surtout avec des nasses qu'ils attachent à leurs pirogues. Celles-ci, très bien construites, sont de deux sortes : un type ordinaire terminé en pointe effilée, très gracieux; un autre à fond plat pour

naviguer dans les petits bras fluviaux sans profondeur.

L'agriculture est fort en honneur et consiste en grandes plantations très soignées de manioc, de canne à sucre et surtout de bananiers qui existent en quantités énormes. Le maïs est peu cultivé, de même que les légumes.

Leur langue ressemble à celle des Babanzi ; elle forme l'élément principal de l'idiome commercial qui sert aux relations quotidiennes dans la plupart des postes.

Les Bangala ont, comme guerriers, une réputation qui n'est plus à faire. C'est à eux que Stanley livra son plus terrible combat pendant sa première descente du fleuve.

Ils constituent une race du plus grand avenir, chez laquelle l'État recrute depuis longtemps de nombreux et excellents travailleurs.

Les Bapoto ou Upoto. Les Bapoto habitent sur les deux rives du Congo, depuis la Mongala jusque vers l'embouchure de l'Itimbiri. Ce sont de beaux nègres parmi lesquels on remarque beaucoup d'individus de haute stature.

Ils se tatouent aff'reusement en se couvrant la face de petites cicatrices formant plusieurs rangées verticales et horizontales, La chevelure, très soignée, forme tantôt deux tresses tombant de part et d'autre de la tête, tantôt un chignon en forme de pyramide ou de cône. La barbe est rare.

Les hommes arrangent souvent leurs cheveux en deux grands bourrelets séparés par le milieu.

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Ils portent le pagne, morceau d'étoffe passé entre les jambes et retenu par une étroite ceinture qui entoure les hanches ; les femmes portent une mince corde garnie parfois de perles et attachée autour des hanches, ou plusieurs cordons auxquels, à certaines époques ou fêtes, elles suspendent des feuilles.

Les notables portent d'énormes colliers de perles blanches ou de cauries et des jambières en fil métallique.

Les Bapoto ont sous leur domination de nombreux esclaves, venus de l'amont ou de l'intérieur, qu'ils traitent d'ailleurs en affranchis.

Très polygames, ils ne voient dans la cérémonie du mariage qu'un achat. Les enterrements sont fort compliqués.

Ils croient beaucoup aux fétiches.

Les riverains sont d'excellents pécheurs laissant toute la culture aux gens de l'intérieur. Les femmes font de jolies mais fragiles poteries, qu'elles décorent avec du vernis copal. Elles font aussi des nattes en fibres de raphia.

Le cuivre et le fer sont assez répandus, surtout aux environs de Bumba. On ignore le tissage.

Les armes, très bien faites, sont la grande lance, la lance de jet, le grand couteau et le bouclier d'osier.

Les villages Bapoto comportent une série de places carrées donnant sur le fleuve. Les cases sont rectangulaires et formées par des nervures et des feuilles de palmier; le toit également recou-

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vert de ces feuilles est à pignon angulaire et forme parfois une étroite véranda donnant sur la rue.

La langue parlée par les Bapoto appartient au groupe Babangi-Bangala- Bapoto-Mobali .

On peut rattacher aux premiers les Bazoko, qui habitent les rives du bas Aruwimi. Ils se divisent en deux agglomérations, Tune en amont du poste de Bazoko, l'autre en aval, beaucoup plus énergique que la première. Les Bazoko d'aval sont originaires de la forêt, dont ils émigrèrent il y a un demi-siècle environ.

Le fond de leur nourriture est constitué par le manioc, les bananes et les légumes ; le poisson y entre aussi pour une grande part. Ils sont anthropophages.

Le tatouage national est composé de gros points bordant les lèvres et couvrant le menton et le front.

Ils ramènent leurs cheveux en arrière en un certain nombre de tresses plates et se percent les oreilles de trous dans lesquels ils passent des ficelles. Leur vêtement est le pagne d'écorce battue ; les femmes ne portent qu'un petit tablier de lo centimètres de côté.

Les Bazoko habitent des huttes couvertes d'un toit très pointu; ils se groupent en importants villages comprenant parfois 8.000 habitants (Yambuya).

Très industrieux de leur nature, ils façonnent le fer en gros fers de lance et construisent d'énormes pirogues pouvant contenir plus de

cinquante personnes. Ce sont aussi d'excellents pêcheurs et les meilleurs bateliers de la région.

Comme toutes les nations fortes, les Bazoko aiment la guerre. Ils emploient pour combattre le bouclier, la lance, Tépieu et le grand couteau recourbé.

Les Mobali habitent les bords de la Dua. Entre eux et les Bapoto vivent les Maginza (appelés aussi Gombe-Moya ou Elombo), dont le tatouage et la langue sont tellement semblables à ceux des premiers qu'on peut considérer les Maginza comme une branche de la tribu Mobali. Le nom de Maginza s'applique donc aux indigènes habitant entre le Congo et le Mongala-Dua.

Ceux-ci ne représentent pas le vrai type nègre ; leur constitution est robuste et la taille moyenne. Ils ont le teint brun sombre, les cheveux noirs et crépus, parfois la barbe, le front haut, les pommettes saillantes.

Au nord du Bumba, à l'intérieur, vit la tribu turbulente des Budja : le tatouage consiste en quatre lignes d'incisions verticales sur le front et une ligne allant d'une oreille à l'autre au-dessus des sourcils. Certains Budja portent également trois lignes horizontales sur les joues et un carré d'incisions sur le ventre. La plupart ont les quatre dents centrales limées et le nez percé. Il faut probablement rattacher à cette tribu celle des Mokengere du district de l'Uele.

L'arme principale des Mobali est la lance.

Le tatouage de face qui seul est identique chez

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tous les membres de la tribu consiste en petites cicatrices formant sur le front plusieurs raies transversales et, au-dessus du nez, quelques courtes raies longitudinales; les autres parties du visage sont peu ou point tatouées; cependant les Mobali ont le bas du visage un peu plus tatoué que les Maginza.

Les oreilles sont parfois percées et les dents limées en pointe. Les cheveux tordus et nattés sont disposés en bourrelets et en tresses et parfois enfilés de perles; les hommes portent souvent comme coiffure un bonnet de peau, mais plus rarement chez les Mobali.

En guise de vêtement, ils ont le pagne en étoffe, tandis que les femmes se contentent d'une corde mince ou d'une liane agrémentée de perles. Les Mobali sont plus belliqueux et plus cannibales que les Maginza.

Les premiers s'occupent surtout de la pêche et de la fabrication du sel : poissons, sel et noix palmistes sont échangés avec leurs voisins de l'intérieur, Mongwandi au nord et Maginza au sud, contre des bananes, du maïs et du manioc.

Les cases mobali sont bâties généralement sur pilotis et affectent la forme rectangulaire; le toit en est à pignon angulaire et couvert de feuilles de palmier.

Indépendamment de celles-ci on rencontre dans leurs villages des hangars servant pour les réunions et pour la fabrication du sel. Ils fabriquent de belles pirogues d'une pièce atteignant parfois

12 à i5 mètres de longueur et dépassant i mètre en largeur. Ils rament debout.

Les Maginza construisent leurs cases sur un socle continu d'argile ; les parois sont en écorce et en planches, plus rarement en nervures de feuilles de palmier ; le toit à deux faces et à pignon angulaire est couvert de feuillage.

Mobali et Maginza parlent une langue presque identique {voir Bapoto). Ils élèvent des poules et des chèvres, mais en petite quantité, et se livrent à la chasse avec passion. Ils font usage pour celle-ci de harpons avec pointe de fer reliée à la hampe par un lien tressé.

Leurs armes sont la lance, dont le fer atteint parfois 70 à 90 centimètres, la sagaie, la flèche à pointe de fer ou de bois, le couteau droit et plus rarement courbé. Leur bouclier en vannerie rappelle celui des Bapoto.

Au nord d'Upoto, entre les Bapoto et les Maginza, on rencontre la remarquable tribu des Mondunga, qui se distingue des tribus voisines par la langue : celle-ci s'écarte complètement non seulement de celle des peuplades d'alentour, mais même des langues bantu et semble se rapprocher de celles du Soudan par l'emploi fréquent de suffixes. Thonner suppose qu'ils ont été entourés complètement lors des migrations des Mobali ou qu'ils ont émigré postérieurement à ces dernières.

Sur la haute Dua, les habitants du village de Mugende ont à la fois le caractère des Mobali et des Mongwandi.

En remontant la Mongala on rencontre successivement, à partir de l'embouchure, des populations ayant des traits communs tantôt aux Bangala et aux Bapoto, tantôt aux Bapoto et aux Mobali, voire même aux Bapoto - Bangala - Mongwandi (tribu d'Akula).

2, Les Ababua, — Groupe des Ababua :

Ababua,

Ba-Ieu,

Balisi,

Benge,

Mongingita?

Mogandzulu,

Bakango,

Morisi,

Mondungwali,

Mondungima,

Womeme,

Moganga,

Mobalia.

Les Ababua proprement dits habitent la région comprise entre TUele, le Bomokandi, la Mokongo, l'Angwa, l'Andu et la Bima. Seulement ce nom a été étendu aux indigènes occupant les terres comprises entre : au nord TUele, à l'est le Bomokandi jusqu'à son confluent avec la Mokongo (cette dernière rivière les sépare des Azande), au sud la vallée du Rubi et à l'ouest la limite du bassin du Bali (affluent du Rubi). Le mot Ababua

désigne donc également les Ba-Ieu installés au sud de la Bima, ces derniers comprenant les Balisi, les Benge et peut-être les Mongingita, qui occupent le sud de l'Uele entre 24°3o' et 25°3o'.

Les Mogandzulu sont également de race Ababua. Anciens riverains du Tele, ils furent repoussés jusque sur le Bali. Leur grand chef Boro s'est construit un village à proximité du poste de Buta.

Certains Ababua vivent enclavés dans les Azande : tels sont les Abasango et les Mobenge, qui occupent, les premiers, la rive gauche de l'Uele sur i5o kilomètres à partir d'Angu environ, et les seconds la région située au sud des premiers. Les Abasango sont des agriculteurs, des pécheurs et des bateliers d'une endurance extraordinaire. Les Mobenge, qui tendent à disparaître, s'occupent de chasse et de culture.

Les Ababua, unis par la langue, les mœurs et les usages, forment une belle race bien proportionnée et de physionomie agréable.

Très énergique chez lui, l'Ababua, transporté ailleurs, se démoralise ; il manque de vigueur au point de fournir de détestables porteurs; la femme lui est sous ce rapport de beaucoup supérieure.

Le tatouage distinctif consiste en trois à cinq lignes de petits points tracés sur le front en V très ouvert. Parfois des bandes de points joignent les tempes passant sous le nez et sous la bouche.

Souvent l'oreille percée porte une rondelle de

bois atteignant jusqu'à 5 centimètres de diamètre. Le corps est généralement tatoué de losanges ou de rosaces.

Les femmes sont fort belles.

L'habitation varie suivant les régions. Les vrais Ababua construisent des huttes carrées ou rectangulaires à murs en pisé et toit en feuilles ; rarement elles sont rondes.

Les Ba-Ieu ont la hutte ronde à toit conique, atteignant de 4 à 5 mètres de hauteur.

La vie du Babua a beaucoup de points de ressemblance avec celle du paysan européen. Les produits cultivés sont la banane et le maïs et accessoirement le manioc, les courges, les patates douces, etc.

La chasse est son plaisir favori : il y emploie des filets et des chiens dressés ; il ne chasse cependant ni l'éléphant ni l'hippopotame dont il a peur.

Chaque village possède son ou ses forgerons qui font preuve d'une très grande adresse. La vannerie est aussi fort en usage, de même que la corderie et la poterie.

La fertilité et la richesse de leur pays ont souvent tenté les voisins du nord et de l'est et les Arabes venant du sud. Aussi le Babua isolé est-il toujours armé de pied en cap et ses villages sont admirablement organisés au point de vue défensif : les moyens d'observation sont combinés de telle sorte qu'une surprise est impossible.

Les Ababua sont très cannibales, fort traîtres. Ils ont comme armes des lances à fer énorme, des

arcs, des flèches et le couteau d'exécution ; comme arme défensive des boucliers; pas d'armes empoisonnées.

Les Bakango du Bomokandi, en aval de la Mokongo, sont des Ababua; leur occupation principale est la pèche. Ceux que Ton trouve installés depuis le rapide de Panga jusqu'à celui de l'Usu ont aussi tous les caractères, les mœurs et le langage des Ababua,

Le Bakango, ce terme étant pris dans un sens général, n'a jamais abandonné la rivière; il a subi les fluctuations de la politique indigène en élément absolument passif et ne s'est jamais considéré comme tenu de suivre les indigènes de sa race lorsque pareille pérégrination aurait pu l'éloigner de son champ d'action favori, la rivière. .

Les Morisi sont également des Ababua (i), de même que les Mondungwali, les Mondungima, les Womemey les Moganga et les Mobalia.

3. Les Mongo ou Balolo. — Groupe des Mongo : Mongo, Maringa, Tumba,

Badia ou Wadia, Boita,

Tolo ou Babai, j \ Basatu, ( Dekese, Boleno.

(i) Il existe également aux environs d'Engwetra une tribu Morisi qui n'a de commun avec elle que le nom.

Les MongOy qui occupent toute la grande boucle du Congo au sud du fleuve, semblent, comme les Mongwandi de la Mongala, être des populations aborigènes refoulées par l'invasion des Bangala et des Mobali-Maginza.

Ils ont comme tatouages de race un certain nombre de grosses loupes disposées sur les tempes ou à la base du nez et divers dessins sur le corps.

Excellents forgerons, ils sont répartis dans presque toutes les autres tribus environnantes où ils ont le privilège du travail du fer. Ce sont des dégénérés qui, avant l'influence bienfeisante de rÉtat, faisaient les frais des repas cannibales dans l'Ubangi.

Ils comprennent un certain nombre de tribus portant parfois le nom de la rivière sur les bords de laquelle ils habitent.

Les Maringa se rencontrent tout le long de la rivière du même nom. Ils ont comme tatouage la loupe sur les tempes.

Les Mongo de l'entre -Ikelemba et Lulonga complètent celui-ci par deux loupes à la base du nez.

Ceux de l'entre-bas Lopori et basse Maringa portent en plus des loupes de tempe une ligne de tatouage allant en ligne droite de la pointe du nez à la chevelure.

Signalons chez les Balolo quelques tribus Mobali (appelées généralement Gombe) qui ont franchi le fleuve.

Le tatouage en loupe des Mongo se retrouve

dans la forêt de la grande boucle jusqu'au delà de la Lukenie, et la ressemblance ne s'arrête pas là : le langage des peuplades qui bordent le lac Léopold II présente de grandes analogies avec l'idiome des Mongo. Il semble d'ailleurs résulter des renseignements provenant de la région de ce lac que la plupart des tribus seraient venues de l'équateur et en tout cas certainement du nord.

Nous rattacherons donc aux Mongo :

Les Tumba, qui occupent la Fini et une partie de la rive ouest du lac Léopold IL Ils sont parfois bons, complaisants, mais souvent cruels, rapaces et voleurs. Ils ont l'amour filial très développé et ne sont pas cannibales.

Ce sont de grands commerçants, habiles et patients, n'hésitant pas à faire des lieues pour obtenir un bon prix de la poudre de bois et du sel qu'ils fabriquent.

Assez nonchalents d'habitude, ils savent, lorsqu'il le faut, travailler sans relâche du matin au soir. Ils ont d'excellents forgerons.

On trouve chez eux une grande variété de coiffures.

Ils sont relativement pacifiques. Leurs armes sont la sagaie et la flèche.

Les Tumba sont très éparpillés et Ton en trouve beaucoup qui sont fiisionnés notamment avec les Badia.

Les Badia ou Wadia occupent les rives sud du lac, à l'ouest et à l'est, jusqu'à la Lulabu. Ils ne se tatouent pas.

Les Bolia occupent toute la contrée du nord du lac. Ils se disent venus du nord-est, d'une contrée dans laquelle ils vivaient avec les Kundu ; ces derniers, par suite du manque de vivres et de terres à cultiver, leur auraient fait la guerre sous le prétexte que, n'ayant pas le même tatouage, ils n'étaient pas de même race. Les Bolia vaincus se seraient établis dans leur pays actuel sous le père de leur grand chef (Ilanga d'Ibeke).

Plus tard, quatre chefs Bolia se seraient séparés de la tribu pour se diriger vers l'ouest et former la tribu des Mosengere qui, chose curieuse, a renoncé au tatouage, mais est restée anthropophage, alors que les Bolia ont renoncé à cette coutume.

Moins sauvages que les tribus environnantes, les Bolia plantent le manioc, des bananes, du maïs, un peu de canne à sucre et des patates douces.

La chasse est laissée presque entièrement aux nains Batua qui peuplent la forêt.

Les Tolo, appelés aussi Babai, vivent sur la rive droite de la Lukenie, en amont du confluent de la Lubalu.

Au sud de la Lukenie on a donné le nom de Lésa à toutes les tribus de la rive gauche de cette rivière.

Parmi elles, les Basatu occupent la région entre la basse Lukenie et le Kasai, où ils semblent établis depuis quatre générations, et les Dekese le pays situé au sud de la localité qui porte ce nom.

Citons enfin les Boleno qui habitent les environs de Lokolama.

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