‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 9 sur 195 · I.— DIEU DANS LES RELIGIONS DE LA CHINE · texte numérisé non relu

I.— DIEU DANS LES RELIGIONS DE LA CHINE

Grâce au discours de M. Milton Terry sur les Livres sacrés considérés au point de vue littéraire *, on peut pénétrer la pensée de Lao-Tseu, l'auteur du Tao-te-King, qui devança (^onfucius d'une cinquantaine d'années (604 av. J.-C). A la base de son système se trouve l'affirmation d'une raison suprême, le tao^ qui est à la fois la source de toutes choses et la règle qui préside au cours de la nature. En morale, il recommande la pratique de la vertu ou te, qui seule procure la paix de l'âme. Il n'y a pas là, sans doute, un théisme bien précis, mais on y voit la reconnaissance d'une cause < sans nom » et immatérielle, qui est supérieure au

1. M. Milton Terry, né en 1849, a été pasteur de l'Église méthodiste épiscopale à New York, et est aujourd'hui professeur d'exégèse de l'Ancien Testament à VJnstitut Garrett (école de théologie) a Cranston (Illinois). Voir Barrows, I, 695. Comp. VEssai sur le taoïsme (II, 1355-1358).

ciel et à la terre. Une conception aussi élevée ne pouvait satisfaire des esprits incultes, aussi le goût des masses pour le merveilleux l'emporta-t-il bientôt : le culte des génies, les pratiques théurgiques se greffèrent sur la doctrine de Lao-Tseu et donnèrent naissance au taoïsme actuel, qui en est presque le contre-pied.

Tout autre est la doctrine de Confucius. C'est à peine si elle mérite le nom de religion. En effet, si nous cherchons à déduire de son système quelque notion claire sur la divinité, nous nous trouvons arrêtés par des conceptions qui ne sont pas les nôtres, le « ciel > servant à désigner l'objet suprême des spéculations de la métaphysique. Il paraît bien cependant que Tien ou Chang-Ti est un mot synonyme de Dieu. C'est du moins ce qui semble résulter de la citation suivante, empruntée au savant traité de M. Pung-Kwang-Yu sur le confucianisme :

€ Pourquoi les disciples de Confucius appliquent-ils le mot Ti au ciel et non aux esprits? La raison en est qu'il n'y a qu'un Ti ou maître souverain, chef de tous les esprits subordonnés, dont on ne peut dire qu'il soit favorable ou défavorable, bienfaisant ou malfaisant. Au-dessous de lui, toutefois, les esprits inférieurs ont une activité soit bonne, soit mauvaise. Comme on le voit, Chang-Ti est la source de toute autorité dans < l'univers, le point de départ de tout ce qui existe * >.

Nous complétons, par quelques lignes empruntées au mémoire couronné de Kung-Hsien-IIo, de Chang-Haï, sur le confucianisme ^, les notions déjà acquises sur la conception de la divinité d'après le moraliste chinois.

€ Le livre de Yih-King dit : Dans les changements du monde, il y a le Grand-Suprême (Tai-Ki) qui produit deux principes, Yin et Yang. Par « Suprême » on entend la source de toute activité, nos sages regardant Yin, Yang et les cinq éléments comme agissant et réagissant sans cesse les uns sur les autres. Cette doctrine est comme les gonds pour les

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