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LES NAINS

Dans tout le Congo central et septentrional on trouve au milieu des populations que nous venons de décrire, des agglomérations d'hommes de petite

taille, qu'on s'accorde à regarder comme les descendants des premiers occupants du sol, avant la grande invasion des peuples Bantu,

Ils présentent entre eux de nombreuses différences qui semblent cependant n'être que des variations individuelles.

La taille varie de i"^36 à i"^57. Certains négrilles dépassent cette dernière taille, mais il faut déjà les considérer comme métissés.

La couleur de la peau est tantôt noire, tantôt jaunâtre ou rougeâtre, La tête est généralement volumineuse et arrondie; le ballonnement du ventre est commun à beaucoup de nains. Leur allure est caractéristique : elle consiste en une sorte de dandinement accompagné de soubre- « sauts.

La chasse est leur occupation principale ; aussi y excellent-ils.

Généralement les nains des forêts sont restés purs de tout mélange, ce qui d'ailleurs s'explique aisément : c'est notamment le cas des nains de l'Aruwimi ; au contraire, là où la forêt ne les protégeait pas suffisamment, ils ont été tout à fait assujettis par les races envahissantes et se sont même parfois mêlés à ces dernières au point de n'être plus des nains : les Batoa du Kasai en sont un exemple.

Le langage des nains présente généralement la particularité d'être émaillé de curieux « hiatus ». C'est ainsi qu'au lieu de dire « okapi y» ils prononceront « O'api ».

Les pygmées ont reçu des noms différents suivant la région qu'ils habitent :

Aka, Tike-tike sur le haut Uele; Ewe, Wambwanieli, Watwa sur le haut Aruwimi ; Batua sur la haute Tshuapa, le Kasai et le Lomami.

Certains d'entre eux ont été souvent décrits : nous ne nous occuperons que des moins connus.

Les Batoa vivent parmi les Bakuba avec lesquels ils se sont fortement mélangés ; ils sont à la solde des chefs de village, et constituent dans le voisinage de la race envahissante de petits villages de chasseurs à gages. Les Batoa ne sont plus à proprement parler, des nains : ce sont des nègres de taille moyenne, mais qui seraient les descendants d'une ancienne race de nains ayant habité la forêt.

Les Batua se rencontrent sur les bords de la Lokoro et de la Lulabu (émissaires du lac Léopold II). Chez eux comme partout la nécessité de vivre lie les races autochtone et envahissante : le nain chasse et le Bantu cultive.

Bien constitués et de forte carrure, ils n'accusent pas ce ballonnement du ventre si caractéristique chez beaucoup de Négrilles du nord. Autre particularité : ils sont anthropophages contrairement à la plupart de leurs congénères et ce sont les Kundu qui leur ont appris cette pratique.

Dans les environs de la Semliki, Johnston a rencontré deux types de pygmées : l'un, les Batwa, à la peau jaunâtre ou rougeàtre et aux cheveux de couleur tendant vers le rouge; l'autre, les Mambuti,

à peau noire et dont le corps est couvert de poils noirs.

Las Mambuti, qui vivent dans le haut Ituri, dans la grande foréti présentent un mélange déconcertant de qualités et de défauts : ce sont des sauvages absolus, ne songeant qu'à manger et à dormir, ne connaissant pas l'hospitalité envers les étrangers qui sont impitoyablement tués et mangés, mais à côté de cela ils ont horreur du mensonge et le respect de la parole donnée. Le Mambuti ne possède ni cultures ni habitation et se nourrit de ce qu'il trouve et des produits qu'il reçoit en échange de sa chasse. Cette dernière se fait à l'aide de chiens auxquels les chasseurs brisent une patte pour pouvoir les suivre grâce au bruit des grelots qu'ils portent au cou. Ils se divisent ordinairement en deux groupes, dont l'un traque le gibier et l'autre le reçoit.

Généralement les hommes n'ont qu'une femme, mais les chefs et les notables en ont plusieurs sans dépasser jamais le nombre de six.

Ils portent quelques tatouages légers au ventre et au dos, mais jamais sur la figure.

Les peuplades voisines avec lesquelles ils échangent les produits de leur chasse pour recevoir des patates ou des bananes ne les voient pas. La viande est déposée la nuit en un endroit convenu et la nuit suivante le pygmée vient prendre ses bananes.

L'arc et la flèche constituent leur seule arme ; aussi les manient-ils avec une adresse rare.

Enfin on rencontre encore des nains dispersés dans le pays entre le Lualaba et le Tanganika.

Là comme partout ils sont chasseurs et craints des populations environnantes. Certaines de celles-ci vont même jusqu'à cultiver un lopin de terre spécialement pour les nains, leurs dangereux voisins.

On en trouve également à Test du lac jusqu'à l'océan Indien et certains Négrilles établis au nordest du Tanganika s'occupent de poterie, chose exceptionnelle chez des nains.

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