INTRODUCTION
Le royaume des Pays-Bas se composait de l'ancienne république des Provinces-Unies avec un accroissement de territoire^ consistant dans les Pays-Bas appelés autrichiens jusqu'en 1795 et l'ancienne principauté de Liège. Cette combinaison avait été conçue en 1805 par William Pitt, acceptée par le cabinet de Pétersbourg, anéantie par la victoire d'Austerlitz, puis reprise, en 1814, lorsque les armées de la coalition eurent envahi la France. Elle forma, pour les adversaires de Napoléon !«", une des conditions fondamentales de la liberté de l'Europe. Déposée dans les articles secrets du traité de Chaumont du l®** mars, avouée dams le traité de Paris du 30 mai 1814, proclamée dans l'acte général du congrès de Vienne du 8 juin 1815, la réunion de la Hollande et de la Belgique sortit enfin triomphante du grand désastre de Waterloo.
S4 ROTAUflE DES PATS*BAS
Lord Castiereagh, le continuateur de Pitt, avait jus-
tifié son œuvre, le 20 mars 1815, dans la Chambre des commîmes d'Angleterre. « Les puissances alliées, » disait-il, « ne sont pas moins convaincues que nous, » pour la sécurité de la HoUcmde, que la France ne » possède pas les côtes jusqu'à l'extrémité des Pays- » Bas et c'est ce qui les a déterminées à consentir D unanimement à cette union des deux pays, qui forme » une des grandes améliorations, que l'état de l'Eu- » rope a reçues dans les temps modernes. Cette union y> n'a pas été considérée comme une concession à l'An- » gleterre ou au prince d'Orange en particulier. On » y a vu un moyen de renforcer l'équilibre de l'Europe. i> C'est un royaume puissant par toutes les ressources » du sol, du commerce et de la navigation. Il faut que » l'art et la nature se réunissent pour le mettre en » état de résister aux attaques qui pourraient être » faites contre lui au nord et à l'ouest, au moins jus* » qu'à ce que lesautres puissances puissent venir à son » secours. » Ainsi le royaume des Pays-Bas n'était pas seulement une barrière élevée contre la France ; c'était encore l'avant-garde de la coalition, et comme une tête de pont assez puisscmte pour résister au premier choc. Les forteresses des provinces méridionales, restaurées par l'ordre des puissances et avec les subsides de l'Angleterre, devaient être ouvertes à leurs troupes en cas