‹ Le Congrès des comptables français: Questions actuelles de comptabilité et dChapitre 59 sur 88 · ET DE · texte numérisé non relu

ET DE

rUNION NATIOxNALE DO COMMERCE ET DE L^JÎÎDCSTRIE

PRÉSIDENT D*HONKBUfi.

M. DIETZ-MONNIN, ^ ancien Directeur de la sftnion. fraoçaÎM^ à TËiposition universeJre de 1878, membre de la Chambre de commerce.

VIOK-PRâSIDiairTSi D'HOlOfBUIt

MM. POIRRIER, ^i, membre de laiCIrambi^' de oommeree, yice*piéstdent du Comità Central; MàRIËN VA L4,0^,. ancien préaddentdu. Conseil des^Prud*hommes, vice-président du syndicat générai de TUnion nationale du Commerce et de rindustrie.

Mi Havard<) promoteucdaridëa dii Gon§^nètft),&.Ia>&nite .de la Confiàrence dJB M-. BeERicheuy aur rUnifioatioai de la; Gomp* tahilité^ et JMD. Gagey^demier piésidsaidu Gomité dlnitiativ^^ qui s'était spécialement occupé de l'organisation du Congrài», disaient partie duiBuseau^

Ii'Ga*dre du joue oomportait :

i^ AELOccmoif? DK M.' LE PhÉsiDBm- dIhoiuieiib ;:

2<* Lecture DU Rappoktdtt CoHiTÉD'iraTiATivE par M. Lamy;

3° Lecture du Règlement Statutaire et du Programme du Congrès par M, Gagey ;

4^ Nomination DiTi Comté exécutif..

6et ordre du jour a' été ponctuellement ffoivii et le» votes qu'il comportait ont été successivement émisv

Discours de M. DIETZ-MONNIN, Président d'honneur

Messieurs,

Quaud les honorables membres de votre Comité d'Initiative, à qui revient tout le mérite de ce Congrès, nous ont fait l'honneur, à mes chers collègues et à moi, de nous offrir la présidence de cette séance d'inauguration, ils se sont bien gardés de faire appel à notre érudition spéciale en matière de Comptabilité, nous eussions d'un commun accord décliné notre défaut de compétence.

Mais ces Messieurs ont eu soin de nous faire entrevoir dans le Congrès un but plus élevé, une tentative de développement intellectuel, une œuvre de relèvement et de considération pour notre commerce en général.

En présence d'un pareil programme, nous n'avons pas hésité un instant à nous associer à vos travaux et nous sommes heureu?: d'avoir à remplir envers vous. Messieurs, un premier et très agréable devoir, celui de vous souhaiter à tous la plus cordiale bienvenue dans cette enceinte. (Applaudissements.)

Comment est née l'idée de ce Congrès ? Vous vous le rappelez. Messieurs, il fut décidé et le Comité d'Initiative élu, à la suite d'une Conférence faite, en 1879, dans cette même salle, par M. Beauchery, sur l'unification de la Comptabilité.

Sans prétendre condamner la possibilité de runification, les hommes dévoués et convaincus qui, sous la présidence de l'infatigable M. Gagey, ont poursuivi sans relâche la solution du problème unitaire, ont pensé qu'il était plus sage de donner à leur programme une allure plus modeste.

C'est là, à notre sens aussi, le moyen le plus sûr de répondre aux espérances que nous exposait en termes chaleureux notre sympathique et éloquent prédécesseur à cette présidence, M. Havard, que l'on est certain de rencontrer sur la brèche partout où se manifeste un progrès à réaliser. (Applaudissements.)

Or, Messieurs, quel terrain se prête mieux aux réformes utilitaires que celui de la comptabilité usuelle?

II suffit d'avoir pris part pendant quelque temps aux travaux des Chambres syndicales, des Conseils de Prud'hommes ou des Tribunaux de Commerce pour emporter un souvenir pénible de l'insuffisance d'instruction professionnelle qui règne encore dans notre petit et moyen commerce. Combien d'artisans, marchands ou petits patrons, quoique doués d'une intelligence, d'une habileté de main ou d'un goût remarquables, n'ont-ils pas sombré, faute d'avoir consigné méthodiquement l'historique de leurs opérations journalières, balancé leurs recettes et leurs dépenses, fouillé d'un regard scrutateur leurs prix de revient, leurs existences en magasin? Que de déceptions évitées, que de faillites empêchées avec un peu d'ordre dans les écritures, avec une connaissance plus approfondie des prescrisptions légales * I

Chercher à éviter ces ruines dans l'avenir, c'est non seulement tenter une plus, large diffusion de l'enseignement pratique, mais encore consolider la prospérité générale et faire rejaillir un peu plus de considération sur la carrière commerciale, qui n'a pas réussi encore à triompher en France des préjugés sociaux, des traditions du fonctionnarisme, ni su acquérir tout l'importance que lui accordent d'autres nations. (Applaudissements.)

C'est évidemment là, Messieurs, une entreprise généreuse, à laquelle nous ne pouvons qu'applaudir, en félicitant votre Comité d'Initiative d'en avoir frayé les voies avec tant d'abnégation. (Applaudissements.)

Le moment d'ailleurs est admirablement choisi pour secouer la torpeur des uns, la routine des autres et insuffler à chacun le besoin de développer son intelligence et de rehausser la dignité de sa carrière.

Quand la science et le travail dominent le monde tout entier; — quand la vapeur et Télectricité tendent à faire sortir

1. On nous a plus d*une fois taxé d'exagération en ce qui toucha Tétat actuel de la pratique de la comptabilité dans le petit et dans le moyen commerce; fera-t-on le même reproche à M. Dietz-Monnin, membre de la Chambre de commerce, lorsqu'il se prononce non moins sévèrement que nous?

%0 LIS GONOHÉS nus» G0MP7AM.ES.

chaGun de sow isBfiement et mettre emvaleur le»^i?esH0ttrces les plus ignoréesFdii'globe r — quandles barrafrress'entr'auiviient de toutes party aux échanges- intecnationaux;: — cpiand les pouvoirs publies sont à la veille de nous ocÈtoyer le «droit à TéducHtion et à Finsfructioii^ cette expresiricm: la plus haute de la solidarité sociale et le chemin le plus sûr* vers leF traswsdl intelligent et fécond ; — - quand, oppofflint à rinertie^ am à FindifFérence des paren^ts le principe de rohligationi pour tous.; à la pauvi^té^ le principe de la gratuité pauc tous?; à ce qui reste de nos- divish3ns de classes, le niveau égolilaàre et l'autorité d'une^ M' moralisatrice et bienfaisante,, l'Etat se montre fennement résolu à Gomibattrerignoï^atisme* jusque dans ses derniers petranchennenls, que restoi-t-il à; Mre aux mœurs publiquesiet à l'initiative des ciitoyensles plus intelifcgents et les plus' dévoués, siée n'est de préparer, de facilites, d'assurer à chacuaii sa plus^ lange part des bienfaits d/une transformation aufiisi capitale ! (Applaudissements,)

N'est-ce* pa«' ]U le but que poursuit, partiellement hojUib GongrèBy en cherchant à faire pénétrer dans les masses^ à inscrire comme un des^ pivots de l'instrujctian prim:aire *,

1. L'orateur^ voltl jufrtâ et bien :.o*est' par Viécole' primairer cpi'on préparera an pays des géiiéi!atioDS> miiuix. instruites de commâfçaats. Ces saïues-et solides notions de là comptabilité, qui imprimeront à jamais les seniimenU d*ordre^ de méthode et 'd'économie, base première de la prospérité, sont bien les' pivots de ritistruction.primaira; mais* ici, comme'en- plusleoirs atUtte»: emlroits de son admirable diseoai*s, M. Diet^Monnia prête gfé.iéreusejiientse& idées et les n6trôs au Congrès. A chacun selon ses œuvres. Dire la vérité est aujourd*hui un devoir. Kh bien, la vérité . est qu^ la question de renseignement de la comptabilité, question capitale 'cependant, n*a jamais été abordée, i^air le: Comité d'inidiativB, qui la considérait, malgré* ce que nous écrivions kiVÉSvéaem^nt, comme secondaire et pour ainsi dire étrangère à son objet. Le Comité, qu*bn ne Toublie pas, avait été constitué à Teffei? de préparer un Cougrôi ayant poui! But « Tunid^^atibn de la compti^iiité )>vet>le programme' à poëé^nten ultéiti«ttnsmeat auiCxxngràs ne devait pas contenir autre chose. Mais, qu'il y a ioixiide la. coupe aux lèvres! Cette unification, qu*on devait trouver toute faite dans la méthode BeaucHery, d'autres auteurs, MM. Pbltrat, Gardonnet, Pèrrot, SuyaH, etc., etc., préteu- ' dâient ravoirégalëmcait'tktouvée;^ Il armva; donc:quQf, tiraillé: en> s«ns diveocBv^ Comité ne put jamais parvenir à s'entendre pour constituer une majorité en faveur d'une méthode quelconque. U arriva même que quelques-uns de ses membres reconnurent^ que^- l'unification théorique projetée- étibift- parfaitement ridicule. Mais il' était alors» trop tard pour retourner sur-ses pas «t a^engai^ar dansla voie pratîque^et'fècondfe que^ nous' avions indiquée dès not»6 antioledU li octobre 1B79; On avait pie]*du dii^huir mois-, il' fhllait eu finir^ il fkUfcittf fisar

Qummism AtJïmscLEs de comptabilité. 251

fes saines et s^olîdes nofiaas de la Comptabilité, qui imprimeront à jamais ces sentîmeats d'ordre, dé méthode et d'économie, base première de la prospérité', initium sapientiœ?

La Comptabilité n'est-elle pas, comme on l'a dît avec justesse, la science positive du calcul appliquée à toutes les affaires de la vie?

Elle s'adresse donc à tous, du haut en bas de l'échelle, et SI, comme nous nous plaisons à Tespérer, vous réussissez, Messieurs, à dégager, des divers systèmes connus et prati- <}ués dans le commerce, l'industrie, Fagriculture et Fadministration, une méthode simple, claire, et concis©,, une synthèse aceessible et profitable eu tous, vsuâable. suivant les applieaAioiist à; défiiut d'étne imây voils' aurez, rendu, eroyez^le bien, an; service iiMi{vpréoiable à notre flbnetionnement social.

La France qui, depuis* Sfes malheurs, est di^yenue plus qne jamais^ une' ructie travailleuse ef dont le travail' s'est affiimé sî glorieusement à notre récente Exposition universelle, là France vous sera profondément reconnaissante de vos patients eiTorts et nous tous, Messieurs, nous aurons le droit d'être heureux et fiers d'avoir attaché nos noms à une entreprise aussi méritoire ^ .

A l'œuvre doncy Messiearsr et boa courage. ! (Applaudisseneats^ pcolongés^)*

De chaleureux applaudissements et l'attention soutenue de tous les assistants ont dû prouver au sympathique orateur toute la valeur que l'Assemblée donnait à ses paroles..

M. LE Président^ B'aoïm&GR; -^ Mass^ur^, Fordce gIai jour appelle la liecture du rapport du Comité d'ïnitîali've. La parole» est à M, Lamy.

Tépotpie du Congrès, it' lallait enfin, et c'était' cl^ose peu aisée, se présenter (levant ce Congrès avec un programme. Mais ce programme, quel serait^ii, alors qu*0Q n'y voulait plus poser là question d^ttfit/i«alton f On résolut de se tenir dans les généralités. Et voilà comment la question de renseignement de la comptabilité' %u]*e dans ce pi*ogramme, parmi quinze ou vingt autres, non moins complexes, sur l'esqueMes le Congrès allait avoir à se prononcer en quatre séances de deux heures chacune, alors que le Comité n'alvait pu réussir à conclure quoi que ce soit de net et de précis durant vingt mois d'études.

I. Ce discours éloquent et absolument remarquable sous tous lés rapports.

M. Croizé. — Messieurs, notre honorable collègue, M. Lamy, se défiant de sa voix, m'a chargé de lire le rapport à sa place, ce dont je vais m'acquitter, Messieurs, en sollicitant votre indulgente attention.

Messieurs,

Le 24 avril de Tannée dernière, M. Beauchery, auteur d'un ouvrage intitulé : Comptabilité de V Avenir, fit ici même, sous la présidence de Thonorable M. Havard, président de la Chambre sj'ndicale du papier, une conférence sur la nécessité de rechercher les moyens à employer pour unifier la comptabilité, moyens qu'il croyait avoir trouvés * .

L'honorable M. Havard fit connaître à l'Assemblée que, d'après les communications qui lui étaient parvenues, cette question était à . l'ordre du jour aux États-Unis, et que, d'un autre côté, en Italie, on s'occupait aussi de réunir un Congrès.

Il proposa ensuite de former un comité d'initiative chargé d'examiner les divers systèmes et les différentes méthodes actuellement pratiqués en France et à l'étranger, et de s'assurer si, parmi les ouvrages publiés ou manuscrits, ou même parmi les systèmes exposés verbalement, il s'en trouverait un* qui contiendrait les principes recherchés.

Puis il ajouta que, dans le cas contraire, ce qui lui paraissait le mieux, c'était de réunir les éléments qui seraient soumis à l'examen en y joignant ceux que, parla discussion, les membres du

qui consacre, pour ainsi dire, les idées que nous avons émises et que nous nous sommes efforcé de faire prévaloir dans nos articles de V Evénement^ ce discours nous a littéralement comblé de joie, et nous croyons devoir en féliciter et en remercier profondément ici Thonorable et éminent M. Dietz*Monnin.

On verra, par la lecture du compte rendu des séances, que la parole autorisée du Président d'honneur a fait réfléchir et qu'elle a porté ses fruits. Le Congrès, en effet, n*a pas voulu assumer la responsabilité de l'unification hâtive et minuscule que certains de ses membres avaient hâte de lui faire voter, au risque de faire rejaillir le ridicule dont ils se seraient couverts jusque sur la corporation des comptables. Il a eu la prescience que F unification, œuvre de longue haleine, ne peut être menée à bien qu'avec le concours actif et persévérant des praticiens du commerce, de la banque et de l'agriculture, agissant sous le couvert des commerçants, des industriels, des banquiers et des agriculteurs, — c'est-à-dire des premiers intéressés à la recherche patiente, à la coordination et à la vulgarisation des procédés comptables approuvés par la pratique.

i. Parbleu 1

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