PRINCIPALES ESPÈCES
1^ Mammifères. — Quadrumanes. Les singes abondent dans les épaisses forêts du Congo, où toutes leurs variétés sont représentées, depuis les énormes chimpanzés, les gorilles et les cynocéphales jusqu'aux plus petites espèces.
Carnassiers. — Le lion se rencontre dans le nord et le nord-est de l'État où il est d'ailleurs assez
rare ; on le signale plus souvent dans la région du Moero, d'où il se répand jusqu'au sud du Kwango et remonte jusqu'au Stanley-Pool.
La panthère et le léopard sont beaucoup plus répandus; quoique ce dernier existe partout, il habite de préférence certaines contrées : l'Uele, le Rubi, le Lomami, le Manyema et le Katanga.
Le lynx existe au Katanga.
Les hyine$ et les chacals se rencontrent partout, dans la brousse et dans la forêt.
Citons encore la nuingouste, la civette et le serval dans l'Ubangi et dans l'Uele.
Pachydermes. — Uéléphant s'est extraordinairement développé dans le bassin du Congo. Très rare dans le bas fleuve, il vit dans tout le Haut- Congo, où la race a pris des proportions énormes et abonde encore dans de nombreux districts ; il ne tarderait pas cependant à diminuer en nombre, étant donné qu'il ne se reproduit que lentement, si le gouvernement n'avait édicté des mesures énergiques pour lui assurer une protection efficace.
Le rhinocéros est signalé dans le Katanga, le Manyema et le Bomu.
Uhippopotame pullule dans le fleuve et dans tous ses affluents.
Les zèbres, groupés en troupeaux dç cinq à six cents têtes, galopent dans les plaines de l'Uele et de la savane australe, surtout dans la région du Katanga.
Les sangliers (phacochères et potamocochères) de diverses races sont aussi fort nombreux.
Ruminants. — La ffrafe est signalée au nord de rUele, dans les savanes de la ligne de faite Nil- Congo.
\J okapi, découvert dans la vallée de la Semliki (Ituri), est l'une des formes caractéristiques de la faune congolaise.
Les buffles de grande race forment de nombreux troupeaux qui parcourent les plaines du Bas- Congo, du Kwango, du Lunda, du Katanga et de rUele.
Des antilopes et des gazelles de toutes les variétés se montrent dans toute l'étendue de l'État, réunies en troupeaux atteignant, dans les fertiles plaines de la Lufira (Katanga), le chiffre de plusieurs milliers d'animaux.
Le bœuf existe dans le Ruanda et chez quelques tribus à l'ouest de l'Albert. Il a été importé dans le Manyema, le Bas-Congo, le Congo central et le Kasai.
La chèvre et le mouton sont fort nombreux chez les indigènes.
2p Oiseaux. — Parmi les oiseaux de proie citons les plus communs : Vaigle, le vautour, le faucon, Vépervier et le corbeau.
Dans les autres ordres mentionnons les perroquets, les calaos, les pigeons, les tourterelles qui peuplent les forêts, le pélican, le héron, Vibis, la grue, Voie, le canard, le faisan, la perdrix, la caille, la pintade, le francolin^ la poule, V hirondelle, le foliotocole, le bengali, le colibri et le moineau.
3^ Reptiles. — Le crocodile infeste toutes les rivières du Congo, y atteignant parfois des dimensions énormes.
Les lézards de toutes dimensions (souvent 2 mètres) sont signalés partout; les iguanes et le caméléon ne sont pas rares.
Les tortues de toutes espèces peuplent les eaux et les rives du fleuve.
Les serpents ne sont pas abondants ou du moins on les voit peu; parmi eux il en existe de très venimeux.
Le boa existe dans tout l'État; signalons aussi la vipère cornue et le serpent cracheur.
4fi Poissons. — La faune ichtyologique du Congo est très riche et a révélé à la science nombre d'espèces inconnues (sur Sig espèces de poissons recueillies, 200 étaient nouvelles). Elles se classent en vingt-deux familles.
La famille dominante est celle des Silurides (cat-fishes) dont certains spécimens atteignent des dimensions telles que deux hommes sufiisent à peine pour les porter; une espèce bien connue de cette famille est le Malapterme (poisson électrique), sorte de gymnote à la peau grisâtre mouchetée de points noirs.
Parmi les groupes autochtones citons celui des Mormyrides (poissons à trompe).
Citons encore les Lépidosirènes qui, à la saison sèche, se retirent dans la vase; des variétés se rapprochant de nos perches et de nos brèmes, des
anguilles de toutes dimensions ; le Mbo (tetrodon) du haut Ubangi, qui jouit de la curieuse faculté de se gonfler et de se dégonfler à volonté, etc.
5^'Crustacés et Mollusques. — Dans les eaux du Congo et de ses affluents vivent aussi des écrevisses, des crabes, des crevettes, des huîtres et des moules d'eau douce, qui y forment des bancs épais,
6° Insectes. — L'entomologie congolaise est également fort riche. Elle a des représentants dans tous les ordres et a fait connaître plusieurs espèces nouvelles.
Parmi les coléoptères, le plus grand est le Goliath^ qui peut atteindre la grosseur d'un petit oiseau.
Les papillons fourmillent, offrant certaines espèces des plus rares.
l^es fourmis blanches sont un véritable fléau pour les constructions en bois; les fourmis rouges ou noires voyagent en colonies nombreuses, et si l'on ne prend pas soin de les éviter on s'en voit couvert en un instant et mordu cruellement.
On signale des vols de sauterelles dans l'Ubangi, l'Uele, le Manyema et le Katanga.
Citons, pour finir, les abeilles, les araignées, les chenilles, les grillons, les cancrelats et enfin la chique, petit parasite originaire d'Amérique, qui se loge dans le pied.
La mouche tsé-tsé a été signalée en divers points du Congo.