Barrows, II, p
avait pas avertis! Il a fallu une législation énergique et la pression des syndicats pour ramener de telles gens au sens moral. Après cela, direz-vous que l'on n*a pas besoin d'aide sociale pour le perfectionnement moral de l'individu? Si un chrétien osait me dire que ces questions sont d'ordre profane et non pas religieux, je suis prêt à lui répondre qu'il est pire qu'un incrédule! >
Après avoir ainsi établi que les croyants ne pouvaient se désintéresser des questions sociales et que la coopération, et même l'action de l'Etat sont nécessaires pour les résoudre, les représentants des deux grandes confessions ont exposé, chacune à son tour, leurs vues sur ce point.
Le cardinal Gibbons, dans un éloquent discours, a montré l'Église catholique venant au secours des misères de l'humanité. Il a rendu un magnifique témoignage à nos Sœurs de charité françaises et aux petites Sœurs des pauvres.
€ Avant que Jésus-Christ parût, a-t-il dit*, le travail manuel, surtout le travail industriel, était regardé comme servile et dégradant, et, partant, réservé aux esclaves. Jésus parait, non pas au soin des pompes de la majesté royale, mais sous l'humble toit d'un charpentier ; il passe la plus grande partie de sa vie dans l'échoppe d'un charpentier et il etface la flétrissure dont les anciens avaient marqué le travail des mains. Désormais les instruments de travail sont rehaussés et l'atelier entouré d'une auréole ! >
Le Rév. James Cleary, prêtre catholique, dans son discours sur la Religion et le Travail'^, a développé avec beaucoup d'à-propos les principes posés par Léon XIII dans sa célèbre encyclique : De conditione opiflciim. c Personne, avait dit le pape, ne saurait outrager impunément cette dignité humaine que Dieu lui-même traite avec respect, ni mettre obstacle à cette vie supérieure, qui est une préparation à la vie éternelle dans le ciel. » Et le Rév. Cleary a ajouté :