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conque et comme il arrive pour les œuvres de ce genre, mais bien par la volonté manifeste de Dieu et par les sentiments et les actes par lesquels la vénérable fondatrice répondit à sa vocation. Nous ne pouvons que Citer quelques traits qui suffiront du reste à établir cette vérité historique. Dès l'âge de 22 ans Marguerite Bourgeoys, née à Troyes en France, s'était donnée à Dieu de toute son âme. tout en restant ‘ au milieu du monde attendant de connaître les desseins de Dieu sur elle. Déjà c'était une dévote servante du Très-Saint-Sacrement : au milieu des épreuves les plus douloureuses le bon Maître l'inondait de ses plus ineffables consolations. Chaqg dis, dit son biographe, qu'elle s'approchait de la sainte table elle éprouvait des douceurs extraordinaires et le feu sacré qui embrasait son âme était souvent si intense qu'elle avait peine à modérer les impressions sensibles de cette sainte ardeur. Cependant le divin Mattre lui réservait une faveur encore plus grande, C'était en 1650, le jour de l'Assomption, fête principale de a Congrégation externe dont elle faisait partie. Le Saint-Sacrement étant exposé selon l'usage, la pieuse Marguerite fut désignée pour rester en adoration à l'église pendant la procession qu'on faisait ce joutlà. Après avoir passé quelque temps humblement prosternée aux pieds de Notre-Seigneur, elle se sentit tout à coup portée à lever les yeux vers la sainte Hostie. O merveille! A ce moment, le Dieu de l'Eucharistie daigne se manifester à elle sous la forme d'un enfant de l'âge de trois ans et d'une beauté incemparable, Cette vision lui fit éprouver les plus douces émotions de l'amour divin, et lui inspira un profond mé-
pris pour les beautés trompeuses de la terre. Comme ferait un ange revêtu d'une chair mertelle, elle n'usa Plus qu'avec contrainte et dégoût des choses les plus nécessaires à la vie. C'était précisément la disposition où Dieu la voulait nour les desseins qu'il allait lui manifester en l'appelant au Canada.
Dix années durant, Marguerite Bourgeoys s'était préparée d'une manière inconsciante à une mission qu'elle ignorait, En 1653, tout s'éclaircit et tout se décide, la pieuse fille doit dire adieu à la France et venir à Ville-Marie, Cependant les épreuves continuent et se multiplient ; elle est à Mantes et prête à s'embarquer et elle se voit en butte à de nouvelles contradictions,
Un jour, qu'elle était ainsi en proie à de vives inquiétudes et à une profonde désolation intérieure, elle entre dans une église ; et là, prosternée devant le Saint- Sacrement exposé, elle répand son âmé avec une grande abondance de larmes ; elle proteste q 2 son unique désir est de connaître et d'accomplir en tout la divine volonté, A l'instant même, elle se relève l'âme inondée d'une joie céleste, l'esprit éclairé d'une vive lumière ; elle se trouve résolue de persévérer jusqu'à la mort dans le dessein de servir Dieu à Ville- Marie, En un moment, écrit-elle, toutes mes peines furent changées ; je reçus là une très forte impression et une très grande assurance qu'il fallait faire ce voyage, et je revins de l'église avec une entière conviction que Dieu voulait que j'allass- 2u Canada.
Arrivée à Montréal, elle inaugure son œuvre, on sait dans quelles conditions de pauvreté. Elle groupe autour d'elle dans une étable les enfants qu'elle doit instruire, Elle se donne à tous sans distinction,
Mais, dit encore l'historien sa vie, son ardent amour envers Jésus-Eucharistie la faisait redoubler de soins et d'attentions envers les élèves qui se préparaient à la première communion,
Vous le voyez, Nos Très Chers Frères, c'est toujours la même dévotion ardente qui inspire Marguerite Bourgeoys et dont elle veut pétrir les jeunes cœurs qui lui sont confiés. L'Eucharistie du reste domine toute son œuvre, comme elle dominera dans la suite toute l'histoire de la Congrégation qu'elle a fondée, En- Voyant un jour quelques-unes de ses compegnes en Mission, la pieuse fondatrice leur adressait ces paroles qui condensent toute sa pensée et tous ses sentiments: “ ’ensez, mes chères Sœurs, que dans votre mission vous allez ramasser les gouttes du Sang de Jésus-Christ qui se perdent, Oh! qu'une sœur qu'on envoie en mission sera contente, si elle pense qu'elle Y va par l'ordre de Dieu et en sa Compagnie ; si elle pense que dans cet emploi, elle peut et elle doit té- Mmoigner sa reconnaissance à Celui de qui elle a tout reçu! Oh! qu'elle ne trouvera rien de difficile et de fâcheux ! Elle voudra, au contraire, manger de toutes choses, être méprisée de tout le monde, souffrir toutes sortes de tourments et mourir même dans l'infamie.”
Tels étaient les sentiments de Marguerite Bour- &eoys et ceux qu'elle inspirait à ses compagnes. ‘On peut dire qu'ils reçurent leur expression suprême sur la fin de sa carrière, alors que les constitutions de la communauté qu'elle avait fondée r curent leur approbation définitive, et que le 24 juin 1698 les sœurs de la Congrégation eurent le bonheur de recevoir ces règles des mains de Mgr de St-Vallier venu à
ls
Montréal pour cette circonstance. Le lendemain, au saint Sacrifice de la messe, immédiatement avant de recevoir la sainte Communion, les sœurs prononcèrent leurs vœux en présence de la Sainte Hostie, que l'évêque tenait entre ses mains. Chaque religieuse reçut un nom sous lequel elle fut ensuite connue et qui était celui de quelque saint ou quelque mystère, Mais, chose digne de remarque, Marguerite Bourgeoys, en témoignage de son amour envers le Dieu de l'Eucharistie prit le nom de sœur du Saint-Sacrement. Et elle remettait en même temps sa charge de supérieure, voulant désormais être la plus humble et le plus obéissante des religieuses.
Mademoiselle Mance, dont les mains pieuses avaient disposé et orné le petit autel rustique pour la première messe qui avait été chantée à Ville-Marie, elle qui avait, conduite par l'amour de Dieu, présidé à l'établissement de l’Hôtel-Dieu et dont tout la vie avait été profondémert empreinte de .la dévotion eucharistique voulut, par un acte suprême dans son testament, bien marquer que cette dévotion et cet amour dominaient tout dans son âme ; elle demanda et elle obtint que son cœur fut déposé dans la chapelle précisément à l'endroit qui se trouve sous la lampe qui brôlait continuellement devant l'autel. Elle voulait en quelque sorte même sur terre après sa mort, continuer par l'offrande de son cœur les adorations de sa vie, et à la communauté qui lui devait l'existence eile léguait, comme un héritage qui a été pieusement conservé, sa piété eucharistique.
Les Sœurs de l'Hôtel-Dieu venaient à peine d'entrer dans de nouveaux bâtiments dont la construction n'élait pas même complètement terminée et voila que, dans la nuit du 23 au 24 février 1695, un incendie se déclare, le feu aperçu alors dans le clocher se communique bientôt aux diverses parties de la maison. Le vent est violent et par sa direction on juge bientôt que la ville entière est menacée, alors même que l'on pourrait sauver une partie de l'hôpital. Un prêtre se précipite à la chapelle, il s'empare du Saint- Ciboire et traversant la maison dans laquelle déjà les flammes font rage, il va le déposer sur la neige à une petite distance ; des religieuses le suivent à peine protégées contre le froid, en pleine nuit, elle se mettent et passent plusieurs heures en adoration s'offrant en victimes pour le salut des familles qui les entourent. On perte ensuite processionnellement le Saint-Sacrement dans une maison, les religieuses l'accompagnent, continueit à adorer et à prier, le vent tourne, l'Hôtel-de-Dieu n’est bientôt plus qu'un amas de ruines, mais la ville tout autour était sauvée. “ Notre-Seigneur a bien voulu nous faire voir, dit la sœur Morin..., qu'il voulait que nous fussions seules éprouvées dans cette circonstance.”
Rapprochons de ce fait celui qui se passait quelques années plus tard, et dont la signification bien que très différente en elle-même, ne laisse pas cependant de nous Confirmer encore dans cette conviction historiquement appuyée, que l’auguste sacrement de l'Eucharistie a réellement imprégné de toute façon les origines de Montréal.
La ville s'était notablement agrandie et les relations commerciales avec. les Indiens s'étaient en
même temps développées. 1] en était résulté déjà, hélas! des abus, des injustices, des Scandales qui Pour la plupart se rattachaient au trafic effréné des
déplorable conséquence,
Vers l'an 1760, prêchant dans l'église de Ja Paroisse, un Missionnaire s'écriait: Comment peut-il se faire que Ville-Marie se soit rendue si indigne du nom qu'elle porte et du choix que Dieu avait fait d'elle Pour être dans le Canada le centre de la foi et la Source de la conversion des gentils... Notre étonnement devrait être accompagné de larmes de sang... Est-ce là cette ville privilégiée, cette colonie sainte, ce peuple destiné à faire des conquêtes à Jésus- Christ ?... Vous demandez quelle est la furie qui a allumé le feu de la guerre? C'est l'ivrognerie. C'est elle qui a porté la Stérilité à la terre, qui a infecté l'air, et attiré sur vous des maladies pestilentielles. .. Vous craignez avec justice le retour et même l’augmentation de la colère de Dieu sur vous. C'est ce qui l’attirera, puisque vous ne cessez pas de l'irriter. Le Sang de votre frère crie vengeance contre vous. Faudra-t-il que cette ville soit toujours en crainte de se voir envelopper dans un incendie général et con- Sommer par les flammes ?...”
Malgré ces menaces et tous les efforts employés Pour enrayer le désordre il n'avait cesser de s’accroitre. Or en 1721, la procession de la Fête-Dieu qui aurait dû se faire le 12 du mois de juin, jour de la fête, fut remise au 19 à cause du Mauvais temps. Elle fut très belle, le reposoir chez les Sœurs de l'Hôtel-Dieu avait été orné avec une mMunificence extraordinaire. Au moment où la procession se reformait pour re-
tourner à l'église paroissiale, un des soldats au lieu de tirer en l'air tourna par mégarde son fusil vers la chapelle des Sœurs et porta le feu sur la couverture. L'incendie se propagea avec une rapidité effroyable atteignant bientôt les maisons d'alentour. Tous les secours Pour l'arrêter furent bientôt reconnus inutiles, La ville entière était menacée. * Cependant quatre laïques s'e arent du tasernacle et le portent au bord de la rivière pour le préserver du feu. Un prêtre en retire le Très-Saint-Sacrement et ‘&u Souvenir de la protection que la ville en avait déjà reçue dans un incendie précédent, il s'avance vers l'endroit où l'embrasemernt Parait plus violent : il était suivi d'une multitude de femmes et d'enfants, les hommes étaient occupés à combattre les flammes dévorantes, Le vent qui soufflait alors, venait du sudest et aurait dû porter naturellement le feu du côté Opposé, mais par un prodige inexplicable, les flammes Couraient avec une vitesse extraordinaire contre le vent. Le prêtre alors dans sa douleur adresse au peuple ces paroles: “I] est manifeste, dit-il, que Dieu veut punir cette ville et que les péchés commis dans ce lieu soufflent le feu et attirent ces flammes du ciel.” La foule pousse des cris lamentables. On passe tout le reste du jour en prière devant le Très-Saint-Sacrement porté à l'église, on fait amende honorable à Notre-Seigneur. Enfin le feu s'arrêta après avoir con- Sumé cent soixante Maisons, parmi lesquelles étair nt celles des plus riches marchands. “ Il parut bien, dit l'histor en que-nous citons, que l'embrasement des deux tirs de la ville, arrivé le jour de l'octave de la Fête-Dieu, devait être regardé comme un châtiment de Dieu sur la ville et une juste vengeance que Dieu voulait tirer des iniquités de son peuple.”
C'était en même temps une leçon donnée par Jésus- Eucharistique dans son auguste sacrement au jour même de sa fête et de son triomphe extérieur, à une ville Sur laquelle il avait dès le principe établi son autorité royale et qu'il voulait conserver dans l'obéissance à ses commandements divins. C'était frapper Paternéllement pour corriger, pour guérir et pour Sauver. Mais c'était toujours le règne eucharistique qui s'affirmait sur une œuvre si admirablement pri-” vilégiée.
Les fléaux que Dieu nous envoie sont des épreuves ou des punitions, mais toujours ce sont des maux temporels et ‘&uérissables par lesquels en les acceptant et en se convertissant on peut détourner les châtiments éternels, Ce sont donc en même temps des visites d'un Dieu qui aime les âmes rachetées par son sang, ct dont il veut assurer le salut,
Il est donc bien établi que la dévotion eucharistique, non pas une dévotion ordinaire laquelle d'ellemême doit toujours résumer la piété chrétienne, mais une dévotion très spéciale a présidé de toute façon aux premières origines de la colonie et de la ville de Montréal. La chose est manifeste dans les desseins de Dieu, dans les intentions et les sentiments de tous ceux qui ont été les instruments de ses admirables volontés, et dans les faits historiques eux-mêmes ; par 13 culte eucharistique, Jésus-Christ a été établi le Roi et le Maître de la cité naissante et par là même, Il devait rester le Roi et le Maître de tout ce qui devait sortir, comme de son germe, de l'établissement originaire de Ville-Marie, Et c'est ainsi, l’histoire est là
Pour nous le dire, que l'amour envers l'Eucharistie, le désir de la faire connaître et d'en répandre le rè- 8ne partout furent le mobile principal et le soutien de tous les missionnaires qui se lancèrent à la conquête des âmes.
Le dogme de la présence réelle de Dieu sous des espèces infimes, et celui de la communion eucharistique, si étrangers à toute conception humaine, et si difficiles à faire admettre surtout à des peuples qui n'avaie: ‘mais eu le moindre connaissance de Jésus- Christ ct de sa doci‘ine, trouvèrent cependant le chemin des cœurs, et les chrétientés qui se formèrent sous l'action apostolique animée de l'amour envers l'eucharistie, Présentèrent elles-mêmes dès l'abord ce caractère spécial. Parmi les indiens dont la conversion et le baptême avaient été achetés bien souvent au prix du sang de nos martyrs, versé avec le Sang de l'Homme-Dieu, c'est la gloire de l'Eglise de compter de nombreux confesseurs de la foi eucharistique. I1 est vraiment étonnant de voir combien cette dévotion avait saisi les premiers chrétiens, s'était emparée de leurs cœurs, si bien que la vie d'un bon nombre pourrait servir sur ce point de modèle. Qu'il nous suffise de citer Catherine Tekahkouita et nombre de Sauvages de la mission du Sault St-Louis et d'ailleurs dont les missionnaires nous ont conservé les noms, avec la mémoire de ce qu'ils ont pratiqué et de ce qu'ils cnt souffert pour l'amour de Jésus-Christ, et très spécialement Pour le sacrement de l'Eucharistie.
En faut-il davantage Nos Très Chers Frères pour justifier ce que nous disions plus haut que Montréal était bien, par le caractère de son origine, désignée au choix des organisateurs pour ouvrir en ce pays d'A-
il en résulte comme un renouvellement général, bien qu'encore indécis, de croyance et de vie eucharistique. i puis quelques mois, dans tou-
utes les paroisses et dans tous
même de notre reli-
de notre vie spirituelle, la base et le
sommet de toute perfection Chrétienne, le trésor des
âmes et de l'Eglise, le dernier mot de la sagesse, de la toute-puissance, de l'amour infini de Dieu.
Quand arrivera l'époque mé seulement la P
infidèles, la charité était parmi les chrétiens le lien des âmes. La foi elle-même retrempera sa vigueur dans les travaux qui seront produits au cours des diverses séances et réunions. . L'Eucharistie en effet y sera exposée, étudiée, présentée à tous les Points de vue, Le mystère lui-même, l'institution du sacrifice et du sacrement, l'histoire du culte et de la liturgie, son action dans les âmes el dans la société, ses relations avec l'homme et tous les problèmes sociaux, tout sera discuté Pour produire une plus grande lumière dans les esprits, une plus grande ferveur dans les actes. Cependant que dans loutes les églises et dans tous les sanctusires, durant toute la durée du Congrès, se produiront innombrables les actes de piété eucharistique qui feront revivre la religion et la piété de premières origines de Ville-Marie, et feront descendre sur tout notre peuple l'abondance des grâces eucharistiques.
Et l'on peut prévoir facilement ce que sera la conclusion de ce Congrès et jusqu'à quel point la manifestation suprême, la procession du Très-Saint-Sacrement, pourra être en vérité le triomphe du Dieu Eucharistique, le Roi incontesté de tout un peuple qui l'acclamera. Ce sera là en effet l'affirmation éclatante du dogme de la présence réelle et celle de l'unité de cette croyance perpétuellement professée dans l'Eglise de Jésus-Christ, et fout permet de prévoir que la démonstration par laquelle se clôturera à Montréal le vingt-et-unième Congrès Eucharistique International, n'aura été nulle part surpassée par ses splendeurs. On aura alors atteint l'objet immédiat de ce Congrès. Dieu sera glorifié dans l'Eucharistie à la fois le plus crand des sacrements, et comme sacrifice, l’acte prin-
cipal et essentiel de la religion de Jésus-Christ. Cette Eglise elle-même aura dans une manifestation éloquente résumé la foi de ses vingt siècles d'enseignement et les fidèles se seront retrempés dans l'attachement désormais plus fort et plus inébranlable à leur croyance et à leurs devoirs,
Car les effets produits Par un événement de ce genre ne sauraient être transitoires et fragiles. Les conséquences très heureuses en seront au contraire profondes, étendues et durables. Il entrait sans doute dans les vues de la Providence qu'un Congrès Eucharistique, rappelant les débuts religieux et résumant l'histoire plus de deux fois séculaire de la ville, fut convoqué à Montréal. Si en effet la ville a été dès le principe et dans la suite de son existence éminemment favorisée de grâces toutes spéciales et, si on peut dire que d'une manière générale elle a su répondre à la belle et noble vocation qu'elle tenait de Dieu, il n'en est moins vrai que, par suite même de ses progrès matériels et de son agrandissement merveilleux, elle offre aujorrd'hui des appréhensions, elle inspire pour l'avenir des craintes qui ne paraissent que trop justifiées. Dans une population plus considérable, si la religion peut davantage multiplier ses œuvres, l'esprit du mal trouve aussi plus facilement à y exercer ses ravages. Or il ne saurait rien se produire de plus apte à oPposer un frein aux audacieuses entreprises de l'impiété que ce Congrès Eucharistique, au milieu duquel tous les catholiques, entourés de leurs frères accourus4de toutes parts, rendront témoignage à leur foi, ec proclameront sans arrière pensée leur indéfectible allégeance à la Sainte Eglise. Le Congrès Eucharistique devra être l’occasion la meilleure Pour les catho-
liques sincères de s'affirmer et de séparer leur cause de ceux qui en portent le
se Prouvera ensuite par Ja logique des faits, les devoirs de la religion, la messe dominicale, la commu-
tés, les dévotions spécia isti f
positions du Très-Saint-Sacrement, la communion fré. quente se maintiendront en honneur. L'Eucharistie en un mot sera dans la société, dans les familles, dans les âmes et spécialement Parmi la jeunesse, ce qu'elle est en elle-même, ce qu'elle doit être essentiellement pour tous: un pain de vie, une nourriture spirituelle, qui entretient ici-bas quelque chose de la charité céleste, qui garde en même temps que le bonheur, l'union étroite des esprits et des cœurs, malgré la diversité des Classes et des conditions.
Pa Sauf les faits exceptionnels et merveilleux que nous
avons rappelés et qui intéressent spécialement la ville de Montréal, tout ce que nous disons de la dévotion
des fidèles envers la sainte Eucharistie et de Ja royauté exercée par Jésus-Christ dans son auguste sacrement s'applique au Pays en général, et l'on a pu dire avec raison que la terre canadienne est une terre eu- Charistique. A ce titre elle avait dans son ensemble le droit de solliciter l'honneur d'un Congrès auquel notre pays tout entier doit être admis à prendre part, et dont les fruits abondants devront du reste se répandre partout.
Pour ce qui regarde notre diocèse en particulier, ce nous est une joie, Nos Très Chers Frères, de pouvoir en cette occasion solennelle constater publiquement que la dévotion envers l'Eucharistie est admirablement florissante dans toutes nos paroisses: nos églises toujours remplies aux messes des dimanches et des fétes et assidûment fréquentées même durant la semaine, le devoir pascal si fidèlement accompli, que ceux qui l'omettent sont, dans nos campagnes surtout, de très rares exceptions ; les exercices des quarante heures au cours desquels on se croit au moins en honneur tenu de communier, ces autres communions si nombreuses du premier vendredi de chaque mois, la communion même plus fréquente chez un bon nombre, la communion quotidienne elle-même généralisée dans toutes nos communautés religieuses, nos premières communions partout si bien préparées et dont le spectacle est toujours si émouvant, la procession annuelle du Très-Saint-Sacrement dans les rues de toutes nos villes et de nos villages, la façon si pieuse et si touchante dont on porte et dont on accompagne le saint Viatique chez les malades et les actes de piété spontanée, provoqués Par la rencontre du bon Dieu le long des routes, tout cela accuse au sein de notre:
sp
Population le sentiment très vif d'une foi profonde et d'un amour ardent envers ja Très-Sainte-Eucharistie.
Et ce monastère des Clarisses dans lequel, au sein de la pauvreté la plus parfaite et derrière les remparts d'une réclusion plus absolue encore que celle de Mademoiselle Le Ber, des âmes Privilégiées sont vouées pour toute leur vie à l'adoration du jour et de la nuit, à Ja Prière et à l'expiation, Portant sans cesse aux pieds des autels les hommages et les supplica-
tions de tout un diocèse, n'est-il Pas comme le résumé de tout ce que peut offrir à Jésus-Christ le icuple du diocèse de Valleyfield.
L'œuvre eucharistique de res religieuses se compléte par le fait que tout le temps qu'elles ne passent pas auprès du tabernacle, elles l'emploient en vertu de leur règle et de leur vocation à travailler Pour Jésus- Eucharistie, c'est-à-dire à confectionner Jes linges et
; églises les plus pau-
les ornements d'autel pour les vres,
En tout cela nos Clarisses ont un Modèle tout trou. ve dans leur sainte fondatrice, La dévotion de sainte Claire envers Je Saint-Sacrement était admirable, elle s'employait, même dans ses plus grandes maladies, à travailler pour les paroisses Pauvres des environs. Et Dieu a voulu même durant sa vie &lorifier en elle cette dévotion Spéciale, La ville d'Assise était gée par une armée d'ennemis terribles Surtout prendre e
assiéqui voulaient { piller le monastère de Saint Damien. Sainte Claire était malade à l'infirmerie, elle dit à ses Sœurs effrayées de ne rien craindre ; elle se fait transporter à la porte même du couvent et de- Mande que l'on mette près d'elle le Très-Saint-Sacrement renfermé dans un Ciboire d'argent et dans une
boîte d'ivoire, là se Prosternant devant son Dieu elle fait cette prière: “ Souffrirez-vous, 6 Jésus ! que vos servantes faibles et sans défense tombent entre les mains des infidèles ? Je ne puis plus les garder, mais je vous les remets entre les mains et je vous supplie de les protéger dans une extrémité si terrible et si pressante, “ Une voix Comme celle d'un enfant lui
répond: “ Je vous &arderai toujours," Alors sainte Claire demande aussi protection Pour la ville, le
Sauveur la lui accorde, puis s'adressant à ses filles la Sainte leur dit: ‘Je vous donne ma parole, mes Sœurs, que vous n'aurez Point de mal, seulement confiez-vous en Dieu." A cet intant même les ennemis qui s'étaient déjà emparés du monastère, furent saisis de terreur et prirent la fuite. Sainte Claire avait sauvé son monastère et Son peuple par la dévotion au irès-Saint-Sacrement,
Nos Très Chers Frères, bien des ennemis sont à l'assaut et Menacent la citadelle chrétienne, Ce ne sont plus des infidéles ou des barbares dont nous ayons à redouter la cruauté et le carnage ; non, ilen veulent à nos âmes, À nos croyances, à notre sainte religion, à Jésus-Christ jui-même dans son règne sur nous .! sur nos familles. Pour leur tenir tête et les repousser, pour les vaincre, sous quelque forme qu'ils nous attaquent, nous avons pour nous proté- &er, le Dieu de l'Eucharistie que:nous servons, et les adorations perpétuelles les austérités et les prières ardentes de nos Clarisses nous le rendront plus sûrement propice. 4
Eh ! bien donc, Nos Très Chers Frères, nous voici, tout près de e Congrès Eucharistique qui se prépare avec tant de soins et qui restera comme l'un des évè-
peine d'en être détaché, tient s fibres les plus intimes et les liens Nous sommes de la même Province, ille religieuse, c'est donc en réalité ucharistique aussi bien que celui de
les plus étroits.
de la même fam notre Congrès E Montréal,
Nous allons nous y pré ment durant ce saint tem
ra dans sa grâce, dans l'étude et ienfaits eucharistiques.
oir de plus apte à nous faire entrer:
otre pieux pontife, Pie X, et à nous:
la jouissance des b Que peut-il y av dans les vues de n
faire travailler avec lui à restaur : ltuites chose. dans le Christ,
Et parce que c'est Marie, l'auguste vierge-mere qui nous a donné le Jésus que nous adorons dans la Sainte-Eucharistie, qu'elle est toujours sa mère et qu'elle est devenue la nôtre, nous invoquerons son secours, nous lui demanderons de nous aider à disposer nos cœurs pour qu'à l'exemple du sien ils soient toujours, par la dévotion eucharistique renouvelée à l'occasion du congrès, et de plus en plus accentuée et pratiquée, irrévocablement unis à celui de son divin Fils.
Sera notre présente Lettre Pastorale, lue au prône de toutes les églises et chapelles du diocèse où se fait l'office divin et au chapitre des communautés religieuses, à commencer le premier dimanche après sa réception.
Donné à Valleyfield, en notre palais épiscopal, sous notre seing et sceau, et le contre-seing de notre chancelier, le 2 février 1910, en la fête de la Purification de la Très-Sainte-Vierge-Marie.
JOSEPH - MÉDARD, Evêque de Valleÿfield.
Par mandement de Monseigneur,
J. Doraïs, prêtre, Chancelier.