Barrowa, II, p
proques ont été définies par des lois ou concordats : telles sont les religions d^État. Ou bien les deux pouvoirs sont restés indépendants, ce qui est le régime des églises libres.
Le type le mieux caractérisé des religions d'Etat a été représenté à Chicago par la Chine.
€ La religion de TEtat, nous a dit M. W. A. P. Martin, missionnaire à Péking *, est un culte complexe formé de cérémonies empruntées à chacun des trois systèmes : le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Quant au peuple, on peut dire que sa religion consiste en éléments de ces trois cultes, fusionnés dans l'esprit de chaque individu, à peu près comme les gaz de l'air se trouvent mélangés sans proportions définies. >
€ L'ordre social, a ajouté M. Kung-Hsien-Hô dans son Essai sur le confucianisme ', repose sur les cinq relations déterminées par Confucius 3.... Or le souverain est le Fils du Ciel et comme tel, il doit être honoré par-dessus tout; la loyauté à son service est le premier des devoirs. La bonté des parents pour les enfants est sans bornes comme le Ciel, donc il faut servir ses parents avec fidélité. Les frères, étant les branches d'un même tronc, se doivent un mutuel respect, et, le mariage étant Torigine de toutes les relations humaines, la tendresse est le premier devoir des époux. Les cinq relations comprennent trois obligations : celle du ministre envers le souverain, celle des enfants envers leur père, celle de la femme envers son mari. C'est pourquoi il est écrit au livre Ta-Hsioh : « La chose essentielle pour tout homme, depuis l'empereur jusqu'au dernier homme du peuple, c'est de cultiver la justice. Sans cette vertu fondamentale, il ne saurait y avoir d'ordre dans la société. De là vient qu'une grande responsabilité incombe aux chefs de la nation. C'est là le sens de cette parole de Confucius : Quand un maître est juste^ il se fait obéir même sans commander.
1. M. w. Martin, né en 1827; missionnaire de l'église presbytérienne en Chine; président du collège impérial Jungewen à Péking, a assisté aux négociations du traité de Tien-Tsing, et composé plusieurs ouvrages en chinois. Barrows, II, p. 1140.