Voir discours de Kishimoto dans Barrows, II, p
2. Comp. Lois de Manou : u Pendant l'enfance, une femme dépend de ses parents; pendant la jeunesse, de son mari; s'il est mort, de ses fils, et à leur défaut, des parents de son mari. Elle ne doit jamais se gouverner elle-même. »
LA RELIGION ET Lk FAMILLE. 181
ajoute M. Gordon, peuvent lui ordonner de passer dans le milieu infâme et dégradant des maisons de débauche des années entières pour leur bénéfice pécuniaire. La « pécheresse aux trois obéissances » n'a d'autre choix que la soumission ou la mort. Dans la courte carrière du christianisme au Japon, il a mainte et mainte fois délivré de pauvres créatures qui étaient sur le point de commencer cette vie infamante ou qui y étaient déjà engagées. »
Le plus faible sentiment de dignité personnelle a donc disparu chez ces hommes et ces femmes. Mais que dire d'une religion qui tolère ces horreurs?
Le niveau moral de la famille bouddhiste ne serait pas tombé aussi bas dans l'Indo-Chine, s'il faut en croire le prince Chandradat Ghudhaham, frère du roi de Siam.
€ Un bon mari, a-t-il dit *, d'après les discours du seigneur Bouddha, doit honorer sa femme, ne jamais l'insulter, ni lui déplaire ; il doit pourvoir à ses besoins et faire qu'elle soit maîtresse dans sa maison. La femme, de son côté, doit lui montrer une humeur joyeuse, quand il travaille; faire bon accueil à ses amis et prendre soin de ses subordonnés ; bien ménager la fortune qu'il a acquise, en n'étant point oisive et ne faisant rien de contraire à ses désirs. »
« Les parents , dans leur vieillesse , doivent pouvoir compter sur leurs enfants pour prendre soin d'eux, faire tout leur travail et diriger leurs affaires, maintenir leur train de maison et, après leur mort, pour faire honneur à leurs restes mortels, en pratiquant la charité. Les parents, d'autre part, font leur devoir en les empêchant de commettre des actes coupables, en les guidant dans le chemin de la vertu, en prenant soin de leur éducation, en leur procurant des maris ou des femmes bien assortis, enfin en leur laissant des héritages. »
Voilà, certes, un tableau des devoirs domestiques, d'après Bouddha, digne de figurer à côté du portrait de la Femme vertueuse chez les Hébreux 2, voire même digne de la famille