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GROUPE NILOTIQUE

Dans la région du haut Nil il existe un groupe de populations qui diffèrent de celles du groupe Nuba : la couleur plus foncée de la peau, la taille relativement plus élevée, la longueur des membres inférieurs, les mâchoires proéminentes, leurs grosses lèvres les distinguent des Nuba,

Bien qu'au point de vue anthropologique les Nilotiques ne se distinguent pas des autres Nigritiens, l'ethnographie les classe séparément.

On les divise généralement en vieux Nilotiques et jeunes Nilotiques.

Les premiers sont devenus des agriculteurs et des éleveurs sédentaires assez paisibles ; les jeunes Nilotiques, au contraire, sont restés des pasteurs guerriers.

Vieux Nilotiques.

Parmi les vieux Nilotiques il faut classer :

Les Bariy riverains du Nil. Ils y formaient , il y a quelque cinquante ans, une population puissante et nombreuse. Malheureusement, nombre d'entre eux furent exterminés ou réduits à l'esclavage par les Derviches. Ils possèdent de riches troupeaux de bétail, de moutons et de chèvres et s'occupent également du travail du fer et de la poterie.

Les Madi, qui occupent la rive du Nil aux environs de Dufiie. Ce sont des agriculteurs et des pasteurs.

Les Moru qui sont établis à Tafari et au delà.

Les Yambara au sud des Moru.

Les Miza qui portent un tatouage en feuille de palmier rappelant celui des Wangata et se trouent les deux lèvres pour y introduire des morceaux de quartz taillés en forme de cornes.

Les Abukaya ou Avokaya au sud-ouest des Miza.

Les Kuku près de Kadjokadji sont des nègres bien découplés et de haute taille; ils sont extraordinairement courageux et obtinrent autrefois de sérieux succès sur les troupes égyptiennes.

Las Kaliko, au sud-ouest des Kakwa, occupent non seulement une partie de l'enclave, mais encore la région de la haute Dungu et du Zoro.

Les Mundu à l'ouest des Kaliko; ceux-ci s'étendent également sur le territoire même de l'État indépendant.

Les Bugware au sud-est des Kalîko.

Les Yambara et les Kaliko sont agriculteurs; les Moru, Abukaya, Kuku et Mundu sont à la fois agriculteurs et pasteurs.

Chez les Yambara la polygamie est générale et les chefs peuvent y avoir de cinq à dix femmes.

Jeunes Nilotiques.

Les jeunes Nilotiques sont plus dispersés.

Les ChilloukSy établis en dehors du territoire de rÉtat, ont été la souche d'une série de peuplades qui s'avancent très loin au sud.

L'une de ces dernières, les Aluri, occupe la région au nord-ouest du lac Albert.

Les Aluri habitent de petites huttes rondes avec toits en pointe, réunies le plus souvent sur des collines voisines des cours d'eau.

Il faut probablement comprendre dans cette peuplade :

Les Pagnemur, dont la population est évaluée à 5oo habitants et qui occupent la rive gauche du Nil blanc, à sa sortie du lac Albert; ils s'occupent surtout de pêche au moyen de lances et le plus souvent au clair de lune.

Les Bagongo (3. 000), qui habitent près de la baie de Mahagi, pratiquent également la pêche au moyen soit de grands filets, soit de nasses, soit de lignes de fond pour le gros poisson.

Au nord-ouest des Bagongo les Bangari (4.000), les Asheri (3.ooo), les Boro (i.5oo), les Likoti

(2.ooo)y les Pendolo (4.000), les Paeli (i .ooo), les Koro (3.000), les Bahuda (3. 000) et les Panutu (3.ooo}.

Les tribus riveraines du lac sont très pacifiques et très commerçantes. Celles de la plaine et de la crête de partage Congo-Nil sont plus primitives et plus sauvages que les peuplades voisines.

Les habitants de la crête sont les mieux musclés et atteignent une taille de i^yo à i"8o. Ce sont de redoutables guerriers.

En fait d'animaux domestiques on rencontre des vaches, des chèvres, des moutons poilus, des poules et des chiens; comme cultures : le sorgho, le millet, le haricot, la patate douce, le manioc, le tabac et le bananier.

Chaque tribu a son chef toujours « arabisé » ; les sous-tribus ou les villages sont administrés par un sous-chef (nyampara). Chefs et sous-chefs s'habillent à la mode arabe.

Les habitants de la rive gauche du Nil sont généralement tout à fait nus. Le tatouage consiste en un pointillé sur le front et la perforation de la lèvre supérieure est fréquente.

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