‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 25 sur 195 · Shinto sifçnifie la w voie do Dieu · texte numérisé non relu

Shinto sifçnifie la w voie do Dieu

3. Totem est le nom que les Peaux-Rouges donnent à Tanimal qui leur paraît être l'incarnation du Dieu proleeteur de la tribu et, en même temps, celle de leur premier ancêtre. Cet animal sacré est parfois identifié à l'Esprit de la nature, qu'ils adorent (ciel, soleil, vent). Le totémisme, qui existait chez les Égyptiens, se retrouve en Afrique, chez les Cafres, les Betchouanas et jusqu'en Australie. (Note communiquée par M. Albert Réville.)

des dieux, il est rempli de leur essence, ce qui revient à enseigner Timmanence divine. » Les temples du Shinto sont extrêmement simples, ne renferment ni peintures ni images et sont situés dans les lieux écartés.

Cette religion fut, au xvi® siècle, l'objet d'une réforme qui a pris le nom de zhikko ou pratique, parce qu'elle tendait à substituer la vie active à la spéculation. La branche du zhikko a été représentée au Congrès par Reuchi Shibata, grand prêtre de la secte, qui Fa définie en ces termes :

« Elle se propose, dit-il, d'enseigner à l'homme à faire les œuvres qui lui sont propres. Or le premier de ces devoirs, c'est de révérer la fameuse montagne Foudji *, la considérant comme le séjour sacré du divin maître et le cerveau du monde. Et de même que chaque enfant de la divinité c Ciel > vint au monde avec une âme issue de l'âme divine originelle, l'homme doit être juste, conformément aux ordres de Dieu, et doit prendre le Foudji pour symbole de sa pensée et do son action. Par exemple, il doit être simple et sans détours, comme l'est la forme de la montagne ; il doit rendre son âme et son corps purs, comme l'est la sérénité du Foudji....

€ Nous devons respecter le monde présent, avec toutes ses œuvres pratiques, plus que le monde à venir; prier pour la longue vie de l'empereur et pour la paix du pays, et prendre notre part de responsabilité dans la prospérité pubUqne, en menant une vie sobre et active, en collaborant tous aux cruvres d'intérêt général. »

Or tout cela ne nous donne pas une psychologie bien nette, quoique, à travers les symboles par lesquels Japonais et voyageurs expriment leur admiration pour la c simplicité auguste > du mont Foudji, on distingue l'idée que l'homme doit se conformer à la ressemblance du Créateur. Il y a là plutôt des règles de conduite qu'un essai d'investigation sur

1. Foudji-San ou Foudji- Yama, ancien volcan couronné de neige, dans la région centrale de l'ile Nippon ; célèbre par la beauté de sa forme conique et par son altitude (3 772 mètres). « Mons excelsus et singularis », dit Kœmpfer. « Hautain et vaporeux, dit M. de Hûbner, le divin et éternel Foudji est inondé d'une clarté olympienne. Ce que TEtna est à la Méditerranée, et le Canigou aux Pyrénées, il apparaît comme une sorte d'œil du monde vu do tous et voyant tout. »

la destinée de rhomme. D^ailleurs Beuchi Shibata a pris soin de nous dire que tel était le but de la réforme du zhikko ; son message est avant tout un message concernant les relations entre les hommes ici-bas :

c D'après nos doctrines, tous les êtres animés et inanimés sont issus d'une seule divinité, le Ciel, et chacun a sa mission spéciale. Aussi devons-nous nous aimer les uns les autres et respecter les formes diverses que la religion a revêtues dans le monde. Je crois que toutes ces formes reposent sur une vérité fondamentale. »

On ne saurait méconnaître dans ce discours du grand prêtre shintoïste des aspirations élevées. On sent chez ce païen la conviction profonde du triomphe du bien dans le monde, par l'union de tous les hommes qui cherchent sincèrement le vrai. Or ces aspirations même supposent chez l'homme quelque affinité avec le vrai, le bien et le beau, et de là l'orateur devrait arriver logiquement h admettre que l'homme est immortel comme cette vérité idéale qu'il poursuit. Mais il n'y a là que de nobles sentiments, de vagues aspirations; nous n'y trouvons même pas le germe d'une théorie sur l'immortalité de l'âme, comme dans le taoïsme.

Quel contraste ces doctrines de Confucius et du Shinto offrent avec les théories des penseurs hindous sur l'origine du monde et la destinée de l'homme! En Chine et au Japon, tout est pratique, terre à terre et calculé en vue des rapports sociaux et de la vie présente ; dans Tlnde, au contraire, la pensée s'élance vers les hauteurs et, contemplant de là l'infini et l'au-delà, ébauche des systèmes métaphysiques. On retrouve dans la théodicée brahmanique quelque chose de la végétation luxuriante qui fait le charme propre des vallées du Gange et de l'Indu s. On va voir que leur psychologie n'est pas moins profonde et que leurs conceptions de la vie future ne sont ni moins variées, ni moins grandioses.

REUCHl SHIBATA (JapOn)

l'homme. 67

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