‹ Le Congo français illustréChapitre 17 sur 25 · I. LE TERRITOIRE · texte numérisé non relu

I. LE TERRITOIRE

Bornes. — L'Etat du Congo est borné conventionnellement :

Au nord par le cours de l'Ubangi et par le 4e degré de latitude N.

A l'est par le 30e degré de longitude E. du méridien de Greenwich (27° 40' de Paris), et par les lacs Tanganika, Moéro et Bangwélo (rives occidentales) ;

Au sud par la ligne de partage du bassin, de façon à englober le Loualaba ou Congo supérieur, et par le 6e degré de latitude S. jusqu'au Koango, excluant ainsi le sud du bassin du Kassaï ;

A l'ouest par le Congo portugais, l'Atlantique, le Congo français, et par le cours inférieur de l'Ubangi, remplaçant le 17e degré de longitude E. de Gr., désigné primitivement.

Il a fallu céder au Portugal la rive gauche du fleuve, depuis son embouchure jusqu'à Noki (station donnée à l'Allemagne), et à la France, le bassin du Kouilou et la rive droite du Congo et de l'Ubangi, depuis Manyanga jusqu'au delà du 4e degré de latitude nord.

Ainsi confiné, l'Etat libre aboutit cependant à la mer par une bande de territoire au nord de l'embouchure du Congo jusqu'à Manyanga ; il possède le fleuve par

ses deux rives entre Manyanga et Léopo-ldville, ainsi qu'en amont du confluent de l'Ubangi.

La superficie de l'État du Congo est évaluée à près de 2,000,000 de kilomètres carrés, soit environ 4 fois celle de la France, ou 66 fois celle de la Belgique.

Sa population est supposée de 20 à 25 millions d'habitants. Ce sont des nègres plus ou moins sauvages, nomades ou sédentaires, ceux-ci habitant de grands villages formés de huttes sur le bord des eaux, régis par une foule de chefs ou roitelets, avec lesquels on a eu soin de négocier des traités de paix. Fétichistes ou idolâtres, de mœurs simples, fainéants, cruels, parfois anthropophages, longtemps traqués par les tyrans qui les réduisaient en esclavage ou les vendaient aux traitants Arabes, ces pauvres nègres démoralisés sont cependant susceptibles de progrès ; il s'agit d'abord de les protéger, de les maintenir en paix, puis de les civiliser par le commerce, le travail et l'évangélisation. Des missionnaires catholiques et protestants sont déjà à l'œuvre.

Orographie. — L'orographie du Congo est encore peu connue, car jusqu'ici les explorateurs ont suivi de préférence la voie plus commode des rivières.

Le relief général est celui d'un vaste plateau ou d'une plaine haute, dont l'altitude moyenne paraît être de 1000 mètres au sud et vers les grands lacs, de 300 à 500 mètres sur le Congo moyen.

Des montagnes de plus de 5000 mètres, neigeuses et volcaniques, sont signalées par Stanley aux alentours des lacs Albert et Edward : ce sont les montagnes Bleues, peut-être aussi les Montagnes de la Lune des géographes anciens.

D'autres se trouvent au pays de Cazembé (Monts Lokinga), dans le Kasongo et le Maniéma, ainsi qu'aux abords du lac Tanganika. Des chaînes de montagnes

médiocres enserrent le grand neuve aux chutes de Stanley, comme aux grandes chutes Livingstone situées entre Léopoldville et Vivi (Monts de Cristal, 700 à 1000 mètres).

De Vivi à la mer le territoire forme une plaine ondulée, variée de collines, d'une nature moins riche que celle des plaines du haut Congo. Les plateaux de l'intérieur ont aussi un climat plus salubre que celui des régions inférieures du neuve.

On conçoit que la ligne de partage des eaux soit encore incomplètement déterminée, entre le bassin hydrographique du Congo, situé au centre, et ceux du Niger et du lac Tchad au nord, du Nil à l'est, du Zambèze au sud, du Coanza et de l'Ogowé, à l'ouest. Elle paraît généralement formée de plateaux ou de montagnes médiocres, plutôt que de hautes chaînes qui seraient difficilement franchissables.

Page 1