LA BELGIQUE EN 1814 SOS
représentaut de la Prusse, le duc de Saxe-Weimar, cet ami éclairé de Schiller et de Gœthe, répondit sagement que les institutions humaines doivent se modifier d'après les exigences sociales de chaque époque, et qu'il serait dangereux de rétrograder, même au nom da bon droit, vers un passé qui n'était plus en harmonie avec le présent. Qucmt au représentant de FAutriche, le baron de Vincent, fatigué des représentations impérieuses des partisans de l'ancien régime, il fit ordonner des poursuites judiciaires contre les syndics des nations de Bruxelles, comme perturbateurs du repos public.
Le sort de la Belgique était déjà fixé; elle allait
être réunie à la Hollande. L'acte du 21 juillet 1814,
par lequel le prince d'Orange acceptait la souveraineté
des provinces belges, suivant les conditions arrêtées
par les ministres des hautes puissances pour réaliser
le bien-être réciproque de la Belgique et de la
Hollande, cet acte célèbre contenait les dispositions
suivantes : a Cette réunion devra être intime et com-
» plète, de façon que les deux pays ne forment qu'un
» seul et même Etat, régi par la Constitution déjà
« établie en Hollande, et qui sera modifiée d'un
» commun accord d'après les nouvelles circonstances.
» Il ne sera rien innové aux articles de cette Consti-
» tation qui assurent à tous les cultes une protection
» et une faveur égales et garantissent l'admission de
» tous les citoyens, quelle que soit leur croyance reli-
* gieuse, aux emplois et offices publics. » Cette
dernière clause indisposa vivement le clergé belge;