II. — LA FAMILLE D'APRÈS LE BOUDDHISME
En effet, le bouddhisme parvint au Japon, en passant par la Chine et la Corée, et y trouva un terrain de culture favorable. Mais d'après Nobouta Kishimoto, il a abouti à des sectes si contraires, — les unes athées, d'autres confinant au théisme, — les unes pessimistes, les autres optimistes et admettant la vie future — les unes austères, les autres indulgentes, — que ce désarroi des idées a entraîhé un sérieux relâchement dans les mœurs.
Cette opinion d'un Japonais sur l'insuffisance du bouddhisme au point de vue des mœurs a été confirmée par les déclarations du Rév. Gordon, missionnaire à Kyoto. D'après lui, au Japon, les femmes sont, au point de vue du péché, encore au-dessous des hommes; elles connaissent à peine la différence qui existe entre la vérité et l'erreur; elles sont un fléau et une embûche pour le genre humain. Dans toutes les sectes bouddhistes, dans tous les pays où domine le bouddhisme, la position de la femme est une position inférieure et servile. Elle est « sans foyer » (houseless); elle est la « créature des trois obéissances ». — « Dans son enfance, qu'elle soit soumise à la volonté de son père; à son âge adulte, à la volonté de son mari; à la volonté de son fils, quand son mari sera mort! Une femme n'a pas le droit de jouir de l'indépendance *. » — « Son père, son mari,