I. — l'homme d'après confucius
On sait qu'en Chine, si la religion de Confucius partage actuellement avec le taoïsme et le bouddhisme les privilèges d'un culte reconnu par l'Etat, c'est elle encore qui jouit de la plus grande faveur auprès des lettrés de l'empire du Milieu.
Voici, d'après le mémoire de Pung-Kwang-Yu *, la psychologie de Confucius :
« L'homme, est- il écrit dans le livre des Rites, est le produit du Ciel et de la Terre et comme leur cœur, c'est-àdire qu'il sert de lien entre le principe actif et le principe passif, et qu'il combine en lui l'essence éthérée des cinq éléments.
« Mais il était loin d'être parfart et pur dès le principe. Qu'était-il donc à l'origine? Une espèce d'animal nu. Dans les temps primitifs, l'homme se nourrissait d'herbes et de fruits des broussailles ; il n'avait pour toute boisson que l'eau des ruisseaux ou des rivières. Il n'était pas séparé par une grande distance du reste de la création animale. D'ailleurs la nature ne l'avait pas pourvu de cornes et de griffes pour résister aux empiétements et attaques des autres animaux, ni de plumes ou de fourrure pour le protéger contre les excès de la chaleur et du froid. Obligé de tenir tête, seul et désarmé, à la lutte pour l'existence , il regarda sans doute d'abord ses organes comme étant, à bien des égards, inférieurs à ceux d'autres animaux. A la vue des oiseaux de l'air, des bêles des champs et de toutes les autres créatures au corps mou ^ des cieux et de la terre, il était naturellement frappé de terreur et alla jusqu'à les adorer, par la raison qu'il était désarmé, tandis qu'elles avaient le pouvoir de faire du bien ou du mal. Voilà à quelles circonstances on peut attribuer l'origine du culte polythéiste.
€ Et pourtant, c'est l'homme seul que la nature avait doué d'intelligence. C'est pourquoi il put tirer parti des propriétés du feu pour forger des armes avec les métaux et façonner des ustensiles avec de l'argile. Son premier souci fut d'augmenter son bien-être et de parer aux dangers de l'existence. A la longue, il prit conscience de sa supériorité et il s'appropria la terre, qui avait été occupée par les oiseaux, les animaux et les autres bêtes qui vivaient en commun avec lui. De plus, il en vint à manger leur chair