‹ Le Congrès des comptables français: Questions actuelles de comptabilité et dChapitre 66 sur 88 · PRÉSIDENCE DE M. BLANCHARD · texte numérisé non relu

PRÉSIDENCE DE M. BLANCHARD

M. LE Président. — La séance est ouverte^ Je communique au Congrès une lettre adressée à M. Gagey, ainsi conçue :

« Lyon, 9 décembre 1880.

t Monsieur le Président,

I J^ai reçu le Progamme et le Règlement du Congrès qui s^ouvr^ \o 12 courant. Merci cordial de cet envoi. J^aurais désiré trouver an bulletin de souscription, mais je vous prie de me conëidérer comme un des plus chauds et des plus dévoués partisans de votre entreprise. Il me sera fort agréable de suivre et de recevoir les travaux du Congrès, et je désire qu'ils soient le plus complets possibles. Je n^ai qu^un regret, c'est que Tépoqae, mes occupations et la distance ne me permettent point d'assister à vos séances qui seront si bien remplies, et de participer à vos dis-» eussions si utiles, si intéressantes, si fécondes pour le progrès. Qu'un plein succès couronne tant d'efforts généreux! ce n'est que justice; ce sera la gloire et la récompense des vaillants initiateurs du Congrès, comme c'est le vœu le plus sincère de celui qui s'honore d'être, Monsieur, un de vos plus humbles collaborateurs et

« Voti*e tout dévoué serviteur, « Hurbin Lefebvre ^. »

1. Encore une proposition incomplète et une résolution purement plato* nique, qui n'aboutit à rien. Les évaluations sont du ressort des commerçants. Enfermé dans un cercle, c*est-à-dire dans un programme vicieux, le Qongrès vote pour faire quelque chose, pour faire, surtout, bonne contenance devant la galerie.

1 Les termes un peu trop chaleureux de cette lettre sont sans doute pour compenser rindilférence témoignée jusqu'alors par M. H. Lefebvre à Tégard du Comité d'initiative et de son entreprise. Il y a défaut d'équilibre. Le professeur de l'École supérieure do commerce de Lyon, après avoir douté de Tunification, paraît tout d'un coup y croire beaucoup trop. Effet d'optique et d'éloigneïûent sans doute. Evidemment M. H. Lefebvre est mal renseigné. On s'explique moins bien que l'éminent professeur n'ait pas jugé à propos d'adresser ses ouvrages d'enseignement de la comptabilité au Comité d'initiative du

âB6 LE CONGRÈS DBS COMPÏABLGS.

M. lrPrésidbht. — Nous passons au paragraphe 4 de Tiartlcle 1" : le Bilan.

La parole est à M. Gagey.

M. Gagey. — Messieurs, me plaçant au point de vue administratif et non au point de vue méthodique, je déclare que l'Inventaire doit contenir et énoncer d^une façon suffisamment claire et précise, sans qu^il soit besoin, pour en comprendre les termes, d^être initié à la science profes- « sionnelle dans sa pratique, Tuniversalité des valeurs composant Vaclif du commerçant et des dettes ou passif grevant cet actif; et, par suite, le chiffre exact de son capital.

Je viens de dire Vu,niversalitè de Vactif, la prétention peut paraître exorbitante au premier abord, et, à ce sujet, il m'a été fait une observa* tio^ d'une grande yaleur qui, quoique contraire à mon opinion, doit être signalée au Congrès et qui pèsera certainement sur ses décisions. On m^a posé cette question : Pour quelle raison voulez-vous qu'un commerçant possédant une fortune cinq ou six fois plus importante que ne le nécessite son commerce, soit tenu de réviélar Tfflfiportanqe ()a cette fortune à des tiers^ par exemple à son perd onnel comptable, alors qu'il n'a aucun créancier, qu'il paye tout comptant, qu'il n'a par conséquent besoin de présenter aqcune garantie de sa gestion commerciale ?

Certes, Messieurs, cela m'a donné à réfléchir, car si toutes les maisons de commei^ce se prouvaient dans cette situation, il serait arbitraire de demander des garanties à leur comptabilité. Cependant je crois devoir inaintenir xi^on opinion ; j'estime ^ue tout commerçant, si fortuné qu'il soit, est, p^r le fait même de son commerce, exposé, surtout lorsque ee commerce est ^considérable, à des chances de ruine complètement indépendantes de sa volonté et à des perdes considérables qui peuvent réduire à néant le^ fortunes les plus brillantes ; que, d'ailleurs, le plus grand nombre est composé de travailleurs intelligents, courageux et économes, et qui, à force de persévérance, d'énergie, d'ordre, de bonne administration", arrivent, à Taide d'un petit capital au début, à édifier leur fortune à venir; que ces derniers, à raison même du crédit si bien mérité dont ils jouissent, sont le plus souvent détenteurs d'un actif double, triple ou quadruple de leur capital réel ; qu'il faut à ces situations une garantie, celle de renonciation sincère de tout ce qu'ils possèdentsur leur^ livres; qu'enfin c'est là pour tous une sécurité indéniable, qu'ils «ont ftjnès heu'reux d'avoir su conserver, lorsque le malheur vient à les frapper e4 qu'ils ont à rendre compte de leur gestion commerciale et à en établir régulièrement l'intégrité.

Je ne considère, me plaçant toujours dans ce même ordre d'idée, le Bilan que comme une récapitulation sommaire de l'Inventaire^ ()ans le-

ÇoDgrès. Le mouvement eût été autrement accentué et féeond^ si pfaticienflf professeurs et commerçants en avaient pris la direcftioD, ainsi que bous U demandions, prévoyant bien que MM. les théoriciens, auteurs de laêtkodesi n*abou tiraient à rien, chacun d*eux voulant pour lui le prix d^uniôcalioB;

QUEStîONS ACTUELLES DB COMPTABILITÉ. 28^

quel je suis d'avis qu'il est utile nou seulemeot d'éooncer et de grouper intelligemment d'une façou J)ieo frappante toutes les yaleurs siiuilaire» composant l'actif et de même pour les dettes du passif; mais encore je demande que les totaux de l'actif et du passif soient bien détermiiiés et par suite le chiffre eçact du capital, afin de voir bientôt disparaître ces états de situations périodiques, dans lesquels, au respect du système dç l'équation mis en pratique, Sfu mojen de l'application de la TeQue des Livres en partie double, on groupe sou^ les rubriques « actif et passif t tous les soldes du Grand -Livre indifféremment et où l'on voit p^r ^pite figurer à i'actiflos u frai^ généraux, les pertes, » etp., e^o., et au passif les bénéfices réf^lisés et le capital subdivisé.

Oui ! nous verrons aussi disparaître également cps bilans fantaisistes contenant en outre un certain pombre de a comptes 4'or4rit » et dressés avec un tel art et une telle habileté, qu'il est souvent presque iippps^jble, même pour un comptable expérimeptié, de déternjipfer le mgn^nt i^^gj, de l'actif et du passif, ainsi e:^posé§, sans se Ijvrer ^ un travail laborieux, à une étude approfondie, qui restept quelquefois sans résultat.

Sous le bénéfice des considérants qui précède|it, je propose ce vpte au Congrès ;

« Le Congrès déclare que tout Bilan doit contenir l'universalisé des « valeurs composant l'actif et des dettes composaçt^ le passif du comwier- « çant et que les totaux de l'actif et {iii passif, partant Je chiffre 4u ca- « pital doivent j être nettement déterminés. »

M. Groffier. — Messieurs, hier j'ai écouté avec une grande attention le discours prononcé sur le bilan, jnais il m'^seœblé qu'il pouvait se diviser en deux parties lo la question de principes, question à laquelle je tiens énormément, et 2o la question de détails. Voici, selon moi, la première question qui est celle des principes :

Le bilan, ou exposé de l'inventaire, devra contenir l'intégralité des valeurs actives et passives, s'il n'a été fait aucune déclaration ou publication de l'apport commercial.

Mais si, en vertu d'une nouvelle disposition à introduire dans le code de commerça, en vue de renseigner las tiers intéressés, cette publicité a eu lieu, dans les formes qui seraient déterminées par la loi, le bilan b^ contiendrait alors que le capital primitivement déclaré, avec les modifia calions en plus ou en moins qui résulteraient des opérations, c'est-à-dire sans que les bénéfices puissent en être distraits^ et là se bornerait la responsabilité effective du négociant.

Cette dispositioi; nouvelle aurait pour objet de ménager les intérêts de la famille çoptre les imprudences et la ï)o^-réussite du chiffre de la communauté. Semblable disposition existe déj^ pour les biens apparte-r nant en propre à la femme mariée sous le régime dotal. Elle existe aussi dans les Sociétés en commandite pour les copfimanditaire^. C'est cette mesure tutélaire qu'il conviendrait d'élargir et d'admettre pour tous les cas individuels^ ms^is 9kvec condition do publicité pour la garantie des oor*" respondants.

Voilà pour la question de principes. Puis voici la question de détails, rassemblée l'adoptera ou la re^eietei, ceci m'importe peu, car, pour moi, ce ne sont que des questions d'ordre secondaire.

Au point de vue des détails, le bilan ne contiendra que des valeurs actives et passives, soit qu^elles résultent d'une estimation, soit qu'elles proviennent du solde des comptes.

Il ne devra pas être confondu avec une balance générale, et être .chargé de certains comptes qui ne doivent pas y figurer.

Mais on y comprendra, du côté de l'actif, le compte de loyer payé d'avance, pour la partie non encore échue ; les approvisionnements en frais généraux, dans le cas d'un reste important ; et le compte de premier établissement, pour la partie non encore amortie.

Dans certaines sociétés ou grandes administrations, il existe un fonds de réserve. Fonds d'amortissement, et quelquefois un excédant de bénéfices reporté à Texercice suivant. Dans ce cas, ces différents comptes ne me semblent pas devoir être portés dans le corps du passif, comme cela a souvent lieu, mais être ajoutés au passif, pour balance, sauf à donner à part les détails de ce chifire de balance.

Dans les grandes associations, on doit y annexer aussi la justification de l'inventaire, résultant du mouvement et du résultat des opérations, par rapport à l'inventaire précédent.

Voilà, messieurs, quelles étaient mes deux propositions, sur lesquelles je demande la discussion, et que je soutiendrai dans toute la force de mfs moyens.

M. LE Président. — M. Goldschmidt a la parole.

M. Goldschmidt. — La proposition qui vient de vous être lue remplissant parfaitement le but que je m'étais proposé, je n'ai pas à prendre là parole.

M. Gagey. — Le bilan doit représenter surtout la totalité de l'actif et du passif, d'une façon bien claire et bien nette.

M. LE Président. — Quelqu'un demande-t-il encore la parole ?

M. Perdreau — Je me rallie complètement à la plupart des opinions qui viennent d'être présentées par M. Gagey parce qu'elles sont la justification de l'inventaire et des conclusions que j'ai déjà fait connaître.

M. le Président. — Quelqu'un demande-t-il encore la parole?

M. Lamy — Le Bilan est le résumé sommaire de l'Inventaire, et il est en même temps la représentation du solde de tous les comptes au Grand-Livre. Il représente par conséquent la situation active et passive du commerçant, en faisant ressortir exactement le montant de sou capital.

L'identité de ces totaux est la preuve que la comptabilité est régulière et que l'Inventaire a été établi conformément aux principes de la partie double. Cette identité doit donc exister absolument; hors de là, pas de certitude, pas de garantie.

Si le Bilan n'est d'accord qu'avec les soldes du Grand-Livre, Tlnventaire est faux.

Par contre, si le Bilan n'est d'accord qu'avec l'Inventaire, la comptabilité est fausse, les écritures sont irréguliôres, elles sont mal tenues; il faut chercher et rétablir Taccord.

La comptabilité reposant essentiellement sur le bon sens^ il est facile de se rendre compte, avec un peu de réflexion, combien est absurde, pour un comptable surtout, le principe du maintien à l'Actif du Bilan des frais généraux, des débiteurs insolvables et des pertes de toute nature que l'on rencontre notamment dans les Bilans de sociétés par actions.

Pour être correct, il faudrait ouvrir un compte de pertes quand il y en a, mais on s'en garderait bien; d'ailleurs le bon sens indique aussi qu'on n'ouvre pas des comptes à des choses qui n'existent pas. Gomment alors représenter la perte à l'Actif d« l'Inventaire ? Car ne l'oublions pas : l'Actif de l'Inventaire doit représenter effectivement en valeurs réelles l'actif du Bilan du Grand-Livre.

En.examtnant avec sincérité un Bilan vous devez reconnaître. Messieurs, que lorsque vous dressez l'inventaire d'un commerçant vous diminuez le montant de son capital quand le résultat de l'Exercice produit une perte; et que, pour le même cas, si vous ne le diminuez pas lorsqu'il s'agit d'une société, vous devez reconnaître aussi que vous aidez à tromper les actionnaires, de complicité avec le conseil d'administration. Ii|i, au point de vue professionnel, vous êtes coupables et par conséquent responsables; mais comme la pénalité n'existe pas, vous pouvez continuer à faire du gâchis en toute sécurité.

Le Bilan doit, en principe, servir à la clôture et à la réouverture des écritures du Journal; mais on renonce généralement aujourd'hui aux anciennes formules de Balance de sortie et Balance de rentrée qui ne sont d'aucune utilité dans la pratique et font, par conséquent, perdre du temps. Les comptes sont simplement soldés au Grand-Livre et rouverts à nouveau sans écritures au Journal, sauf pour l'écriture de rentrée qui est représentée par le Bilan avec la formule Actif et Passif, bien préférable à celle de Divers à Divers qui devrait être proscrite de toutes les comptabilités, sous quelle forme qu'on la présente, parce qu'elle est obscure et ne dit rien, ou dit tout ce qu'on veut en brisant le contrôle et en faisant disparaître les éléments de classification qui servent à l'établissement des tableaux synoptiques.

Quelques comptables, pour abréger davantage, se contentent même de rouvrir les écritures au Journal avec cette formule bien plus simple encore :

Réouvertu;*e des écritures; montant du Bilan, Fr et la somme totale

portée dans la colonne en dehors afin de pouvoir faire l'addition mensuelle du Journal qui doit concorder avec la Balance du Grand-Livre.

Cette méthode sténographique paraît un peu abrégée, et cependant elle est suffisante quand Tlnventaire et le Bilan se trouvent sur un autre registre avec tous les détails qu'ils comportent.

390 lE GORQâÈt DBS CatiVSÂSLKS.

La oamptal)Ui^ ^afc eamne una» horloge doDt tous les rouag«s fonctionnent dans un mouvement méthodique et régulier qui a pour but d^indîquer rhieure. Ici « rheitjr« c'est le BiiaD v^^ rouages sont les comptes. II faut dooc que tous les comptea- fin oat fi>iictio]ir]ié pendant rBxercice soient représentés à rinventaire pour établir avae précision le Bilan.

Celte représentation 8« fait par 4 colonnes rerticales de la manière suivajate : les deux premières* Doit et Avoir contiennent le montant de toas las comiptes du 6rand-Livr« doat les totaux sont égaax eoatro eux, comme iU sont égaux au total additioand du Journal; ei en regard, parallèlement, doux autres eolonnos r^urésentent chacune le solde de ces mêmes comptes, dont les tc^tanx du Débit sont égaux k ceux du Crédit et ne peuvent être qvî' égaux ^ à m(Htts d'erreur ou d'omission.

Ces deux dernière» colonnes non» donnent la Bilan.

C'est cette balance forcée, et oslioatoirb, indépendante de la volonté du comptable, et du chef de maison, qui fait la sécurité de la partie double et la rend infaillible dans son résultat.

CkST la. seule manière d'établir CORRKCTEMEIÏT UN BILAN.

Toute autre méthode, de partie double, est sans garantie et ne peat être que de la fantaisie, lors môme que le Bilan serait exact, sans préjuger cependant des méthodes que ixou» résarve FavaniT.

Le Bilan est donc la clef de vo>û.te de la eomptebilîté ; lui seul, établi de cette manière^ peut faire connaître avec certitude la position ds commerçant et le résultat vrai de ses affaires.

C'est sur ce point que les comptablea doivent porter d'abord toute leur attention et tous leurs efforts. Ils doivent se donner pour mission da rétablir les vrais principes de la partie double^ partout oli ils sont attaqué» dans leur fonctionnement. C'est en rétablissant Funiôcation du Bilan qu'ils auront l'uniâcaiion des principes et par conséquent la base indispensable pour l'unification d'un ajstèma ou d'une méthode appropriée plus généralement aux affaires da notre époque ; et c'est aussi par ce moyen qu'ils contribueront à réduire le nombre des faillites ctont une grande partie ne sont que des banqueroutes frauduleuses.

Les écritures d^une maison ne doivent contenir aucune obscurité^ aucun secret^ aucun mystère; les employés de la maison doivent pouvoir examiner ^ vérifier et se rendre compte de toutes les opérations; les affaires avouaàles se font au grand jour. C'est le meilleur moyen d'avoir des employés intelligents et dévoués^ et de mériter la confiance des tiers.

C'est le meilleur moyen de former le jugement d'un personnel dont le commerçant est moralement responsable devant la société et dont il est du reste le premier à bénéficier.

Plus le personnel est au courant des affaires d^une maison, plus ce personnel &"y intéresse. On ne s*intéresse bien à une affaire que lorsqu*on la comprend et qu'on peut contribuer à son amélioration et à son développe^ ment.

Le chef de maisoii qui possède assez de bon sans pour comprendre ce principe ne cache rien à ses employés, au contraire, il les tient au courant

QUEssieirs AGTinttLtti n cowtabilité. 391

de ^ «ffaiiea et d«» ai«élia«itt*«.« q«'U projette, ih W co.sulte même et tient eoB^tfif: â» kara «m ^

Et si le lenlimMit d'équité est Me! fortement proaoaeé en lu»' pour lai coaaeiiler Tapplicatû»» d*uaa parfcicipatixwi, aux bénéfice, erééi en coEmiim.ii s'aperçoit bientôt, par l'améiioratiwi aaauellè d# soa Bilan que la justice et le 60» sens sont les meilleures basas.pou,^ d^vaionoeir la prospérité d'aaemiâsoni.

M. Delon. — Voici ma propoaitioii :

Cenflidéraiit q«a l'inventaire. géaéraL doU pcéseater, &ve« la siltiation réelle da àé^ociaot, son béaiéâoe on aa perte;

Considérant aussi que le bénéfice ou la perte s'obtiennent avec la valeur des marchandises restant en magasin à'ieur pdx de revient-

Gonsidéraat enfin qaa l'on, ne fait figurer sur la bilan que le pre'mier de ces éléments,je demande que le deuxième élément y figure également afin que l'on puisse voir, sur le bilan même, d'où proviennent ce bénéfice ou cette perte.

M. BoNNKVAL. - Messieurs, je crois que la question se complique au pomt de va1e^ de la manière de dresser un Bilan. Tous les orateurs qui sont veniw à' cette tribune somt d^accord sur la manière de présenter un inventaire;, or il y a l'inventaire et le bilair. Dans riaveataire, je comprends que vous soyez obligés de détailler les diverses opérations de l'actif et dn pa«sïf, et c'est au moyen de votre inventaire que vous arrivez à faire votre bilan, qui doit représenter tbut simplement le résumé de votre inventaire»

Le bilan, de la Banque de France, qui réalise de- gros bénéfice», représente en somme les dettes actives et passives, ât jamais le capital n'est augmenté ou diminué. On dit que dans les Sociétés ceci n'est pas possible ; mais, messieurs, si dans les Sociétés il y a des pertes et des bénéfices, il n'y a qu'un moyen, c'est de les passer aux profits- et pertes et de ne jamais augmenter ou diminaer le capital.

Il faut que Tinventaire représente toujours les dettes actives ou passives, et qu'elles soient passées au Grand-Livre.

M. LE Président. — Personne ne demande plus la parole. J'ai diverses propositions, nous allons procéder comme nous avona fait, bier, c'est-àdire voter sur chacune de ces propositions et éliminer celles qui auront été rejetées. Nous formerons ensuite un ensemble de celles qui auront été adoptées.

M. Groffier. — Nous avons entendu chacune des propositions et nous n'avons jamais discuté, ainsi nous n'avons pas eu de discussions sur la proposition Gagey.

M. LE Président. — Mais, mon cher collègue, c'est ce que nous faisons en ce moment, c'est à vous de demander la parole.

1. Non» avons tenu à reproduire m egtetua les réflexions de M. Lamy,dont le Congiîès a*apas voulu entendre la lectur«, \ea trouvaaT sans doute trop substantielles.

M. Groffikr. — Nous devons provoquer la révision de la loi, ces questions sont de premier ordre, je demande donc une discussion.

M. LK Président. — Je veux bien la discussion, je la désire et je l'appelle. Mais restons autant que possible dans notre rôle de comptable.

La première proposition est celle de M. Gagey. Elle est adoptée à 10 voix de majorité.

Celle de M. Goldschmidt est adoptée à 30 voix de majorité.

Celles de MM. Delon et Groffier ne sont pas adoptées.

M. LE Président. — Nous en avons fini avec le pai'agrapbe 4 ; nous passons au paragraphe 5. Qui est-ce qui demande la parole?

M. BoNNAUD. — Je demanderais que la discussion de cet article fût reportée à l'article du Livre-Journal, car nous avons à examiner la question légale, je crois qu'il y a peut être double emploi dans ces paragraphes.

M. Gagey. — Le programme a été adopté par le Congrès, je demande donc que le Congrès veuille bien suivre le programme.

M. LE Président. — Le Congrès, Messieurs, est toujours maître de ses décisions ; quoiqu'il ait fait une déclaration antérieure, il peut parfaitement dire que le paragraphe 5 serait mieux à sa place dans le titre 2.

Je demande au Congrès s'il veut reporter le paragraphes à l'aiticleâ.

Cette proposition est adoptée.

M. LE Président. — Nous arrivons en conséquence à la question de la méthode de comptabilité en partie simple. M. Daunay a la parole.

M. Daunay. — Il expose le système de tenue de livres en partie simple, perfectionné par M. Beauchery.

Dans un travail manuscrit sur le système de Tenue des livres en partie simple qui a été soumis à l'examen du comité d'initiative d'un projet de congrès pour l'unification de la comptabilité, M. A. Beauchery a établi pour une série d*articles le parallélisme des deux systèmes de Tenue des livres, partie simple et partie double, et il a montré que la partie simple intelligemment pratiquée pouvait donner les mêmes résultats que la partie double,* avec la mise en œuvre des livres dits livres auxiliaires^.

1. Nous avons démontré, dans notre critique de la méthode Beauchery, que la partie simple n'est pas autre chose que la partie double à Tétat rudimentaire. 11 n'existe, nous le répétons, qu'un « système • de tenue des livres, le système des parties doubles, dont les différentes méthodes d'application sont plus ou moins perfectionnées et pratiques. Celle de M. Beauchery nous fait retourner à Tonfauce de Tart. On va d'ailleurs s'en rendre compte, car nous publions en son entier le travail de M. Daunay, qui joint, au mérite d'être très clair et très bien fait, celai d'avoir permis au Congrès de juger une bonne fois une partie des conceptions prétentieuses de M. Beauchery.

QUESTIONS ACTUELLES DE COMPTABILITÉ. 29t

La tenue des livres en partie simple, dans les cas très rares où elle est encore pratiquée, donne au commerçant la situation générale de ses dettes et de ses créances, mais sans aucun contrôle permettant de vérifier l'exactitude du report des écritures du Journal au Grand-Livre.

Peut-on, avec la tenue des livres en partie simple, assurer ce contrôle et donner au négociant les renseignements précieux qui lui sont fournis par les comptes généraux de la partie double ?

M. Beauchery répond affirmativement.

Il dispose d'abord son Journal avec deux colonnes intitulées doit et avoir et il y inscrit les soldes débiteurs et créditeurs des comptes donnés par Pinventaire; puis il classe dans ces colonnes les mouvements de ses comptes personnels au fur et à mesure qu'ils ont lieu. 11 est bien évident que si les écritures sont reportées exactement du Journal au Grand-Livre, la somme des débits des comptes au Grand- Livre devra être égale au total de la colonne débit du Journal; et inversement pour les crédits.

Il prend ensuite les livres usités dans la partie double sous le nom de livres auxiliaires et le livre d'inventaire. Il reporte sur ces livres d'achats, de caisse, d'effets à recevoir, etc., les chiffres du bilan et il enreg^istre sur chacun d'eux, et en les spécialisant, les mouvements des valeurs, marchandises, espèces, effets, etc., au fur et à mesure qu'ils ont lieu, en introduisant dans le calcul les frais généraux et les pertes et profits.

A un moment quelconque de Texercice, il fait les totaux de chacun de ses livres et il les inscrit au-dessus du total des colonnes débit et crédit du Journal. Il obtient ainsi des totaux égaux entre eux et égaux à ceux que donneraient les écritures tenues en partie double pour }a même période d'exercice.

C'est là ce que nous allons démontrer.

Pour fixer les idées, supposons que le bilan d'une maison de commerce affecte la forme suivante (Nous emploierons dans tout ce qui va suivre des chiffres simples pour ne pas compliquer le calcul) :

Inventaire au 31 décembre 1879. Passif. Actif.

Marchandises , t)» 25

Espèces »» 5

Effets à recevoir »» 10

Effets à payer 4 »»

Mobilier industriel »» 3

Débiteurs » a 6

Créditeurs 5 »))

Capital 9 49

294 us iXiHfi&ès i>iaB cqhftjibuss.

Traduit dans le e^st^oie de tenue de livres en partie do«â)ia, le bilan présentera au Jaurnal ^la forme ««ivaiute:

JournaPl. — l«r janvier 4880. Total.

Les suiTants à Capital :

Marchandises S^ »»

Caisse 5 »»

Effets à recevoir 10 »»

Mobilier industriel 3 »»

DéJûteurB (un seul).»,..,.^ ..•.^,.. 6 49

Ciipital aux Bnirants ^

%i effets à pajer 4 » »

& crédhears (un seul) o 9

Tata?l .. .,. .., ,... o8

Ouvrons an Grand-Livre les conaptes : capital, marcliandises, csdsse, effets II recevoir, effets à payer, mabîlier industriel, puis les comptes de chacun des débiteurs et de chacun des créditeurs (pour simplifier le calcul, nous supposeronfi qu'il n'y a qu'un seul débiteur et un seul créditeur). Reportons à ces comptes les chiffres du l)ilan transportés -sur le Journal et faisons le relevé du Grand-Livre. La balance présentera ht forme suivante :

• Balance -au i^ janvier 1SS0.

Capital

Marchandises

Caisse

Effets à recevoir

Mobilifir industriel ^ .« «..^.

Débiteur A..., ,.*

Effets à payer ^

Créditeur A ,

Totaux (partie double) 58 58

La somme des débits des comptes du Grand-Livre étant égale à la somme des crédits et au total du Journal, nous en concluons que le report est fait exactement.

Traduisons maintenant le même bilan dans le systèmie ds Ift partie simple^ ^1 employant le Journal à deux colonnes et un Grand-Livre, puis les livres d^inventaires, d'achats, de caisse, d'effets à recevoir, d'effets à payer, etc., usités dans la partie double.

En tête de chacun des livres journal, achats, etc., reportons les chif-

Débits.

Crédits.

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