‹ Le Congo;Chapitre 50 sur 126 · INFLUENCE DU CLIMAT SUR LA COLONIE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU CLIMAT SUR LA COLONIE

L'influence du climat sur la nature et la valeur d'une colonie est énorme. S'il est analogue à celui sous lequel vit la race colonisatrice, celle-ci pourra se livrer au travail manuel et nous serons en présence d'une colonie de peuplement; ce climat vient-il au contraire à difiérer notablement de celui de la mère-patrie, tout travail manuel sérieux est interdit au colon : le pays, dans ce cas, est colonie de plantation, et c'est encore le climat qui renseignera sur la variété et la valeur des cultures auxquelles on pourra se livrer.

Nous venons de voir que le climat du Congo est trop différent de celui de la Belgique pour qu'il soit, au moins dans la majeure partie de son territoire, autre chose qu'une colonie de plantation et d'exploitation, c'est-à-dire où les colons ne se livrent pas aux gros travaux, mais se bornent à diriger les grands établissements agricoles et à commercer avec les indigènes.

Mais il ne faut pas s'exagérer l'influence du climat tropical. L'action de l'air chaud est simplement débilitante et n'empêche pas la vie, la marche et même le travail.

Le premier efiet du climat tropical est parfois excitant : on éprouve une sensation de bien-être inaccoutumé; l'on fait des marches qu'on n'oserait pas tenter en Europe, l'appétit est augmenté et on se sent une vigueur qu'on ne se connaissait pas. Mais bientôt cette ardeur s'éteint pour faire place

à une sorte de torpeur, qui rend le travail pénible et fait languir toutes les fonctions.

Cette dépression est moins dangereuse par ellemême que par la moindre somme de forces qu'elle permet d'opposer aux maladies paludéennes qui peuvent se présenter dans la suite.

C'est contre elle et aussi contre la nostalgie qui parfois l'accompagne qu'il faut réagir de toutes ses forces par une nutrition réconfortante et variée, un travail et des plaisirs modérés.

La question du confort et des distractions entre ici en ligne de compte; c'est un point important qui a déjà fait diminuer sensiblement la mortalité.

Deux facteurs essentiels d'acclimatement au Congo sont l'âge et la santé. C'est en pleine force, de vingt-cinq à quarante ans, qu'on résiste le mieux.

De quarante à cinquante ans, tout en résistant parfaitement aux chaleurs, on fournit cependant une somme de travail moindre.

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