‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 11 sur 329 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

Les révolutions sont de regrettables catastrophes, quand elles ne laissent que ruines et débris. La révolution belge de 1830 a-t-elle été stérile? Aveugles et ingrats, ceux qui oseraient le prétendre ! La Consti^ tution de 1831, voilà le gage donné par la Belgique indépendante à la civilisation, voilà le prix de son admission dans Tassociation des peuples.

Charte admirable ! EUe a prodigué la liberté sans la licence ; elle a fondé Tordre sans le despotisme ; elle a favorisé le développement politique, social, intellectuel de la nation par la presse, renseignement et l'association, dégagés de toute entrave; elle a consacré le principe d'égalité, en effaçant toute distinction de castes, toute classification injuste, et en déclarant la loi souverainement impartiale ; elle a fait enfin de l'État une véritable démocratie, où tous les citoyens peuvent librement user des droits qui leur sont garantis, où la royauté elle-même, émanée de la nation comme les autres pouvoirs, n'est, en réalité, que la personnification la plus haute de la souveraineté populaire.

Sous ce régime, qui convient au tempérament robuste de ses enfants, la Belgique a montré une puis* santé fécondité. Tout était à créer, en 1830, ou tout était à perfectionner, à élever au niveau de la nouvelle organisation politique. En quelques années, de la base de l'État au sommet, les pouvoirs furent réorganisés

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