Barrows, I, p
serait une folie. En présence de la multiplicité des religions représentées à ce Congrès, nous sommes aussi tentés de croire que la religion définitive sera comme un bouquet composé des fleurs les plus belles, les plus exquises, cueillies dans chacune d'elles . Grave erreur ! Les tombeaux des religions mortes nous enseignent que ce n'est pas le choix de certaines doctrines, mais leur absorption qui fait une religion forte ; non pas l'absorption, mais la conciliation des éléments divers ; non pas la synthèse, mais la réalisation de toutes ces aspirations, de ces vérités incomplètes aboutissant à une pensée plus haute, à une vie transcendante. L'avenir religieux de l'humanité appartiendra donc au système de religion, existant ici, ou à naître, qui ne se contentera pas de faire une sélection, mais qui saura s'assimiler; qui ne se bornera pas à absorber, mais qui saura concilier et accomplir les doctrines essentielles de toutes les religions. »
Le recteur Keane, par contre, a donné la préférence à la méthode analytique *.
« En religion, a-t-il dit, nous ne pouvons suivre une autre méthode que celle adoptée pour la propagation de la science humaine et qui consiste à se mettre d'abord à la portée des esprits les plus incultes ou les moins cultivés, afin, depuis ce point de départ, de pouvoir les porter à un niveau de plus en plus élevé. D'après cette règle de la sagesse universelle, nous devons commencer par descendre jusqu'à l'assertion des vérités religieuses les plus élémentaires et, pour ainsi dire, au programme le plus simple pour le perfectionnement de l'humanité ! Et cela, non pas pour faire de ces rudiments le niveau universel des croyances, mais afin, depuis ce point, de conduire les âmes aux vérités les plus hautes que la bonté de Dieu et l'aspiration de l'humanité nous offrent. Dans cette évolution, l'histoire comparée des religions nous fait connaître bien des cultes, qui se sont arrêtés à un degré intermédiaire. Or ce n'est certes pas la volonté de Dieu, qu'aucune portion de l'humanité reste toujours dans un tel état d'imperfection. »