Voir plus haut chap. v, p
La religion d'Etat existe aussi dans les pays musulmans^ en Russie et au Japon; mais il n'en a été rien dit au Congrès de Chicago.
Le système de la séparation de la société religieuse et du pouvoir civil a été naturellement représenté par les Etats- Unis, et, chose remarquable ! les prêtres catholiques romains n'ont pas semblé moins convaincus de ses avantages que les pasteurs ou rabbins. Le programme avait annoncé un travail de Mgr Ireland sur t le caractère sacré du pouvoir civil et de la loi », et ce discours n'eût pas manqué d'intérêt, étant données les accusations souvent portées contre les catholiques de subordonner le pouvoir civil aux ordres du pape; mais, pour je ne sais quelle raison, il n'a pas été lu. Voici, à son défaut, quelques extraits des discours du Rcv. Burrell, du rabbin Philippson et du professeur O'Gorman.
« Nous n'avons pas d'Eglise établie ou nationale, a dit le Rév. Burrell * ; mais, ce qui vaut incomparablement mieux, nous avons la liberté religieuse. Voici notre Eglise nationale à nous autres Américains : liberté de foi et de conscience, liberté de croire ce qu'il nous plait sur les grands problèmes de la vie éternelle, liberté de suivre nos convictions personnelles, dans la manière dont nous entendons rendre un culte à Dieu, voire même nous en abstenir. Or ceci implique un divorce absolu entre l'Eglise et l'État.... Ne croyez pas pour cela qu'on veuille exclure la religion des aflaires nationales. Au contraire leur action réciproque ne peut qu'accroître leur influence efficace et salutaire l'une sur l'autre. Il ne saurait en être autrement. La vraie religion pénètre tout : elle touche la vie à chaque point de sa circonférence, socialement et politiquement. L'attitude qui convient au gouvernement à l'égard de tous les corps religieux, dont les maximes ne sont pas contraires à sa prospérité, est une tolérance et une protection impartiale. L'Eglise et l'Etat sont deux pouvoirs coordonnés, tous deux institués par Dieu et destinés à se compléter et à se soutenir l'un l'autre. »