‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 66 sur 195 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Cette loi souyeraine, à la Chine, au Japon Inspira Zoroastre, illumina Solon ; D'un bout du monde à l'autre, elle parle, elle crie « Adore un Dieu, sois juste et chéris ta patrie ! »

Voltaire.

Relations entre la religion et la morale. — Les systèmes éthiques des principales religions. — Comparaison.

La religion et la morale ressemblent à deux sœurs orphelines, que des gens intéressés essaient de mettre à couteaux tirés et qui ont besoin, pour se défendre, de se prêter un mutuel appui. En effet, malgré les liens étroits qui les unissent, il s'est rencontré des hommes qui, sous prétexte de Tafifranchir, ont tenté de constituer la morale indépendamment de toute croyance religieuse. D'autres ont soutenu que la religion était une création de la morale. Il y a même des savants qui ont prétendu qu' e il n'y a entre la morale et le mysticisme (lisez la foi) aucun lien génétique, aucune relation nécessaire, pas plus dans les religions anciennes que dans le christianisme... et que, parmi les nations, comme chez les individus, les personnalités les moins morales se rencontrent souvent parmi les plus religieuses * ». Et, réciproquement, il ne manque pas de dévots enclins à faire

1. Berthelot, la Science et la Morale {Bévue de Paris, 1*' février 18%).

trop bon marché de la morale et tout prêts à absoudre les licences qu'on prend avec elle, à condition qu'on professe la doctrine orthodoxe.

Ni Tune ni l'autre de ces opinions extrêmes n'a trouvé d'avocat au Congrès de Chicago. Tout le monde a proclamé, d'un commun accord, que la religion et la morale sont inséparables. On s'est efforcé, seulement, de marquer nettement leurs caractères respectif^ et d'expliquer leur développement et leur action réciproque.

Page 1