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LE CARNET DU VENDEUR, PAR M. E. BAUDRAN

Nous ne terminerons pas cette revue critique sans parler de quatre ouvrages que nous recommandons aux comptables, aux commerçants et industriels, ainsi qu'à l'attention des Congrès futurs.

Commençons par une petite brochure de M. L. Duboc, ancien manufacturier, intitulée : Des Frais Généraux et de leur influence SUR le prix de revient ou de vente, dont la deuxième édition vient de paraître chez Guillaumin et G*'.

Un député, M. Guyot, croyons-nous, avait avancé dans la dis-

cussion générale qui a précédé Tétude des tarifs de douane, que la plupart des industriels et des commerçants appelés par la commission des tarifs à exposer leur prix de revient n'étaient pas dans le cas de pouvoir V établir.

Cette affirmation de l'honorable député pourrait, à première vue, passer pour un paradoxe. Malheureusement, ce paradoxe est une vérité.

Il nous en coûte véritablement d*avoir à donner noire approbation à une affirmation aussi désolante, mais le fait signalé par l'honorable M. Guyot n'est que trop vrai.

M. Duboc entend par « Prix de revient y- l'ensemble des frai& déboursés pour l'établissement du prix de vente d'un objet quelconque .destiné à être ofl'ert par le producteur au consommateur, ou au commerçant, intermédiaire entre le producteur et le consommateur.

Ces frais doivent être couverts par le prix de vente pour que le producteur ne soit pas en perte. En d'autres termes, le prix de vente doit contenir tous les frais qui composent le prix de revient^ — plus un bénéfice.

Un prix de revient se compose en industrie :

1° Du prix d'achat des matières premières; 2*^ Des frais spéciaux, tels que transports, main-d'œuvre spéciale, etc.;

3° Des frais généraux;

4° Des déchets résultant de la fabrication.

Dans le commerce proprement dit, le prix de revient s'entend:

1*^ Du prix d'achat du produit fabriqué ;

2° Des frais spéciaux, tels que transports, etc.;

3'^ Des frais généraux ;

4" Des rossignols ou marchandises détériorées ou démodées,, vendues à perte. On peut comparer ce quatrième élément des frais généraux d'un commerçant aux déchets que subit la fabricatioiii chez le producteur, manufacturier, constructeur ou autre.

Parmi les éléments dont se composent le prix de revient d'un produit fabriqué, ou le prix de vente d'un article revendu par un de ces nombreux intermédiaires qui se placent entre le producteur et le consommateur, et qu'on appelle commerçants, les frais généraux occupent une place considérable, sinon la plus considérable.

Tout le monde s'accorde à admettre les frais généraux comme une partie intégrante du prix de revient, mais tout le monde est

loin de se rendre un compte exact de la nature et de Tiinpor lance de ces frais généraux.

Autant de commerçants, autant d^industriels^. autant d'appréciations différentes.

Une bonne définition des Frais généraux esidonc essentielle. Voici celle de M. Duboc :

« On entend par Frais généraux : toute dépense nécessitée par « les besoins d'un commerce ou d'une industrie, laquelle ne pou- « vant s'appliquer à lelle ou telle opération commerciale en parti- « culier, à telle ou telle fabrication spéciale^ se répartit sur Yen- (' semôZedesopérationsd'une maisonde commerce, ou sur IVns^mJ?^ « des produits fabriqués par une usine ou une manufacture,

« On pourrait définir les frais généraux, tout ce qui n'est ni « achat, ni dépense spéciale, c'est-à-dire ayant une application « déterminée, ni déchet, riblons ou rossignols.

« Industriels et commerçants doivent donc surveiller attentive - « ment les dépenses comprises sous la dénomination de Frais géné- « baux, puisque leur importance peut avoir une, grande influence « sur les bénéfices à réaliser, les frais généraux, occupant généra- « lement une grande place dans le prix de revient servant àétablir « le prix de vente. »

Souvent même il arrive que certaines dépenses appartenant aux frais généraux proprement dit, non seulement ne sont pas portées à ce compte, mais ont une destination telle que la comptabilité du commerçant s'en trouve faussée.

Il s'en suit que, n'ayant pu établir une évaluation exacte des frais généraux de son entreprise, le commerçant ou l'industriel ignore complètement le degré d'influence de ces frais sur le prix de revient de sa marchandise, et qu'à la vente il se contentera d'augmenter, au jugé^ son prix d'achat ou de fabrication d'une somme approximative représentant 10, 15, 20 ou 25 % de majoration, tandis que cette majoration eût dû s'élever à 15, 20, 25 ou 30 °/o pour couvrir les frais généraux réels.

Cette ignorance du tant pour cent des frais géjiérayx sur le chiffre d'affaires conduit tout droit le commerçant à sa ruine. Ce n'est plus qu'une affaire de temps, et l'époque où cette ruine apparaîtra dépend seulement du plus ou moins grand écart qu'il aura établi entre le chiffre vrai des frais et le chiffre -supposé.

Ceci admis, et malheureusement l'expérience de tous les jours nous prouve que nous sommes dans le vrai, nous ne saurions trop

recommander à tous les commerçants et industriels la lecture de la brochure de M. L. Duboc.

L'auteur partage les « frais généraux » en deux catégories : 1° les frais généraux fixes ; 2« les frais généraux variables.

« Les frais généraux fixes, c'est-à-dire ceux dont il n'est pas au « pouvoir du commerçant, fabricant ou industriel de modifier l'im- « portance dans le courant d'un exercice;

« Les frais généraux variables, c'est-à-dire ceux dont on doit, « par une surveillance incessante, modifier Fimportance, afin de « les amènera un minimum aussi réduit que possible, eu égard au « chifl're d'affaires ou aux quantités produites, suivant le cas.

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