‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 184 sur 195 · Voir la revue Arena, de Boston, décembre · texte numérisé non relu

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4. The Sacred Books of the Knst. Oxford, 1879-94, 40 vol. in-8.

5. Mme Haskell est membre de l'éîçlise oongrégationaliste à Chicapo et a beaucoup lu les ouvrages de Swedenborg et des livres sur l'histoire des religions. Ayant hérité, il y a quatre ans, une fortuno d'environ un million de dollars, elle avait déjà fait à l'université de la ville une donation de 1 40 000 dollars: Le dollar vaut environ 5 fr.

donations magnifiques : 20 000 dollars pour créer une chaire d'histoire comparée des religions et 100 000 dollars pour y fonder un Musée Oriental, où l'on recueillera tous les objets concernant les arts de la Chaldée, de l'Assyrie et de la Palestine. Et, comme si ce n'était pas assez pour réaliser l'idéal de paix religieuse qu'elle a en vue, la même donatrice y a ajouté une troisième fondation de 20 000 dollars, afin d'établir à Calcutta, ou dans tel autre grand centre d'instruction des Hindous, une deuxième chaire pour l'étude des « rapports du christianisme avec les autres religions ». L'esprit qui doit présider à cet enseignement, a été caractérisé par Mme Haskell dans la lettre qu'elle adressa au président de l'université de Chicago, M. W. Harper, le 12 octobre 1894.

« Ces cours seront faits tous les ans, ou tous les deux ans, disait-elle, par des savants chrétiens d'Europe, d'Asie ou d'Amérique. Ils y exposeront les grandes vérités du christianisme, ses harmonies avec les autres religions, ses droits légitimes et les meilleures méthodes de les faire valoir, d'une manière modérée et conciliante et avec l'esprit fraternel qui animait le Congrès des religions. Je désire que cette chaire porte le nom de John-Henry Barrows, qui s'est identifié avec l'œuvre des relations amicales entre les chrétiens d'Amérique et les peuples de l'Inde.... J'espère qu'avec l'aide de notre Père céleste, cette chaire Barrows contribuera à l'extension de l'influence salutaire de notre université, à l'avancement des plus nobles intérêts de l'humanité : la vérité et la charité. »

Que faut-il admirer le plus dans cette triple fondation, ou de la générosité de la donatrice, ou des paroles de foi et de concorde religieuse qui ont inspiré ses libéralités? Ainsi, le mouvement d'idées né dans le palais des Beaux-Arts à Chicago s'est propagé bien au delà des limites de l'Amérique du Nord. C'est au Japon et dans l'Inde anglaise qu'il a communiqué ses impulsions les plus fortes. Le mikado avait convoqué pour octobre 1894 à Tokyo un Congrès des représentants des quatre cultes professés dans l'ile du Soleil, pour l'étude comparative des religions; mais cette assem-

blée n'a pu se réunir, à cause de la guerre avec la Chine. Le Rév. Yokoï, chrétien japonais, a écrit au Ei'" Barrows que l'horizon intellectuel de ses compatriotes et des missionnaires avait été très élargi par les entretiens de Chicago.

Quant à THindoustan, indigènes et missionnaires ont tous applaudi à la fondation de la chaire Barrows; les conférences missionnaires de Calcutta, de Madras et de Bangalore (sud de l'Inde) se disputent l'honneur de l'avoir, et brahmanistes et parsis de Bombay y voient un moyen d'établir des relations pacifiques et amicales entre les hommes de race et de religion différentes *.

il. — RÉSULTATS MORAUX ET SOCIAUX

C'est bien là, en effet, le second ordre de résultats obtenus par le Congrès de Chicago. Il n'a pas seulement donné une vive impulsion à l'étude des religions, mais il a eu des conséquences fécondes au point de vue de la tolérance et de l'union pour l'action sociale.

On a appris à se mieux connaître et par suite à s'estimer les uns les autres et l'on a rendu justice aux efforts de la charité et du dévouement dans tous les camps. Le Rév. Field a payé un tribut d'admiration aux Sœurs de charité catholiques et à la tempérance des musulmans, tandis que le cardinal Gibbons faisait le panégyrique des institutions philanthropiques fondées par les protestants des États-Unis et que Mgr Ireland donnait un témoignage éclatant de sympathie aux israélites *.

« La religion pure et sans tache devant Dieu, a dit Mgr Gibbons, c'est de visiter la veuve et l'orphelin dans leur détresse et de se garder pur des souillures du monde; ou, pour emprunter les paroles du païen Cicéron : Homines ad Deos nulla re propius accedunt qiiam salutem hominibus dando. »

1. V. G. Goodspeed, The World's first Parliament of religions, Us Christian spirit, historié great7ies8 and manifold results. Chicago, Hill et Schuman, 1895, in-12 de 16 pages.

2. L'archevêque de Saint-Paul s'est, en effet, rendu au Congrès des femmes israélites, tenu à Chicago du 4 au 7 septembre, et a, dans un discours, témoigné publiquement sa sympathie pour les juifs persécutés.

Et Ton ne s'est pas borné à des déclarations platoniques. Séance tenante, sur la proposition du Rév. J. H. Barrows, on a nommé trois comités pour préparer une liste des 50 meilleurs ouvrages populaires sur la religion. Ces comités, dont l'un était composé de catholiques, l'autre de protestants orthodoxes et le dernier de chrétiens libéraux, devaient se réunir pour dresser une liste commune de livres d'apologétique et d'édification^ La jeunesse américaine a suivi cet exemple d'union. En octobre 4894, les sociétés charitables . confessionnelles de l'université Harvard ont organisé un meeting afin de concerter leurs efforts philanthropiques. Catholiques et protestants, israélites et libres penseurs s'y sont rendus et y ont nommé les membres d'un office central.

M. William Eliot, recteur de l'université, qui présidait, a fort bien expliqué le but de cette entente :

« Pris individuellement, vous ne pourriez sans doute pas vous accorder sur une quelconque des doctrines fondamentales du christianisme, et pourtant vous avez tous un dessein unique ; vous êtes animés de communs sentiments : l'amour de Dieu, l'amour de l'homme, et ces sentiments, en vous rapprochant, se traduiront par une action philanthropique plus vigoureuse. »

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