III.— L'HOMME D'APRÈS LE SHINTO ÏSME
Quand on cherche à se rendre compte des conceptions psychologiques admises par les Japonais modernes, on éprouve un grand embarras. A entendre M. Nobuta Kishimoto (d'Okoyama) *, les classes élevées de la société sont en proie à l'indifférence religieuse. Toutes les opinions philosophiques d'Occident, notamment l'agnosticisme de H. Spencer, le positivisme d'Auguste Comte, le pessimisme de Schopehhauer et de Hartmann, y rencontrent des adeptes. D'autre part, le confucianisme, le bouddhisme et le christianisme y ont fait de larges conquêtes. Mais, si l'on veut connaître la pensée de la masse du peuple, surtout dans les provinces reculées, il faut s'adresser au shintoïsme, la religion primitive du Japon. Or qu'enseigne la religion du Shinto * sur l'homme et sa nature?
« Le shintoïsme, nous dit M. Kishimoto, représente trois choses sous un même nom : le culte du totem ^, le culte de la nature et le culte des ancêtres. C'est une religion ethnique qui, comme telle, n'a ni auteur ni système de dogmes, ni code de morale. Elle enseigne que les hommes sont les descendants des dieux, ou, en d'autres termes, l'origine divine de l'humanité. Il y a plus : comme l'univers est venu
1. L'Aveni)' de la relir/ion au Japon, Barrows, II, p. 1273-1283.