‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 47 sur 195 · VÉDAS · texte numérisé non relu

VÉDAS

Les discours rapportés dans le chapitre précédent tendaient tous à cette conclusion, que le sentiment religieux nous est inné et qu'il est un des caractères essentiels de la nature humaine; qu'il est universel dans Tespèce, mais offre une grande variété d'expressions. En effet, un simple coup d'œil jeté sur Thistoire des religions suffit pour montrer qu'elles n'échappent pas à la loi de développement, de déclin et de mort, à laquelle sont sujettes toutes les, choses humaines. Que de religions ont disparu ! Des cultes de l'Egypte et de l'Assyrie, de Chaldée, de la Grèce et de Rome, il ne reste que des monuments en ruines, des statues mutilées, quelques inscriptions; tandis que, par une rare fortune, ceux de la Chine et de l'Inde sont encore debout! — Je me trompe; il y a quelque chose de plus résistant que le marbre : c'est la doctrine confiée à la mémoire des hommes ; il y a quelque chose de plus impérissable que les temples les plus colos-

saux, ce sont les livres sacrés, conservés par la piété des prêtres et restitués par la divination des orientalistes * .

Deux mémoires ont été présentés au Congrès sur les religions disparues. Le premier, de J. A. S. Grant-Bey^ (du Caire), a décrit les traits essentiels de la théogonie et de la psychologie égyptiennes et a signalé les éléments que lui ont empruntés les Grecs, les Hébreux et les Mahométans.

Dans le second, M. Goodspeed ', professeur d'histoire des religions à l'université de Chicago, a exposé ce que les religions mortes ont légué aux religions encore vivantes. D'après lui, ce sont les religions de l'Assyrie et de la Chaldée qui ont fourni l'idée de la transcendance divine à Israël, et, de là, elle a passé dans le christianisme. La notion de l'immanence de Dieu, par contre, était propre à la religion des Égyptiens et nous est parvenue par la voie d'Alexandrie.

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