Barrows, II, p. 414 et suivantes
2. Pnr soft-bodied animais. M. Yu a, sans doute, vou'u désigner les reptiles et les mollusques.
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et à dormir sur leurs peaux. Alors il abandonna les cavernes naturelles et les cabanes informes, qui lui servaient d'abri, pour habiter des maisons mieux bâties; il échangea les vêtements faits des dépouilles brutes des animaux, contre des étoffes de laine et de soie. — Bientôt après, il s'appliqua à l'étude du ciel et de la terre, il observa les mouvement^ du soleil et de la lune, ainsi que le retour périodique des saisons. Des tablettes reliées ensemble par des bandelettes de cuir remplacèrent les nœuds dont on s'était servi jusque-là pour fixer la mémoire des événements importants. Quand l'homme passa de l'état sauvage à la vie civilisée, il fit des lois pour régler les rapports et devoirs de la société, en insistant sur le devoir de rester maitre de soi {self disciplining), et par là contribua à l'éducation des nouvelles générations. On eut recours à la musique pour célébrer les belles actions du genre humain et on rédigea les lois de la propriété pour concilier les prétentions opposées des particuliers. Les inventions, les découvertes se multiplièrent avec le cours des siècles : c'est en cela que réside la dignité de la nature humaine, ce qui distingue l'homme des animaux. »
Suit tout un développement pour montrer que les animaux sont doués d'une certaine intelligence et susceptibles de quelques émotions, mais incapables de progrès, parce que leur nature a été formée par la combinaison des éléments éthérés avec les parties les plus grossières de la terre.
€ Or la nature, dit Confucius, ne peut tirer de la substance de chaque être que les qualités qui lui sont innées. Elle vient en aide à ceux qui marchent la tète haute, mais foule aux pieds ceux qui rampent à terre....
« Les émotions, chez l'homme, ne sont que les manifestations des facultés de l'âme, provoquées par une excitation externe. 11 y a sept émotions : la joie, la colère, le chagrin, la crainte, l'amour, la haine, le désir. Les facultés de l'âme sont un don de la nature, c'est pourquoi on les appelle forces naturelles ; les émotions, au contraire, sont propres à l'homme, d'où le nom d'humaines....
« L'homme, a-t-on vu, est rempli de défauts, que les disciples de Confucius appellent imperfections constitutionnelles.
Cela vient de la très grande différence des organes que les individus ont reçus de la terre. Il va de soi que des facultés aussi différentes développent des aptitudes et des talents, de degré et d'espèce très divers. Ce n'est pas que les divers individus aient reçu de la nature des mesures différentes d'intelligence.
« Or l'homme ne peut se corriger des imperfections inhérentes à sa nature qu'en appliquant son esprit à des occupations intellectuelles, en persévérant dans la vertu, en suivant les préceptes de la bienveillance, en réprimant sa colère et en modérant ses appétits. Les amis du genre humain, qui ont à cœur sa régénération, voudraient sans doute découvrir une panacée capable d'extirper tous ces défauts de la nature humaine, afin de les réformer en un moment. Mais une pareille méthode ne serait pas conforme aux procédés de la nature, qui se contente de faire produire à chaque substance ses qualités intrinsèques.
« Or quelles sont les qualités innées de l'homme?
« V humanité j dit Gonfucius, est le caractère distinctif de Vhomme. » Il faut entendre par là la « bonté » qu'il place en tête des cinq qualités innées, à savoir : 1° la bonté; 2° la droiture; 3<* la convenance; 4<* l'intelligence; 5° la véracité.
< L'homme est donc doué de facultés de premier ordre. Et cependant il y a des êtres qui dégradent la nature humaine, au point de satisfaire d'une manière effrénée les appétits qu'ils ont en commun avec les bêtes, au préjudice de leur sens moral et parfois même avec une sorte d'inconscience. Au cas où ils ont réellement perdu la conscience, le ciel même ne peut rien faire pour eux. Mais si, à un moment donné, ils reprennent conscience de leur état de péché, quel sentiment de honte, mêlé sans doute de crainte et de tremblement, doivent-ils éprouver ! Si, après avoir ressenti cette honte, ils se repentent de leurs mauvaises actions, alors ils redeviennent hommes ; car le sentiment de l'homme, ou la « bonté >, a été recréé en eux. Telle est la doctrine, sur laquelle s'accordent toutes les écoles des confucianistes *. »
1. Barrows, I, p. -418. Comp. A. Uéville, Religion chinoise, p. 352, n. 2. D'après l'auteur, il y aurait trois écoles en Chine : l'une, celle de Gonfucius
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Le délégué chinois a tracé, dans les pages qui précèdent, un tableau, aux touches larges et saisissantes, des vicissitudes de Tespèce humaine, aux prises d'abord avec ses rivales dans l'espèce animale, puis avec le mal qui est en elle-même. En résumé, l'homme est le produit de la combinaison d'éléments empruntés au ciel et à la terre. Ce dualisme se retrouve aussi chez les animaux. La différence, c'est que chez eux les parcelles éthérées se combinent avec les éléments les plus grossiers de la terre, tandis que dans l'homme ces parcelles, étant combinées avec des éléments terrestres plus subtils, peuvent s'épanouir librement. Le dualisme de cette origine persiste dans l'homme et se manifeste par la prépondérance alternative des vertus ou des appétits bestiaux. L'homme doit tendre sans cesse à faire prévaloir les premières, sous peine de déchéance.
Il y a là une vue juste du devoir présent; mais que pensent les disciples de Confucius de la vie future? C'est encore M. Pung-Kwang-Yu qui va nous répondre dans le passage suivant :
« Les sectateurs du taoïsme et ceux du bouddhisme parlent souvent de l'immortalité et de la vie éternelle. En conséquence, ils se soumettent à une discipline morale, dans l'espoir de parvenir, par là, à cet état de béatitude. Ils aspirent simplement à délivrer" l'esprit des bornes que lui impose le corps. On entend souvent les prêtres du Tao et de Bouddha faire mention du ciel et de la terre, parler du Livre du rôle des esprits et du Megistre des âmes. Ils cherchent à inculquer l'idée que les bons recevront leur récompense, et que les méchants subissent des peines éternelles. Le dessein qui consiste à pousser les hommes à faire le bien et à éviter le mal, par la perspective d'un au-delà délicieux ou terrible, est peut-être louable ; mais c'est perpétuer un
et de Mencius, qui croient à la bonté native de Thomine; la 2", celle de Sen- Tseu, qui admet qu'il est de nature enclin au mal; et la 3" (Han-Yu), qui divise les gens en trois classes : ceux en qui domine la bonté native; ceux en qui le mal est inné et domine, et ceux qui oscillent entre les désirs bçns et mauvais.
mensonge en s'attachant servilement à des erreurs condamnables.
C'est pourquoi les disciples de Confucius repoussent de pareilles doctrines, quoiqu'ils ne fassent aucune tentative pour les supprimer, c Nous ne pouvons pas même encore, dit Confucius, faire nos devoirs envers les hommes : comment pourrions-nous les remplir envers les esprits? — Il dit ailleurs : « Nous ne savons pas encore ce que c'est que la vie : comment pourrions-nous connaître la mort ? % — « A partir de ce moment, dit Tsang-Tseu, je sais que je suis sauvé. > — « Que mes actes raisonnables demeurent, dit Chang-Tseu, et je mourrai en paix. » On verra que les hommes sages et bons de la Chine n'ont jamais jugé convenable de renoncer à l'enseignement des devoirs de la vie présente, pour se livrer à des spéculations sur l'état des âmes après la mort. — Néanmoins de divers passages du Livre des transformations on peut conclure que l'âme de l'homme, après la mort, est replacée dans l'état où elle se trouvait avant la naissance. Au contraire, les prêtres du Tao et de Bouddha semblent prendre plaisir à s'étendre longuement sur ce sujet.
Voilà qui est clair : il n'y a ici nul goût métaphysique, nul essai de sonder le mystère d'outre-tombe. Le monde visible suffit amplement aux méditations du sage Chinois. Satis magnum aller alteri theatrum sumus : telle paraît être la devise de Confucius en matière de philosophie.